C'est la question que l'on est en droit de se poser en cette énième rentrée scolaire.
Il ne s'agit pas du tout d'une énième jérémiade syndicale sur le manque d'enseignants, les classes qui sont surchagées ou que le Rectorat ferme d'une année sur l'autre aussi fondées que soient ces revendications.
Il s'agit de manifester un profond étonnement : comment se fait-il que depuis 1946, aucun prof d'histoire en collège, en lycée et à l'université n'ait pris la plume non pas pour débiter des dates, des noms de gouverneurs, de Nègres-marrons, des révoltes comme Septembre 1870, des grèves réprimées dans le sang comme au François en 1901 ou dans le nord en février 74 etc... toutes choses fort utiles à savoir, mais pour expliquer une chose très simple aux Martiniquais ?
De quoi s'agit-il ?
De quelque chose de très simple et pourtant très important, surtout en cette période de Congrès visant, selon ses iniateurs, à débloquer quelque peu la crise que vit la Martinique. Crise qui démontre que rien ne va plus et qu'il est urgent de mettre de côté les rivalités politiciennes, les appétits de petits pouvoir et les postures idéologiques des uns et des autres.
Cette "chose", c'est quoi ? Ceci : la France n'a jamais quitté, à l'inverse de l'Angleterre, aucune de ses colonies de son popre gré. JAMAIS ! Elle en a toujours été chassée, le plus souvent par les armes (guerres d'Indochine, de Madagascar, d'Algérie, du Cameroun etc...) soit par la négociation (Afrique de l'Ouest). Or, le Martiniquais moyen, décervelé par des siècles d'assimilation (forcée au temps de l'esclavage ; volontaire après l'Abolition) est persuadé que si l'on formule la moindre demande d'évolution du système en place, un politicien français va débarquer un jour chez nous et proclamer :
"Il est grand temps que vous preniez votre indépendance !".
Pareille chose ne s'est jamais produite dans aucun territoire sous contrôle français et l'exemple actuel de la Kanaky (Nouvelle-Calédonie) le démontre sans discussion possible. La France souhaite tellement rester dans cette île, qui se trouve pourtant à 12.000kms d'elle, qu'elle a inventé un système juridique délirant consistant à "créer un Etat calédonien au sein de l'Etat français" (Accords de Bougival ) !!! Manière pseudo-habile consistant à gagner du temps et à mettre les autochtones, à savoir les Kanaks, encore plus en minorité qu'ils ne le sont déjà puisqu'ils ne représentent plus que 40% de la population du territoire.
Or, la Droite assimilationniste a joué et continue de jouer sur "la peur du largage" !
C'est tout à la fois malhonnête intellectuellement, indécent, voire ignoble. Elle sait pertinemment qu'aucun parti politique français, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, n'appelle à l'indépendance de la Martinique. Marine Le Pen, en nostalgique de l'Empire français, y est opposée (d'où ses risettes répétées à la population de Mayotte) tout comme y est opposé Jean-Luc Mélenchon qui se glorifie que la France soit "le 2è espace maritime du monde grâce à ses Outremers". Quel que soit ou sera le parti politique au pouvoir en France, "la Martinique c'est la France !" comme l'a déclaré Bruno Retailleau lors de sa recente visite chez nous. Le fameux "largage" est donc un mensonge, une imbécillité, que la Droite assimilationniste et une fraction des Autonomiste répèrent à longueur de temps depuis 1946.
Si jamais un jour la Martinique se séparait de la France, ce serait obligatoirement suite à une consultation ou un référendum favorable à l'indépendance. Ce ne serait aucunement parce qu'à l'Elysée, un président, de quelque soit l'appartenance politique, aurait décidé de..."larguer" notre ile. D'où notre interrogation : pourquoi aucun prof d'histoire, historien, anthropologue, juriste, économiste etc...n'a jamais expliqué aux Martiniquais cette chose pourtant simplissime ? La peur du "largage" est totalement infondée mais à cause de la malhonnêteté des assimilationnistes et l'incurie des élites intellectuelles, elle s'est ancrée dans l'inconscient de Ti Sonson. D'où ces 80% de "NON" lors de la consultation de janvier 2010 qui aurait pu permettre un tout petit début de commencement d'autonomie (Article 74). Pire : après cette consultation, aucun intellectuel ou considéré comme tel n'a pris la plume pour souligner le fait qe Saint-Barthélémy, peuplée à 90% de Blancs créoles, a bel et bien voté en faveur de l'Article 74, or, à la date d'aujourd'hui c'est-à-dire 15 ans plus tard, elle n'est toujours pas un pays indépendant !!!
Jouer sur la "peur du largage", que ce soit de manière feutrée ou ouverte, est non seulement indigne d'un pays qui a produit des Césaire, Ménil, Fanon, Glissant, Placoly et tant d'autres, mais c'est aussi insulter l'intelligence des Martiniquais.
La Martinique n'accédera à la pleine et entière souveraineté que si et seulement si LES MARTINIQUAIS LE DECIDENT.
Pas parce qu'un président ou un premier ministre français l'aura décidé.
Janmen-pa ! comme on dit en créole...
Le Réparateur-Ti- Rapporteur ,bref le demandeur de réparations sévissant sous le faux nom de A Lire la suite
Les vautours planent déjà sur Césaire-ville, impatients de s'emparer des restes d'une gestion cer Lire la suite
J'étais pourtant persuadé (grâce au dénommé TOU) que seuls les affreux musulmans sont capables de Lire la suite
...et ferme-la ! Tes leçons wikipédiesques, personne n'en a rien à cirer. Lire la suite
Hi Hi Hi !!! Bien évidemment mon commentaire intitulé “On demande des réparations aux Turcs ? Lire la suite