Thaïlande : Macadam muay thai

Patrick Chesneau

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  Songkran, le nouvel an thaï, qui dure trois jours de liesse exaltée dans tout le Royaume, entre jeudi 13 avril et samedi 15 avril, n'adoucit pas forcément les moeurs. Avant que les mémorables batailles aquatiques à coups de pistolets à eau ne détrempent la chaussée de la Cité des Anges, des combats bien réels ont éclaté dans les rues de Bamrung Mueang, un quartier chinois de la capitale thaïlandaise. Dans la nuit de lundi à mardi, des équipes de secouristes en sont venues aux mains, aux gourdins, aux battes et aux bâtons. Un phénomène de violence en pleine recrudescence entre ces organisations devenues bandes rivales: les fondations dédiées aux secours sur la voie publique.

   La fonction officielle de ces organismes pourtant d'intérêt général est d'accourir dès qu'un accident de la circulation se produit. Ils rappliquent à toute berzingue dans leurs pickups siglés et leurs ambulances. Sirènes hurlantes, gyrophares plein les mirettes, ces dépanneurs de la vie en panne se fraient un chemin façon rodéo dans les embouteillages dantesques de Bangkok. Des slalomeurs urbains. Très utiles. Une fois sur les lieux du sinistre, ils viennent en aide aux blessés, assurent les premiers soins, évacuent les cas les plus graves vers l'hôpital et ramassent les morts éventuels. Carnage routier. Tôles éventrées, corps souvent déchiquetés, bouillie d'os et de chair, cadavres. Un secouriste doit avoir le coeur bien accroché pour ainsi joncher sa vie ordinaire de visions d'horreur. Entraide, commisération mais aussi business. Du vrai capitalisme sauvage. 

   Nouvelle illustration dans ce dernier incident. Les sauveteurs de ces deux fondations très connues se sont pointés en même temps sur le lieu du même accrochage impliquant une moto. Simultanéité de l'action. Donc, pas de prime préférentielle accordée à un supposé premier arrivé. Un semblant de pourparlers s'est bien engagé entre les intervenants mais les négociations ont tourné court dans la minute. Entre eux, pas de constat amiable. La règle : enfoncer la concurrence pour s'assurer le contrôle physique du territoire et ce faisant, mettre la main sur une manne fort juteuse. Au total, plusieurs dizaines des membres des fondations Ruamkatanyu et Petchkasem se sont lancés dans une  échauffourée à ciel ouvert, au grand dam des riverains réveillés en sursaut au mitan de la nuit. Cette fois, coups de poing en série quasi illimitée, empoignades à mains nues et jets de projectiles divers. Les trottoirs crevassés transformés en ring. Des dizaines de policiers, y compris du commissariat du Palais Royal, ont été mobilisés pour circonvenir les belligérants et les trainer jusqu'à la " satthani tamruat"  la plus proche ( tous au poste) pour réprimande. Par le passé, des algarades très violentes avec armes ont déjà eu lieu, notamment il y a quelques mois à Kaset Nawamin, en périphérie de Bangkok, où un affrontement plus que musclé avait éclaté. A grand renfort de coups de feu, laissant nombre de protagonistes sur le carreau, grièvement blessés.

    Cette querelle des territoires risque de s'envenimer. Jusqu'à l'irréparable ? A 3H du matin, Patiya Wibulnan, le directeur de Ruamkatanyu, a crû de son devoir d'interpeller les autorités : la puissante BMA, Bangkok Metropolitan Administration, la Police métropolitaine et le Centre Médical d'Urgence Erawan doivent dans les délais les plus rapprochés, a t'il vitupéré, imposer une délimitation des territoires. Les aires d'intervention des secouristes étant devenues au fil des ans le terrain d'action exclusif de ces groupes privés. Selon lui, toute absence de décision officielle provoquera inévitablement de nouvelles bouffées de violence avec, cette fois, un véritable arsenal pour défourailler à tout va. Inévitablement,  les sauveteurs s'organiseront en milices.

   D'aucuns estiment que le ministère de la santé doit maintenant se saisir de ce dossier explosif avant que la chronique amusée ne vire à la complainte éplorée. " Au secours, les secours arrivent. Ils se pilonnent à bras raccourcis. Pluie de coups. Mousson de bosses et gnons. Corps tuméfiés dans le déferlement des frappes de genoux agrémentées d'uppercuts impitoyables. Seul avantage, ils sont déjà sur place pour ramasser les blessés. Pugilat à portée de brancards in situ. Mais laquelle des deux escouades de secouristes va s'en charger ? Motif suffisant pour se retambouriner les faciès. Il leur faut en découdre pour avoir droit inaliénable à razzia sur les éclopés. Dans le respect de règles établies et reconnues par tous. Sinon, gare à la guerre".

   Quand libre-cours est laissé à la violence débridée, les secours ne sont même plus le recours.

 

  Patrick Chesneau

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