Machination au sein du prix Goncourt : pourquoi Thélyson Orélien a été écarté, et Yannick Haenel épargné ?

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Le 25 septembre 2026, l'Académie Goncourt annonçait le retrait de ''C'était ça ou mourir'', de Thélyson Orélien, de sa première sélection. Dans son communiqué, l'institution justifiait cette décision par la volonté de préserver l'intégrité du prix, après une double mise en cause : des soupçons de recours à l'intelligence artificielle, relayés par un compte anonyme s'appuyant sur le logiciel Pangram, et des accusations de plagiat portant sur des textes plus anciens de l'auteur, publiés il y a plus de dix ans au Canada. En quelques jours, l'écrivain canado-haïtien, révélation de la rentrée et lauréat du prix du roman Fnac, s'est retrouvé hors course.

Cette célérité mérite d'être mise en regard d'un autre dossier, qui se déroule au même moment, sous les yeux de la même Académie Goncourt, mais que celle-ci semble ne pas voir. Yannick Haenel figure lui aussi dans la première sélection du Goncourt 2026, pour ''La solitude des professeurs est infinie'' (Gallimard). Or, ActuaLitté a révélé il y a deux semaines une troublante proximité entre ce roman et ''Grand Poisson'', de Fabrice Sanchez (Plon, 2025) : un manuscrit de ce dernier, refusé par un éditeur de la maison Gallimard, aurait circulé en interne avant que Yannick Haenel ne publie, un an plus tard, un texte partageant avec lui des scènes, des motifs et des références étrangement proches. L'enquête ne conclut pas à la contrefaçon, faute de preuve que Yannick Haenel ait eu matériellement accès au texte de Sanchez, mais les faits ont été rendus publics sans qu'aucun communiqué de l'Académie n'y ait répondu, et sans que le roman n'ait été inquiété dans la course au prix.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'intégrité d'un texte de Yannick Haenel est mise en question. En 2007, la romancière Alina Reyes l'avait publiquement accusé de plagiat au sujet de son roman Cercle (Gallimard), pourtant récompensé cette année-là par le prix Décembre et le prix Roger Nimier. Deux ans plus tard, Claude Lanzmann, réalisateur de Shoah, accusait également Yannick Haenel d'avoir puisé sans autorisation dans les dialogues de son film et d'avoir déformé la vérité historique de son personnage-titre. Ni l'une ni l'autre de ces controverses n'a empêché la suite de la carrière de l'auteur, couronné depuis par l'Interallié, le Fnac et le Médicis.

Si l'on retire le roman de Thélyson Orélien pour des suspicions et des allégations de plagiat, actuelles et anciennes, cela devrait suffire à appliquer la même règle à Yannick Haenel.

Il appartient donc à l'Académie Goncourt, qui revendique dans son communiqué la volonté de « préserver l'intégrité du prix », de clarifier, une fois pour toutes, si cette exigence vaut pour tous les noms de sa liste, ou seulement pour certains d'entre eux.

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