Il y a deux manières d'aborder la littérature : celle de la lecture-plaisir qui est celle de la grande majorité des lecteurs ; celle de la lecture-analyse qui est celle d'une part, des critiques littéraires des médias (papier ou web) et de l'autre, celle des universitaires.
La lecture-plaisir, dite "critique mondaine", fonctionne à partir d'articles relativement courts et donne rarement naissance à des livres ; la lecture-analyse, elle, produit soit des articles universitaires (publiés dans des des revues dédiées) soit des livres. C'est de ces dernièrs dont il est question dans la liste ci-après...
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. 1928, Ainsi parla l'oncle, Jean-Price Mars, New-York, Parapsychology Foundation : premier manifeste de la condition noire, a inspiré les auteurs du mouvement de la négritude. Jean Price-Mars y explore les traditions, les légendes du vaudou et l’héritage africain qui fondent les cultures noires. Ainsi parla l’Oncle illumine de manière magistrale les efforts que nos pères ont dû accomplir pour entrer (et nous après eux) dans le cercle interdit de l’humanité. Jean Price-Mars (1876-1969), médecin, ethnographe, diplomate, homme d’État, pédagogue et écrivain, est considéré comme le principal maître à penser haïtien du XXe siècle.

. 1933, Histoire de la littérature haïtienne. L'âme noire, Duraciné Vaval, Imprimerie Heraux (Port-au-Prince).

. 1971 : Saint-John Perse et le conteur, Emile Yoyo, Bordas : La critique traditionnelle présente l’œuvre de Saint-John Perse comme une œuvre sans filiation, sans antécédent ; comme une sorte de recommencement absolu de la poésie. Cette critique repose en vérité sur une fiction, et un mythe. Le poète lui-même ne s’est jamais expliqué sur son origine antillaise, et jamais aucun poète n’a été aussi silencieux sur son pays natal. Nous avons voulu interroger ce double silence. La véritable critique a fait, ces dernières années, des efforts considérables pour évacuer "l’idéologie" et pour faire accéder son discours au stade de discours scientifique. Il ne saurait être question pour nous de réintroduire dans ce discours, sous une forme ou sous une autre, la subjectivité d’une nouvelle lecture. L’idée critique repose sur le décalage qui existe entre ce qu’une œuvre prétend dire et ce qu’elle dit réellement, entre le projet conscient d’un auteur et les éléments inconscients qui informent ce projet ; et la critique consiste à faire parler le silence que toute parole recèle. Nous voulons démontrer que Saint-John Perse est un auteur antillais, que la culture antillaise imprègne son œuvre tout entière : la culture antillaise, c’est-à-dire une langue, une syntaxe, un lexique, des institutions, des croyances. La "Rhétorique" de Saint-John Perse n’est pas différente de celle du conteur, le conteur étant le dépositaire de la civilisation antillaise. Ce livre s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux nouvelles orientations de la critique, mais aussi à ceux qui font des recherches sur la culture antillaise ; c’est-à-dire, ceux qui s’intéressent à la culture tout court. Car la véritable culture réside dans la collaboration de cultures hétérogènes et non pas dans la clôture d’une culture sur elle-même ; cette culture, fût-elle, par un acte de Terreur, érigée en culture supérieure.

. 1975, Histoire de la littérature haïtienne illustrée par les textes, F. Raphaël Berrou/Pradel Pompilus, éditions Caraïbes : Les auteurs de cette “ histoire ” souhaitaient répondre à deux questions : “ Y a-t-il une littérature haïtienne ? Si oui, qu'est-ce qui la caractérise et qu'est-ce qui la distingue de la littérature française ? ” (Introduction, tome I, p. 7) ; il ne leur faut pas moins de trois tomes (2 280 pages) pour étayer, organiser et illustrer (l'histoire se double d'une anthologie bienvenue) la réponse qu'ils proposent : cette littérature existe, elle s'est forgée et a significativement évolué depuis l'Indépendance en 1804. Le premier tome, la première étape de l'évolution qui est présentée, couvre en totalité le XIXe siècle, soit trois générations : “ 1) la littérature des pionniers (1804-1836) ; 2) le Cénacle ou la naissance du romantisme haïtien (1836-1870) ; 3) l'épanouissement du romantisme haïtien (1870-1898) ” (Introduction, tome I, p. 13). Le second tome est consacré au grand mouvement littéraire qui marque le passage du XIXe au XXe siècles ; il “ doit son origine à la revue La Jeune Haïti. Il s'est concrétisé dans et par La Ronde (1892-1902), s'est poursuivi jusqu'à l'Occupation [par les États-Unis d'Amérique de 1915 à 1934] par Haïti littéraire et sociale (1905-1912) […] et par Haïti littéraire et scientifique, qui ne vécut que deux ans ” (Introduction au tome II, pp. 8-9). Le troisième tome rend compte de la dynamique créée, au milieu des années vingt, par le mouvement indigéniste qui prend un premier essor entre 1925 et 1927 sous l'impulsion de la Revue indigène, puis avec la parution en 1928 du livre de Jean Price Mars Ainsi parla l'oncle : “ Ainsi parla l'oncle, en invitant les intellectuels haïtiens à prendre conscience des valeurs de civilisation du monde noir qui font partie de leur patrimoine culturel, ajoutait à l'indigénisme une dimension proprement africaine : écrivains, musiciens, peintres, architectes, artisans, gens du monde comprirent la leçon et ce fut un renouveau de tout notre mode de penser, de sentir et de vivre ” (Introduction au tome III, p. 11). A chaque moment de ce parcours, les différents genres littéraires sont évoqués, mêlant poètes, conteurs, essayistes, historiens, romanciers, dramaturges ; et l'on notera la place faite, dans le premier tome, aux petits ou grands maîtres de l'art oratoire. Cette somme littéraire fournit en outre, à qui n'est pas trop familier d'Haïti, l'occasion de découvrir les tensions qui ont animé l'île caraïbe, son histoire “ souvent tragique ”, comme le souligne le Frère Raphaël Berrou dans la dédicace qu'il adresse à un proche, où ont leur place “ les rires et les pleurs ainsi que les espoirs d'un peuple sympathique qui chante et danse dans sa misère … ”.

. 1977, Panorama de la littérature à la Martinique : XVIIè et XVIIIè siècles, Auguste Joyau, Horizons Caraïbes

. 1978, La littérature des Antilles-Guyane françaises, Jack Corzani, Editions Désormeaux : 1, Exotisme et régionalisme ; 2, Exotisme et régionalisme ; 3, La Négritude ; 4, La Négritude ; 5, Les Choix contemporains ; 6, Les Choix contemporains.

. 1980, Martinique-Guadeloupe, Littératures, Revue Europe.

. 1981, La littérature haïtienne. Identité, langue, réalité, Maximilien Laroche, éditions Louis Musin : L'auteur effectue dans ce texte un retour vers le passé afin de retracer par le biais de l'histoire du pays celle de la littérature en Haïti, Depuis l'acquisition de l'indépendance en 1804, en passant par l'occupation d'Haïti par les États-Unis en 1915 et les débuts de l'alphabétisation en 1944, jusqu'à l'éclosion du nouveau regard posé par l'Haïtien sur lui-même en ces dernières décennies, trois étapes linguistiques se sont succédées : textes rédigés uniquement en français, textes diglottiques en franco-haïtien puis textes en haïtien, c'est-à-dire en créole. À travers l'explication de ces différentes étapes et l'étude d'œuvres d'auteurs haïtiens, Maximilien Laroche nous amène à la découverte d'une littérature authentique, fruit d'une longue évolution. Une analyse en profondeur, un texte consistant et sérieux, une publication susceptible de renseigner les amateurs et représenter un précieux point de référence pour les spécialistes.

. 1991, Lettres créoles. Tracées antillaises et continentales de la littérature, Patrick Chamoisau/Raphaël Confiant, Hatier : Du XVIIè au XXè siècle. Aux Amériques. Des peuples. Des races. Des langues. Des cultures. Les silences. L'écriture. La parole. Les langages. Le tout emporté par l'idée coloniale. Et en guise de contacts : génocides, attentats, massacres, traite négrière et esclavage. Témoignant de tout cela, littérature que rien n'arrête, surtout pas l'aventure. Dans un décor de plantations, de bourgs, et puis de villes. Avec une obsession : la mer toujours présente. Aux silences caraïbes et des premiers conteurs, se mêlent les émois des mulâtres, les foudres de Césaire, l'émerveillement d'André Breton, les feux de Frankétienne, les dévoilements opaques d'Édouard Glissant. Une légende littéraire qui hèle la liberté. Sans cesse

. 1996, Littératures caribéennes compaées, Colette Maximin, éditions Jasor-Karthala.

. 1996, Introduction à la littérature guyanaise, Biriganine Ndagano/Monique Blérald-Ndagano, CDDP de la Guyane.

. 1997, Ecrire en pays dominé, Patrick Chamoiseau, Gallimard : Écrire en pays dominé c'est l'histoire d'une vie, la trajectoire d'une conscience, l'intime saga d'une écriture qui doit trouver sa voix entre langues dominantes et langues dominées, entre les paysages soumis d'une terre natale et les horizons ouverts du monde, entre toutes les ombres et toutes les lumières. Écrivain, Marqueur de Paroles, et finalement Guerrier, Patrick Chamoiseau interroge les exigences contemporaines des littératures désormais confrontées aux nouvelles formes de domination et à la présence du Total-monde dans nos imaginaires.

. 1997, L'écrivain antillais au miroir de sa littérature, Lydie Moudileno, Karthala : Dans la riche littérature antillaise d'exrpression française, il est un personnage qui revient de manière récurrente depuis une vingtaine d'années, c'est celui de l'écrivain.

. 1998, Mythologie du métissage, Roger Toumson, PUF : est " métis " un sujet innommable. Introuvables, les territoires du " métissage " sont ceux du mythe. Son histoire se confond avec celle des obsessions qui ont jalonné l'histoire coloniale européenne depuis le Xve siècle. Sur les figures du discours post-moderne de l'hybridation planétaire se dessine encore, son visage. Cet ouvrage a pour but d'examiner les fondements de l'idéologie contemporaine du métissage en mettant en évidence les liens qui rattachent celle-ci aux situations historiques successives de la théorie de l'identité. Il décrit les principales mutations qui déterminèrent les cadres sociologiques, idéologiques ou symboliques de la représentation. Il propose une analyse des stratégies et des enjeux d'un discours dont le " métis ", signifiant erratique, désigne désormais non plus une quête fantasmatique de l'identité mais une nécessaire critique du signifiant d'identité. Retour à la scène initiale, sur l'autre rive de l'Atlantique. Double miroir du métissage : celui du Vieux Monde qui en est la racine, celui du Nouveau Monde qui en porte les stigmates. De nombreux exemples empruntés à la littérature française, aux littératures francophones des Antilles comme à la littérature générale et comparée, concourent à faire de cet ouvrage une approche inédite.

. 1999, Mayotte Capécia ou l'aliénation selon Fanon, Christiane P. Makward, Karthala : Mayotte Capécia, victime d'une " exécution sommaire " de la part de Frantz Fanon, est restée jusqu'à nos jours une sorte de pestiférée de la littérature antillaise. Christiane Makward ne se contente pas de retracer le portrait de cette mal-aimée ; plus que de la réhabiliter comme auteur, elle en révèle les exceptionnelles qualités de femme. En effet, ce n'est pas le moindre paradoxe de cette étude que de déposséder en grande partie M. Capécia de ses qualités d'écrivain, notamment en soulignant son analphabétisme initial, pour, finalement, découvrir une métisse martiniquaise issue d'un milieu populaire, qui, comme tant d'autres, et mieux que d'autres, a été capable de défier sa condition. A l'image d'une femme séduisante, mais " aliénée ", soumise à la fois au mâle et au Blanc, cette étude, fondée sur des documents jusqu'à présent tenus secrets, substitue celle d'une femme courageuse, soucieuse avant tout de dignité et d'indépendance. L'insignifiante Mayotte, née de l'ignorance et des préjugés fanoniens, cède la place à une véritable héroïne, pendant du " Ti-Jean " créole, a la fois rusée, pragmatique et obstinée, dotée d'une ambition que seule la mort parvint à anéantir.

. 1999, La littérature française des Caraïbes, Daniel Delas, Nathan.

. 2000, La littérature franco-antillaise, Haïti, Guadeloupe et Martinique, Régis Antoine, Karthala : Voici le quatrième livre que Régis Antoine consacre aux littératures de Martinique, de Guadeloupe et d'Haïti ainsi qu'à l'outre-mer. Cet ouvrage s'adresse tant aux connaisseurs et aux étudiants qu'aux voyageurs et lecteurs qui s'intéressent à la sensibilité antillaise d'aujourd'hui et à ses sources. Qu'on prête attention au trait d'union du titre : il met au contact les éléments français et les éléments antillais sans les confondre. Ainsi ressurgissent les figures évanouies de l'Indien insulaire, du Noir fouyant l'esclavage, du planteur blanc en place, ou émigré aux Etats-Unis. Est aussi présentée l'approche littéraire des révoltes et révolutions depuis la guerre d'Indépendance d'Haïti, voici 200 ans, jusqu'aux engagements raciaux, politiques, linguistiques, qui aident à constituer une antropologie critique de la personne humaine aux Antilles. Les auteurs de Martinique dont Césaire, de Guadeloupe notamment Saint-John Perse, d'Haïti : Alexis, Depestre, Frankétienne, Metellus... sont confrontés aux écrivains français qui ont voyagé aux îles : Pierre Benoît, André Breton, André Malraux, qui y ont renouvelé, selon les cas, la vision exotique ou l'esprit de responsabilité. Cette deuxième édition intègre de nouveaux points de vue et de nouvelles données, dont l'état actuel des accomplissements et de la créolisation et de la créolité littéraire aux Antilles et en Haïti...

. 2000, L'esclave fugitif dans la littérature antillaise, Marie-Christine Rochmann, Kartala : On appelait " nègre marron " l'esclave qui, aux Antilles, s'échappait de la plantation. La figure de cet esclave fugitif ne cesse d'attirer les écrivains. Des premiers auteurs blancs du XIXe siècle aux romans afro-antillais contemporains, le marronnage hante la littérature de Martinique et de Guadeloupe. Sa célébration culmine avec Le Quatrième siècle d'Edouard Glissant, pour redescendre dans les dernières décennies. Aujourd'hui, un Glissant ou un Chamoiseau entraînent leurs marrons, l'un à la conquête du Tout-monde, l'autre, à celle de l'immortalité dans l'écriture. Le renoncement à l'idéologie du territoire sonne le glas des représentations conflictuelles du marronnage. Faute d'avoir pu renverser le maître, le marron consent à l'ailleurs. Pour quels nouveaux voyages ?

. 2001 : La Fable créole, Jean Bernabé, Guides du CAPES de créole, Ibis Rouge Editions : Dépi moun koumansé matjé teks litérè an kréyol, fab-la toujou trapé anpil siksé ki adan bannzil Lé Zantiy la ki adan ta Loséyan Endien an. Kisiswa François Chrestien (1820) atè Moris oben Louis Héry (1828) atè La Rénion, oben, pli ta, François Marbot (1846) atè Matinik ek Paul BBaudot (1860) atè Gwadloup, ek, pli ta ankò, Gilbert Gratiant (1958) épi Sylviane Telchid ek Hector Poullet (2000), pres tout totsé matjè-tala té ka fondasé lékriti-yo anlè Jean de La Fontaine, pi gran fabilis fwansé, ki li-menm té ka apiyé asou Esope, an fabilis grek an tan nanni-lontan. Sé tout sé keksion-tala Jean Bernabé ka chaché réponn adan liv-tala éti i ka katjilé asou chous ek nati fab-la dépi lépok L'End, koté i paret pou primié fwa. I ka dékatiyé chak sé fabilis kréyol la yonn dèyè lot pou sa montré ki mmanniè chak adan yo wouvè pwop chimen'y adan larel litérè-tala. Soutou, andidan chak sé ev-la, i ka fè an klasman sé teks-la sisilon rapò-a yo ka antwoutienn la épi teks primié douvan La Fontaine la asou an bò ek asou an lot bò, nannan kiltirel kréyol la. kréyol la.

. 2004, L'utopie perdue des îles d'Amérique, Roger Toumson, Honoré Champion : Le présent ouvrage est un inventaire raisonné des avatars d'une utopie négative, celle des Îles d'Amérique, sous examen des grands thèmes philosophiques et littéraires articulés aux mythes idéologiques qu'a successivement suscités l'invention du Nouveau Monde. L'histoire sociale des utopies de la découverte circonscrit celle d'un système où interviennent l'île, l'archipel et le continent, en tant que configurations dominantes d'une logique, d'un imaginaire et d'une poétique. C'est à l'histoire des notions et des représentations que l'on s'est ici attaché, l'île, l'archipel et le continent étant considérés chacun sous la catégorie d'une structure transcendantale. L'objet de cet ouvrage n'est donc pas d'ordre historiographique. L'on ne tâche pas d'y réécrire une énième histoire de la découverte de l'Amérique mais plutôt d'y redessiner la cartographie d'une certaine utopie, d'analyser, au cours de la migration transatlantique, les revirements idéologiques et les mutations des paradigmes.

. 2004, Le creuset des cultures. La littérature antillaise, Jean Faustman, éditions Peter Lang : Dans ce livre, il s'agit d'une comparaison des thèmes et de l'énonciation des deux romans, Pluie et vent sur Télumée Miracle et Chronique des sept misères, exemples eux-mêmes de l'Antillanité et de la Créolité. Après avoir éxaminé l'arrière-plan des mouvances littéraires antillaises du vingtième siècle, de l'oralité et de la diglossie, on entre dans l'étude des thèmes de l'énoncé, qui suggèrent une vue soit pessimiste, soit ambiguë du monde. Mais, dès que l'on aborde l'exploration de l'énonciation, le lecteur apprécie l'approche rusée des auteurs pour mettre en relief d'autres messages, ceux d'authenticité, de richesse, de liberté, d'abondance et de vie.

. 2005, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises. Le complexe d'Ariel, Chantal Claverie, Karthala : Entre les les dedeux expressions d'une mythologie de la pureté, celle du blanc créole guadeloupéen Saint-John Perse et celle du créole nnnoir martiniquais, Aimé Césaire, se développe le discours d'une société métisse qui expérimente la politique coloniale de la France. Le métissage dans la littérature des Antilles françaises analyse donc le rapport à l'Histoire et à la Race pour dégager leser les éléments d'une problématique relative à une typologie littéraire propre aux Antilles, et qui s'articule sur un double dréférent : les cultures et les langues française et créole. Après avoir rassemblé les diverses composantes d'une archéologie du du mmétissage, cette étude met en relief les différentes représentations de l'homme de couleur du XIXe au XXe siècle. La littérnature des Antilles est en effet, dès l'origine, travaillée par un discours du métissage qui se modifie en fonction du groupe socisociologique auquel appartiennent les auteurs. De même, les représentations littéraires du métis varient en fonction du jugjugment, positif ou négatif, porté sur le métissage. Le complexe d'Ariel est encore l'histoire de l'Antillais de couleur qui chcherche à baliser les contours d'une identité forte, de la négritude à la créolité. Le métissage devient enfin l'expression d'd'une fédération culturelle, et les Antilles, toujours accrochées aux époques féodales, peuvent être perçues comme des eespaces de modélisation pouvant aider à mesurer le choc des rencontres de civilisations.

. 2005, La Créolité. Entre tradition d'oraliture créole et tradition littéraire française, Katia Levesque : L’œuvre de l’écrivain martiniquais Raphaël Confiant appartient d’emblée à la créolité. Véritable entreprise de recherche anthropologique et de mise au jour de la mémoire collective, la créolité, voit ses principes énoncés dans le manifeste Éloge de la créolité. Confiant est non seulement un des signataires de ce manifeste, mais il est aussi l’écrivain appartenant à ce mouvement chez qui on retrouve la vision « la plus créole de la créolité ». Les écrivains créoles de la modernité cherchent à se recréer une vision du monde propre à partir de leur culture populaire. Cette nouvelle vision du monde doit passer par un retour à la tradition dite d’« oraliture », c’est-à-dire une combinaison de l’oralité et de la littérarité. Ainsi, la langue créole, son vocabulaire, sa poétique et son caractère oral viennent transformer les écrits en français. C’est dans cette perspective que l’étude de Katia Levesque cherche à expliquer le caractère composite de la Trilogie tropicale de Raphaël Confiant.

. 2006, Une traversée paradoxale du siècle, Raphaël Confiant, Ecriture : Du Cahier d'un retour au pays natal (1939) jusqu'à son dernier recueil poétique (1983), Aimé Césaire n'aura eu de cesse de restituer à la Martinique sa part nègre et de dénoncer le fait colonial jusque dans l'Hémicycle. En raison de son règne sans partage sur les Lettres antillaises, il fut longtemps tabou de dresser l'inventaire littéraire et politique de son legs. Césaire, en somme, était à prendre ou à laisser. Or cette prééminence reposait sur un malentendu. En quoi le verbe du Rimbaud noir était-il plus nègre qu'héritier des humanités classiques ? Pourquoi l'interprète des " malheurs qui n'ont pas de bouche " restait-il sourd aux griefs indépendantistes ? Et quel obscur ressentiment nourrissait-il pour son île natale, " terre stérile et muette ", comme pour sa langue, le créole ? Longtemps, Raphaël Confiant a porté en lui la parole libératoire de l'" accoucheur de cyclones ", avant d'envisager le sacrilège. Dans cette étude iconoclaste, il souligne les paradoxes du " leader fondamental ", maire de Fort-de-France de 1945 à 2001. Mais de quels méfaits le roi Césaire s'est-il rendu coupable ? Principalement, en exaltant " le vieil amadou déposé par l'Afrique " au cœur des Antilles, d'avoir occulté l'" identité mosaïque " du monde créole, réduit à la seule couleur nègre de son spectre. Mais aussi, de n'avoir conçu pour la Martinique qu'" un avenir de province française ", décourageant toute application du véhément Discours sur le colonialisme (1950). " Fils de Césaire à jamais ", Raphaël Confiant reste le premier à avoir commis le meurtre symbolique de " Papa Césaire ", tout en lui rendant l'hommage d'un essai magistral. Récusant à la fois les leçons de l'Europe et de l'Afrique, révoquant le paternalisme blanc tout autant que le remords nègre, son réquisitoire inspiré est un autre " éloge de la créolité ", laquelle se refusera toujours à n'être qu'" un département de la négritude ".

. 2008, Les écrivains afro-antillais à Paris (1920-1960), Buata Malela, Karthala : Ce livre est consacré aux écrivains originaires des colonies françaises d'Afrique et des Antilles qui ont vécu à Paris entre 1920 et 1960. Il s'agira notamment de chercher à comprendre comment les plus représentatifs d'entre eux - R. Maran. L.-S. Senghor, A. Césaire. E. Glissant, Mongo Beti - se sont construit une identité d'écrivain selon la logique propre au champ littéraire parisien. Du fait de leurs origines et de l'époque considérée, cela revient à étudier leur rapport à l'Afrique, tant d'un point de vue sociopolitique que littéraire. Les premières études qui leur ont été consacrées ont consisté en de vastes synthèses qui apportaient un éclairage historique, linguistique, psychologique et biographique sur une littérature qualifiée d'africaine. Les recherches récentes, au contraire, tendent de plus en plus à aborder les études littéraires dites " francophones " dans une perspective relationnelle et à rechercher le lien qui peut exister entre les œuvres qui occupent l'espace littéraire francophone. Ces nouvelles approches sont à compléter par une étude de la place qu'occupent les auteurs afro-antillais au sein de l'institution littéraire parisienne. B. B. Malela examine donc les conditions de leur émergence littéraire : comment, à partir de leur position sociale et politique, ont-ils réussi à percer dans le centre parisien ? Ont-ils pu constituer un champ littéraire spécifique ? Quel statut attribuent-ils à l'Afrique dans leur production ?

. 2014, Littérature et Société : la Guyane, Catherine Le Pelletier, Ibis Rouge éditions : L'histoire littéraire de la Guyane, longtemps méconnue, fournit une abondante matière à des analyses théoriques rigoureuses, des rapports entre littérature, société et culture. Depuis les pétroglyphes, jusqu'aux auteurs du début du XXIe siècle, c'est à un véritable voyage à l'intérieur de la Guyane littéraire auquel l'auteur convie le lecteur. Celui-ci retrouvera des noms célèbres, comme René Maran, Léon-Gontran Damas, Félix Eboué, ainsi que d'autres, moins connus, qui méritent d'être découverts.

. 2016, Ecrire la domination, Gerry L'Etang/Corinne Mencé-Caster, Caraibéditions : Corinne Mencé-Caster se demande comment écrire la domination quand on se trouve en position consciente ou inconsciente de dominé ou de dominant. Selon quelles postures ou impostures ? Gerry L'Etang s'arrête sur un cas d'écriture de la domination par un dominé devenu dominant en endossant les représentations et intérêts des détenteurs du pouvoir. André Lucrèce expose le témoignage d'un abolitionniste sur l'atrocité esclavagiste la plus extrême et analyse les mécanismes au travers desquels la domination aboutit parfois au mal absolu. La condition esclave est également étudiée par Liliane Fardin, qui se penche sur le traitement de ce thème par un romancier (et historien) contemporain. Max Bélaise fait l'exégèse du récit de voyage d'un "moine-soldat" mobilisé au début d'une colonisation pour l'évangélisation d'esclaves, et étudie les conséquences actuelles d'une christianisation violente. Concernant la distribution de noms infamants aux nouveaux libres après l'Abolition, Philippe Chanson examine les résultats de cette stratégie coloniale de dénommer pour dominer et s'interroge : peut-on échapper à son nom ? En partant d'une fable créole, Jean Bernabé met au jour la domination coloniale comme génératrice de contentieux entre peuples colonisés et questionne la notion d'identité. Ici enfin, Raphaël Confiant prend la mesure de la position complexe des langues dominées dans un écosystème linguistique mondialisé dont le fonctionnement n'incite guère à leur traduction.

. 2017, La littérature haïtienne dans la modernité, Anne Marty, Karthala : Constitué d’articles publiés entre 2000 et 2013, résultat de plus de quarante années de recherches effectuées par Anne Marty dans la littérature haïtienne, l’ouvrage ne se confond pourtant pas avec une collection d’essais. Des thèmes précis en sous-tendent l’architecture, montrant la dynamique à l’oeuvre. Le premier de ces thèmes est celui du féminin, étudié à partir des auteures et des personnages représentés. Plus d’une vingtaine d’auteures sont évoquées ou traitées, de Virginie Sampeur à Maggy De Coster. Leur présentation ainsi que l’analyse de leurs oeuvres sont mises en perspective et montrent la place importante qu’elles prennent dans le champ littéraire haïtien. Anne Marty montre aussi que la représentation du corps féminin est un des puissants leviers de la fiction, et que c’est à partir de cette représentation que l’intime parvient aux mots. Analyses éclairantes et perspicaces, elles mettent en relief la façon dont ces auteures se démarquent des stéréotypes courants qui constituent le fonds de l’idéologie masculine. Un deuxième thème parcourt le travail, celui du rappel de l’action délétère de la dictature sur la société haïtienne. Elle montre comment les écrivains, surtout à partir des années duvaliéristes, ont résisté et cherché à rénover une langue instrumentalisée pour l’expression du pire. Enfin, elle prend en charge la littérature qui, après janvier 2010, se dresse contre l’effondrement. L’ouvrage d’Anne Marty est important en ce qu’il rend compte à la fois du long terme, cette perspective radicale que déploie une littérature qui fut dès ses commencements une littérature critique, et du court terme, celui des circonstances et des accidents d’une histoire souvent chaotique.

. 2018, La forge de Zobel, Charles. W. Scheel, Scitep : "Ce livre est une compilation des articles et nouvelles de Joseph Zobel, quand il était journaliste reporter pour Le Sportif de Fort-de-France, dans les années 1950. Jeune écrivain en devenir, il se révèle déjà, dans ces premiers écrits, un observateur lucide et un critique littéraire et artistique à la plume assurée. Son auteur, Charles W. Scheel, est professeur de littérature à l'université des Antilles. De 1938 jusqu’en 1959, Joseph Zobel écrit pour Le Sportif de Fort-de-France des contes et des reportages. Le conteur amoureux du peuple de sa terre natale transparaît dès ses premiers textes. Ces derniers révèlent déjà un observateur lucide et un critique littéraire et artistique à la plume assurée. Après son départ pour la France en 1946, Zobel devient reporter de sa découverte de Paris et de la France rurale. À l’instar de José Hassam, le jeune héros de La Rue Cases-Nègres, cet écrivain martiniquais est issu du milieu noir très pauvre des plantations du sud de l’île. Comme lui, il fait des études secondaires à Fort-de-France et y décroche son bac. Mais si cette œuvre célèbre est devenue un classique de la littérature antillaise, l’apprenti-écrivain Zobel restait à découvrir. En effet, la plupart de ces premiers articles n’ayant donné lieu à aucune publication ultérieure. Cela est chose faite grâce au minutieux travail de collecte et d’assemblage de Charles W. Scheel, enseignant-chercheur à l’université des Antilles. Le Sportif, « Hebdomadaire sportif, littéraire et d’information » fondé par Fierrès Élisabeth a, à la fois, procuré au jeune Joseph un coin de forge où travailler des textes qui révèlent l’étendue de son talent et contribué à forger l’image de l’écrivain Zobel, par l’écho qu’il a donné à son œuvre naissante."

. 2018, Musique et littérature en Guyane. Explorer la transdiction, Nicolas Darbon, Classiques Garnier : Ce livre étudie la création musico-littéraire, écrite et orale, dans ce pays en plein essor qu'est la Guyane. Il propose des pistes de recherche interdisciplinaires en musicologie, anthropologie du contemporain et forge le concept de transdiction.

. 2020, Les proverbes créoles haïtiens. Quels rôles dans les représentations sociales des hommes et des femmes, Muselène Carilus, L'Harmattan : Les proverbes sont fortement prisés dans la tradition orale haïtienne. Quel que soit le niveau social ou culturel d'un Haïtien, il a recours aux proverbes. Étant décrits comme l'expression de la sagesse du peuple haïtien, les proverbes sont aussi entachés de stéréotypes. Ils ont le pouvoir de déterminer la place de l'homme et de la femme au sein d'une société. En dépit des efforts consentis pour lutter contre les inégalités entre l'homme et la femme au sein de la société haïtienne, la situation ne parvient pas à changer. La forme figée des proverbes et leurs fréquences d'utilisation favorisent leur perpétuation de génération en génération.

. 2020, La littérature antillaise entre histoire et mémoire, Albert James Arnold (1935-1995), Classiques Garnier : une étude dense consacrée entre autres au concept de nation et aux discours identitaires aux Antilles. L’ouvrage évoque également les questions de la négritude, de l’antillanité, du créole, analysant des œuvres d’auteurs comme Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Simone Schwarz-Bart ou Gisèle Pineau.

. 2020, Aimé Césaire. Genèse et transformations d'une poétique, Albert James Arnold, Verlag Königshausen & Neumann : Cet essai examine en détail la trajectoire de la poétique d’Aimé Césaire. À l’origine du projet de négritude, les premiers textes de Césaire révèlent un drame spirituel en relation avec la montée du fascisme. Sa réponse à ce désarroi s’exprime dans la composition du premier « Cahier d’un retour au pays natal ». Le cercle herméneutique propre au texte de 1939 décèle le sacrifice tragique du vieux nègre, auquel doit succéder un nègre nouveau. Le lecteur découvrira dans ces pages une facette gommée du parcours de Césaire : le contexte propre aux premiers recueils poétiques et à l’édition américaine du Cahier publiée par Brentano’s à New York. À partir de 1956, Césaire a sacrifié l’originalité de sa poétique antérieure, visant un nouvel horizon d’attente axé sur la décolonisation de l’Afrique. Ce tournant a favorisé la thèse de Césaire écrivain marxiste. Le présent essai couronne un demi-siècle de travaux sur la poésie d’Aimé Césaire par un professeur chevronné. Il prend sa place à côté de ceux d’Ernstpeter Ruhe et de Lilian Pestre de Almeida, édités dans la même collection, pour sortir Césaire du réduit de la « francophonie » et le placer parmi les meilleurs poètes de langue française.

. 2021, Marigalanteries. Marie-Galante à travers les textes, Ronald Selbonne, Editions Jasor : MariGalanteries est un recueil de textes et de morceaux choisis qui invite le lecteur à faire le tour historique et géographique de Marie-Galante en plongeant dans le tourbillon des événements, petits et grands, qui ont jalonné la vie de « l'île plate ». MariGalanteries se lit à la manière d'un film dont Marie-Galante serait le personnage principal. C'est une balade dans le temps qui place les Marie-Galantais au centre de leur histoire et de leur mémoire. Voici donc, lecteur, une anthologie sortant des sentiers battus qui longent les moulins borgnes et les distilleries amnésiques, car ici la vie n'a jamais été une douce promenade en charrette.

. 2022, L'Errance et le Rire, un nouveau souffle de la littérature antillaise, Ralph Ludwig (sous la dir.), Gallimard :
L'errance et le rire ont profondément marqué le monde créole des Antilles : le bateau à la merci des intempéries, l'incertitude, la drive, mais aussi la découverte et le dépassement de toutes sortes de limites, ainsi que le rire comme force de vie, réaction de désespoir et de révolte, ou ruse des contes populaires, sont autant d'éléments de cette thématique. Mais que dire aujourd'hui du rire dans un monde créole globalisé, éparpillé entre différents continents, dans cette vie tissée par de nouvelles formes d'errance ? Quelle sorte de rire y prévaut : le rire joyeux, le rire jaune ? Pris dans une dialectique fragile et multiforme entre l'errance et le rire, les textes de ce collectif d'auteurs, qu'ils soient guadeloupéens, haïtiens ou martiniquais, témoignent de la richesse de ce renouveau de la littérature antillaise.
Ils sont ponctués d'un regard venu d'ailleurs - en l'occurrence d'Algérie - pour un au-delà de la perspective caribéenne.

. 2023, Eau de café de Raphaël Confiant : quand la fiction donne vie à la créolité, Anaïs Stampfli, Presses Universitaires des Antilles : Eau de café, premier roman écrit en français par Raphaël Confiant, a été publié en 1991. Les trente années écoulées depuis cette parution permettent d’adopter un recul réflexif sur cet ouvrage qui a marqué le parcours de son auteur ainsi que l’histoire littéraire antillaise. Cet essai revient sur l’évolution dans le positionnement linguistique de Raphaël Confiant (après avoir publié plusieurs œuvres en créole, le romancier décide avec Eau de café de poursuivre son engagement pour les langues et cultures créoles au travers de son écriture en français) et propose une analyse des stratégies mises en place par l’auteur pour poursuivre ses objectifs et faire coexister les langues dans son roman. Il suggère également des pistes de lectures permettant d’envisager Eau de café comme un roman allégorique mettant en scène les valeurs défendues dans l’Éloge de la créolité. L’essai aboutit sur une observation diachronique mesurant les impacts de ce roman sur les productions ultérieures de Raphaël Confiant. L’auteur dit avoir voulu écrire à la manière de Balzac une Comédie humaine créole : certains thèmes, évènements et personnages réapparaissent ainsi et évoluent au fil des romans suivants. La réception critique et la traduction du roman sont enfin prises en compte afin de jauger sa diffusion et sa transposabilité vers d’autres sphères linguistiques. Cette étude permet ainsi de contextualiser la lecture d’Eau de café pour mettre en perspective les engagements de l’auteur, la situation linguistique de l’œuvre et sa réception.

Frédéric, qu'appelez-vous "lire" ? Lire la suite
...il y a forcément dans l’ombre des gens qui lisent les articles de fond, et qui, un jour, se dé Lire la suite
...d'analyse dense et structurée qui, évidemment, ne susciteront aucun commentaire chez les habit Lire la suite
C'est pour contrer les fouteurs de merde tels que toi qui squattent la rubrique d'un site qui a p Lire la suite
"Que d'autres idées soient développées dans l'article, ce qui est normal dans toute argumentation Lire la suite