"Quand un entrepreneur ouvre une entreprise au Lamentin..." (Olivier Huyghes Despointes)

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       Avant de lire le présent article, allez d'abord tout en bas de ce dernier et lisez l'article du chef d'entreprise martiniquais Olivier Huyghes-Despointes !

       Ceci fait, voici notre réaction point par point : 

 

        __"Quand un entrepreneur ouvre une entreprise au Lamentin, investit dans un atelier à Ducos ou relance une exploitation à Sainte-Marie...". QUESTION : il prend l'argent où pour faire cela ? Les banques vont-elles faire un prêt à quelqu'un qui ne possède pas de biens d'une certaine importance grâce auxquels elles pourraient se rembourser en cas d'échec de ladite entreprise ? Le fils ou la fille d'une employée de maison du Lamentin, d'un petit mécanicien de Ducos ou d'un ouvrier agricole de Sainte-Marie n'est-il pas au départ désavantagé par rapport aux rejetons de la classe békée et de la bourgeoisie dite "de couleur" ? 

 

    __"Et surtout il prend le risque de laisser son capital travailler ici plutôt que d'aller le sécuriser ailleurs". REMARQUE : Oups ! Nous avons lu trop vite. Notre audacieux entrepreneur dispose donc d'un...capital de départ. Mais il l'a pris où ? Il l'a obtenu comment ? Mis à part, les rarissimes gagnants du tiercé et du Loto, la quasi-totalité des Martiniquais qui disposent d'un capital de départ l'ont obtenu par héritage et leurs parents à eux ont également bénéficié d'un héritage. Et leurs grands-parents aussi. Bref, on pourrait remonter jusqu'à...1635 ! Mais bon, n'allons pas plus loin que le 23 mai 1848, jour où les Nègres réduits en esclavage se sont libérés de leurs chaînes. Il se passe quoi à partir de cette date ? Ceci : les anciens propriétaires d'esclaves (parmi lesquels quelques Mulâtres) se voient financièrement dédommagés de la perte de leur cheptel humain alors que les "nouveaux libres" ne reçoivent pas un centime de dédommagement pour leur permettre de recommencer une nouvelle existence. Ils n'ont alors comme seule possibilité que de continuer à travailler, cette fois comme "ouvriers agricoles", SUR LES MEMES "HABITATIONS" où ils avaient été mis en eslavage ! Du coup, on comprend mieux d'où provient de capital de départ qui permet à nos si vaillants entrepreneurs d'aujourd'hui d'investir au Lamentin, à Ducos ou à Sainte-Marie, n'est-ce pas ?   

 

   __"Alors quand il renonce ou qu'il part, toute la richesse ou tous les emplois qu'il aurait pu créer ne voient tout simplement jamais le jour" : depuis quand un entrepreneur crée de la richesse tout seul ? Sur une "Habitation" bananière de Sainte-Marie ou du Lorrain, qui travaille du matin au soir, charroie de lourds régimes de banane, est forcé d'utiliser des pesticides cancérogènes tels que le chlordécone, reçoit un salaire dérisoire et, à sa retraite, touchera 300 euros mensuels ? QUI ? Pas les rejetons du propriétaire de l'exploitation en tout cas ! Au fait, personne ne s'étonne de ce mot_"exploitation"_pour désigner un entreprise agricole. Bizarre, non ? Sinon les gros planteurs de banane recoivent des millions d'euros de subventions de l'Europe et il est avéré que certains d'entre eux ont utilisé une partie de cette manne pour se...diversifier. Non pas pour faire planter des laitues, des ignames ou des christophines mais pour investir les secteurs juteux des grandes surfaces, des magasins de bricolage et des concessions automobiles. Passant ainsi de l'import-export à...l'import-import !!! 

 

   __"Entre 2017 et 2023, l'île a perdu 12.000 habitants et ceux qui partent sont surtout les jeunes qui vont chercher dans l'Hexagone l'emploi qu'ils ne trouvent pas ici..." : on ne sait pas quel âge à l'auteur de l'article mais on s'étonne qu'il n'ait jamais entendu parler de...1960 et du BUMIDOM. L'économie sucrière s'était alors effondrée et des milliers d'ouvriers agricoles sans emploi étaient "descendus en ville" pour tenter de survivre, y créant des quartiers tels que Trénelle, Volga-Plage ou Texaco. Face à cet afflux, la "Mère-patrie", qui avait besoin de bras pour se rétablir après la Deuxième Guerre Mondiale, fit venir des dizaines de milliers de travailleurs immigrés arabes et africains ainsi que des "immigrés de l'intérieur" (Les Antilles étant françaises). Les "Bumidomiens" ont apporté leur pierre aux fameuses "Trente glorieuses" qui avaient vu la France se hisser à la 4è place des pays les plus riches de la planète (aujourd'hui elle oscille entre la 8è et la 9è place). Donc, non, ce n'est pas depuis l'an 2017 qu'il n'y a pas de travail pour notre jeunesse mais depuis un demi-siècle !

   Et à qui la faute ? 

   Ni l'Etat français ni le groupe béké ni la bourgeoisie de couleur n'ont réfléchi sur l'effondrement de l'industrie sucrière et aux voies et moyens d'y pallier. L'Etat français s'est contenté de créer le BUMIDOM pour "exflitrer" notre jeunesse ; le groupe béké s'est contenté de mettre un supermaché à l'endroit exact où se trouvait une usine à sucre (ce fut le cas au François, au Marin etc...) ; la bourgeoisie de couleur s'est contenté des 40% de sursalaire versés aux fonctionnaires, ce qui a permis aux professions libérales (notaires, avocats, architectes etc.) de fixer les tarifs de leurs prestations au même niveau. On a donc assisté, en 1960, à une faillite intellectuelle des trois entités qui auraient pu réfléchir à une nouvelle économie pour la Martinique. Le peuple, lui, ne porte aucune responsabilité dans ce qui fut un désastre et dont nous subissons un demi-siècle plus tard les conséquences. De plein fouet en plus ! 

 

      __"Les emplois qui ne naissent pas chez nous ne sont pas créés par quelqu'un d'autre que les chefs d'entreprise martiniquais. Ils sont créés ailleurs et nos enfants partent avec eux." : quels "enfants partent" ? Ceux du groupe béké et de la bourgeoisie de couleur ou bien ceux du peuple ? Les fils et filles du peuple n'ont le plus souvent pas le choix alors que ceux de la bourgeoisie de couleur, après un séjour plus ou moins long dans l'Hexagone, peuvent espérer rentrer au pays et ceux du groupe béké n'ont aucun souci de ce genre vu qu'un emploi leur est familialement garanti. Un Bumidomien ne peut, lui, espérer revenir qu'à sa retraite et encore s'il a pris soin d'économiser toute sa vie pour s'acheter un logement au pays !

     

       Il ne s'agit pas pour nous, en critiquant cet article, d'appeler de nos voeux la mise en place d'une économie administrée (système communiste) ni même d'une économie semi-administrée (système socialiste) pour notre Martinique. Malheureusement, la Nature humaine a fait échouer ce système partout à travers le monde et les prétendus pays "socialistes" qui existent encore ne font en réalité que pratiquer un capitalisme d'état. A commencer par la Chine ! Ces pays n'ont pas réussi à créer "L'Homme nouveau", cette créature altruiste, fraternelle, internationaliste etc...que le marxisme appelait de ses voeux. Pourquoi ? Parce que l'être humain est une créature fondamentalement égoïste et avide. Et c'est justement en se basant sur cette réalité quasi-ontologique que les exploités ont le droit de se battre farouchement contre les exploiteurs pour arracher leur part du "gâteau". 

   NB. L'article de cet entrepreneur béké est toutefois confondant de sincérité. Et c'est ce qui est pire ! Il croit vraiment que n'importe qui peut créer une entreprise sans capital de départ, par exemple. Il semble ignorer le fait que "la richesse" est d'abord créée par la force de travail des ouvriers et employés même si le chef d'entreprise occupe un rôle très important. Bref... 

 

     Olivier Huyghues Despointes : "Défendre les entrepreneurs, c'est défendre la Martinique" - Opinion Internationale

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Commentaires récents

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    AKAN ?

    Albè

    24/10/2026 - 16:47

    Prèmié moun ki rayi kò-yo sé Negdafrik pis lang akan pa lang ofisiel pies péyi afritjen. Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    "Sakré bann ipokrit ki nou yé"

    Daniel

    24/10/2026 - 15:53

    Sa dwet vre,
    menm si man pa dakò di ki sa ki rete suiv mouvman-an se ipokrit.

    Lire la suite
  • Rodrigue Petitot (RPPRAC) démolit Elie Domota (LKP)

    POUKI SE SENDIKA-A...

    Albè

    24/10/2026 - 07:48

    ...pa ka anni batjé adan mouvman lari-a (RPPRAC) menmsi sé pa yo ka mennen'y ? Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    "GAOU", "NIATA"...

    Albè

    24/10/2026 - 07:45

    Sé pa pawol matinitjé ki la kidonk man pé pa réponn ou ! Lire la suite

  • Rodrigue Petitot (RPPRAC) démolit Elie Domota (LKP)

    Sans commentaires

    Daniel

    23/10/2026 - 15:40

    Mèsi, man pa te okouran le dènye pawòl. Sa te pou rive jik la.
    Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    Sete an blag

    Daniel

    23/10/2026 - 10:03

    Quoique.
    Menm si yo pa li Fondas Kreyol, yo pa kouyon. Ki mannyè yo ka di:
    Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    ALIGNEURS...

    Albè

    22/10/2026 - 20:10

    Man pa kwè ni anlo moun ka li FONDAS KREYOL. Arété rakonté KOUYONNAD ! Lire la suite

  • L'incendiaire "présumé" de la mairie de Limoges n'est ni un Mohamed ni un Mamadou

    "................"

    yeg

    22/10/2026 - 15:56

    Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    ..."led adan konpowtasion-nou" ?

    Daniel

    22/10/2026 - 14:35

    Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
    Lire la suite

  • Bracages à Fort-de-France : "...s'exprimant en créole saint-lucien"

    C'EST TOI LE PREMIER DELINQUANT !

    Albè

    21/10/2026 - 11:10

    Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite