Festival Écritures des Amériques : 25 ans de littérature, de rencontres et d'innovation en Guadeloupe

Stéphanie Tollet ("France-Antilles-Guadeloupe")

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Du 24 au 29 novembre 2025, la Guadeloupe a vibré au rythme du Festival Écritures des Amériques, une manifestation littéraire qui fête cette année son quart de siècle d'existence. Fondé en 2000 par l'écrivaine Maryse Condé et l'industriel Amédée Huyghues Despointes, le festival s'est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les passionnés de littérature, les auteurs et le grand public, offrant une semaine d'échanges, de découvertes et de célébration de la créativité romanesque des Amériques et d'ailleurs.

L'édition 2025 a été marquée par la renaissance du Prix des Amériques insulaires et la création du Prix du public Guadeloupe Maryse Condé. Ces deux distinctions ont récompensé des autrices dont les œuvres incarnent la vitalité et la diversité des littératures du bassin caribéen et de l'Amérique littéraire. Le Prix des Amériques insulaires a été attribué à Rita Carelli pour son premier roman, Terre noire aux éditions Métailié. Ce texte poétique et percutant, entre quête identitaire, rites ancestraux et urgence écologique, plonge le lecteur au cœur de l'Amazonie et de ses terres noires, témoins d'une activité humaine millénaire. À travers le regard d'Ana, jeune fille accompagnant son père archéologue, le roman explore la rencontre avec une tribu indienne, la découverte de soi et la transformation du regard sur le monde. L'œuvre a également reçu le Prix Caméléon.

Le Prix du public Guadeloupe Maryse Condé, décerné par un jury de 14 lecteurs soigneusement sélectionnés, a couronné Katia Dansoko Touré pour La solitude des notes bleues (JC Lattès). Ce premier roman, dont le titre renvoie au blues et au jazz, suit l'itinéraire géographique et mental de la narratrice, de la prime enfance à l'aube de la trentaine. La musique y devient personnage central, symbole de résilience et de reconstruction intime. Le jury a salué la justesse et la vitalité de ce récit féministe, où la note bleue incarne la pluralité des identités de l'héroïne.

La foule a répondu présent pour ce Festival Écritures des Amériques.

La foule a répondu présent pour ce Festival Écritures des Amériques. • Stephanie TOLLET

Une programmation riche et des invités prestigieux

Le festival a accueilli une pléiade d'auteurs venus de la Caraïbe, de l'océan Indien, de l'Atlantique, de la Méditerranée et d'ailleurs, illustrant le thème de cette année : Latitudes. Parmi les invités, on retrouve Miguel Bonnefoy, Nicolas Carreau, François-Henri Désérable, Raphaël Confiant, Gisèle Pineau, Charmaine Wilkerson, Thibault de Montaigu, Rita Carelli, Katia Dansoko Touré et Daniel Saldaña Paris. Chacun a présenté ses dernières œuvres, offrant au public des escales mémorables au pays des livres. Charmaine Wilkerson, ancienne journaliste et autrice du best-seller Black Cake, est revenue en Guadeloupe pour présenter Good Dirt, une saga familiale sur l'héritage et la transmission. François-Henri Désérable, lauréat du Grand Prix du roman de l'Académie Française, a partagé son récit de voyage sur les traces de Che Guevara, tandis que Nicolas Carreau a captivé avec L'affaire Alfred Langevin, une enquête rocambolesque dans un village tranquille.

Gisèle Pineau a interrogé la mémoire intime et collective dans La vie privée d'oubli, roman vibrant sur les conséquences des traumatismes générationnels. Raphaël Confiant a donné la parole à la Savane, lieu emblématique de Fort-de-France, dans La Savane, Papa de Gaule et la Négresse en déveine. Miguel Bonnefoy a présenté Le rêve du Jaguar, fresque familiale inspirée de ses ancêtres vénézuéliens.

Les nouveautés de l'édition anniversaire

Pour ses 25 ans, le festival a innové en réintroduisant le Prix des Amériques insulaires et en créant le Prix du public Guadeloupe Maryse-Condé, élargissant ainsi la participation et l'engagement du public. La programmation a également proposé une adaptation théâtrale du roman Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, présentée par la compagnie Barefoot lors de la soirée de clôture. L'événement s'est distingué par la diversité des lieux, avec des rendez-vous organisés sur plusieurs îles de l'archipel : La Désirade, Marie-Galante, Saint-Barthélemy, Saint-Martin. Toutes les rencontres étaient gratuites, favorisant l'ouverture vers le grand public et l'accès à la littérature pour tous.

Le regard de Marie Huyghues Despointes

Marie Huyghues Despointes, organisatrice du festival depuis ses débuts, incarne l'esprit d'ouverture et d'innovation qui anime la manifestation. Elle souligne l'importance de la diversité des voix et des origines des écrivains invités, ainsi que la volonté de donner envie de lire à tous les publics, jeunes et moins jeunes.

Pour elle, le festival est avant tout une aventure collective, rendue possible par la passion des partenaires et la fidélité du public. Elle se réjouit de la ferveur et de l'enthousiasme manifestés cette année, notamment lors des délibérations du jury du Prix du public et de la fréquentation du stand littéraire. Marie Huyghues Despointes insiste sur la convivialité des rencontres, la désacralisation des auteurs et l'accessibilité des œuvres, qui font du festival un moment privilégié de partage et de transmission.

Un festival tourné vers l'avenir

La 25e édition du Festival Écritures des Amériques s'affirme comme un événement littéraire majeur, porteur d'innovation et de dialogue entre les cultures. En mettant à l'honneur des autrices engagées, des invités prestigieux et des propositions inédites, le festival perpétue sa mission : faire de la Guadeloupe une terre d'écriture, ouverte sur le monde et sur l'avenir.

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    C'est pas possible : BOUG TALA FOU !

    yug

    05/04/2026 - 20:56

    1) Cet article évoque l'ascension sociale d'une Franco-Tunisienne .Que vient foutre parmi les com Lire la suite

  • "Moi, je dis, la France aux Français !"

    COMPARAISON IDIOTE !

    Albè

    05/04/2026 - 17:18

    On est raciste, point barre ! Dire "je suis moins raciste qu'untel" est d'une connerie abyssale. Lire la suite

  • "Moi, je dis, la France aux Français !"

    Ouais ,c'est comme la Tunisie aux Tunisiens !!!

    yug

    05/04/2026 - 11:56

    Sauf que les Tunisiens et leurs frères Algériens foutent les étrangers dehors en plein Sahara à c Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    GROS CONARD

    Albè

    05/04/2026 - 07:34

    A aucun moment, je n'ai parlé de "monument religieux" mais seulement de "monument". Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Toujours aussi con !!!

    yug

    04/04/2026 - 15:58

    Ni le Taj Mahal (mausolée) , ni l'Elysée, ni le Palais de la Présidence du Sénégal ni le Palais Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    ANCIEN OU NOUVEL...

    Albè

    04/04/2026 - 15:02

    Pauvre naze ! Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Tu sais pas lire ,abruti ?

    yug

    04/04/2026 - 10:57

    J'ai écrit "Le fait pour un ANCIEN esclave ...." (voir commentaire précédent intitulé Allah akbar Lire la suite

  • Ne pas "hiérachiser les souffrances", disent-ils...

    SOUSE

    Albè

    03/04/2026 - 09:35

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    yug

    02/04/2026 - 15:16

    MH à CNews ?? Pas l'effet du hasard !! Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    LOOOL !

    Albè

    02/04/2026 - 07:08

    Donc le type est esclave et c'est à lui que l'on confie le soin de lancer l'appel de la toute nou Lire la suite