"On aboutit à quelque chose" : 50 ans plus tard, les victimes du Likès à Quimper reçues par l'enseignement catholique

Un début de reconnaissance pour les victimes du Likès : les responsables du réseau d'enseignement catholique ont demandé pour la première fois mi-juillet pardon à plusieurs anciens élèves qui dénoncent les abus sexuels subis dans l'établissement de Quimper dans les années 70 et 80.

C'est une page qui se tourne pour les victimes d'abus sexuels au Likès à Quimper dans les années 70 et 80. Des responsables du réseau d'enseignement lassalien ainsi que ceux du diocèse de Quimper ont rencontré pour la première fois mi-juillet d'anciens élèves de l'établissement catholique. Ces hommes rassemblés en collectif depuis le début de l'année dénoncent des attouchements et des viols subis notamment dans les dortoirs du collège. Ils demandent une reconnaissance officielle de leur statut de victime.

C'est le cas notamment de Jacques Le Floch qui a fréquenté le Likès entre 1970 et 1972. À près de 70 ans, le Plomelinois accepte de revenir sur "le pire cauchemar de sa vie". Le 17 juillet dernier, il a pris son courage à deux mains pour retourner, avec d'autres victimes, sur les lieux qui le hantent depuis 54 ans.

"Ca finissait toujours dans le pyjama"

"J'ai reconnu [la salle] où on faisait les travaux manuels, c'est maintenant une salle de jeu, de détente pour les gars, mais le carrelage est toujours là", raconte-t-il. C'est là que "Belou", l'un des frères de l'établissement aujourd'hui décédé, l'a agressé à plusieurs reprises. "J'ai toujours le goût dans la bouche. C'est un gars qui buvait du vin, il m'embrassait et j'ai toujours cette odeur dans la bouche aujourd'hui".

Jacques évoque aussi des mains dans le pantalon. Et des visites nocturnes de la part d'un autre religieux. "Il avait réussi à libérer les deux places de lit autour de moi. Il venait tous les soirs vers les 9 heures. Il s'amusait, touchait mes mains. Et ça finissait toujours dans le pyjama".

"Ça m'a perturbé toute ma vie, j'ai encore des séquelles", poursuit-il. À l'époque, il a à peine 11 ans. "J'en ai parlé à mes parents. J'ai pris une bonne claque. À l'époque, ce n'était pas possible d'imaginer qu'un frère, puisse avoir des agissements pareils".

Ce n'est qu'il y a dix ans que le désormais retraité se décide à parler de ce qui lui est arrivé. "C'était lors d'un repas de famille avec ma mère et là j'ai dévoilé ce que je n'avais jamais dit à personne. J'étais démoli jusqu'à mes 30 ans, j'étais dans un état entre l'alcool, la drogue et pas mal de choses. Là ça va ,mais je suis souvent ému", confie-t-il avec un petit rire nerveux.

Depuis qu'il a rejoint le collectif, Jacques Le Floch va mieux. Il a enfin la sensation d'être écouté. "Le fait d'avoir déjà été reçu par l'évêque, par le Likès… Ils étaient émus, ils ne pensaient pas que ça avait été jusque-là", raconte-t-il.

Demande de pardon officielle

Les frères des écoles chrétiennes ont officiellement demandé pardon aux victimes, une première étape pour Jacques. "Je sais qu'il y a prescription, mais il faut qu'il y ait une reconnaissance écrite, après il y a l'ordre financier, mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus important, c'est qu'ils reconnaissent le mal qu'ils ont pu faire. Moi je suis décidé à aller jusqu'au bout".

Des témoignages archivés

Autre victime, Daniel Legrand évoque lui "fin d'une omerta". L'évêque de Quimper et Léon salue quant à lui une démarche de transparence de la part de l'enseignement lasallien et au-delà de l'Église catholique qui s'est saisie de la problématique. "Les choses sont assez claires dans les établissements catholiques. Ce genre de dérive n'arrivera pas ou, si elle arrive, elle sera très vite repérée et très vite soignée. La personne sera écartée tout de suite, ce qui n'était pas le cas avant. Et ça fait beaucoup de drames", déplore monseigneur Laurent Dognin.

Lors de sa rencontre avec les victimes, le prélat leur a demandé de transcrire par écrit leurs souvenirs de cette période : "Ces affaires-là, c'est très important qu'elles restent en mémoire dans l'histoire de l'établissement, mais aussi de l'Église diocésaine, puisque ça se passe à Quimper. Ces archives seront disponibles pour des chercheurs qui souhaiteraient se plonger dans cette période", ajoute-t-il.

Le réseau lassalien s'apprête à changer de gouvernance au 1ᵉʳ août. "Un nouveau service sera chargé de suivre ces questions et d’accompagner les établissements scolaires dans la protection des élèves et la mise à jour des protocoles de protection des élèves", précise l'avocat du réseau.

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Commentaires récents

  • Sont-ils antisémites pour autant ?

    AU FAIT...

    Albè

    18/08/2026 - 11:21

    ;;;dans l'un de vos commentaires au bas de l'article parlant du 50è anniversaire de la graphie du Lire la suite

  • Sont-ils antisémites pour autant ?

    Àlbè, j’ai vérifié : je me trompais...

    Frédéric C.

    17/08/2026 - 20:16

    ...en effet about les Perses. Pour le reste, je maintiens tout. Lire la suite

  • Ces jeunes marocains n'ont pas cherché à libérer un territoire occupé mais...

    CE BOUFFON DE YEG...

    Albè

    17/08/2026 - 19:02

    ...se garde bien de répondre à la question qui lui est posée sans arrêt : si les Arabes avaient c Lire la suite

  • Ces jeunes marocains n'ont pas cherché à libérer un territoire occupé mais...

    Sacré yeg!!!!!!!!!!!!!!!!!

    @Lidé

    17/08/2026 - 16:19

    la castration est une bonne chose pour les yegs.
    albè à raison

    Lire la suite
  • Ibrahim Traoré, chef d'état du Burkina-Faso : "Au nom du peuple africain, au nom des peuples opprimés, je dis "Gaza vivra !"

    yeg est islamophile??????!!!!!!!!!!! lol

    @Lidé

    17/08/2026 - 16:15

    Ibrahim Traoré refuse la charia, et oui
    c'est pour cela que yeg vomit?

    Lire la suite
  • Ces jeunes marocains n'ont pas cherché à libérer un territoire occupé mais...

    Quand Albè approuvait explicitement la castration..

    yeg

    17/08/2026 - 16:10

    Lors d'un échange récent (date et coordonnées ci-dessous ) voici ce qu'écrivait Albert l'Ordure:< Lire la suite

  • Ibrahim Traoré, chef d'état du Burkina-Faso : "Au nom du peuple africain, au nom des peuples opprimés, je dis "Gaza vivra !"

    Traoré la vermine aggrave son cas

    yeg

    17/08/2026 - 12:28

    Au Burkina Faso, plongée dans les geôles clandestines de la machine répressive d’Ibrahim Traoré . Lire la suite

  • Covid et prévisions météo ou l'éternel enfant-gâtisme des Negs fwansé

    MEU NON !

    Albè

    17/08/2026 - 11:53

    Même si y'a l'indépendance un jour, ils continueront à se comporter comme de grands enfants.

    Lire la suite
  • Sont-ils antisémites pour autant ?

    PERSES...

    Albè

    17/08/2026 - 09:57

    Il me semble que les Perses ne sont ni arabes ni sémites. Lire la suite

  • Sont-ils antisémites pour autant ?

    Non, ils ne sont pas "antisémites", et pour deux raisons...

    Frédéric C.

    17/08/2026 - 09:21

    Ils ont un regard acéré sur l’histoire du monde, et notamment du colonialisme (celà sous-tend leu Lire la suite