Prendre le gouvernement français au mot

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   Nos chers autonomistes antillais, quoique régulièrement "au pouvoir" dans nos instances locales depuis plus d'un demi-siècle, n'ont jamais cherché ni à formaliser (à travers un programme concret et chiffré) ni à faire avancer leur principale revendication.

   Leur prétendue principale revendication : L'AUTONOMIE.

   Aujourd'hui, ils font face à un gouvernement français dont la plupart des membres, beaucoup trop jeunes, à commencer le président Macron, n'ont pas connu la période des guerres coloniales et n'ont donc pas la nostalgie de la "grandeur de la France de Dunkerque à Tamanrasset" comme leurs prédécesseurs De Gaulle, Pompidou, Giscard ou Mitterrand. Mécaniquement, ils ont certes poursuivi chez nous la politique d'assimilation et en Afrique la tristement célèbre "Françafrique", mais il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de reconnaître qu'ils cherchent à en sortir sans trop de dommages collatéraux pour eux. D'où la multiplication des rencontres, colloques etc... organisés par Macron avec la jeunesse africaine. Dans l'espoir sans doute qu'entre "jeunes", ils finiront par se comprendre...

   S'il fallait se convaincre de tout cela, rappelons-nous la bourde de Macron lorsqu'en visite en Guyane en 2017 , il l'avait qualifiée d'île :   

     "Ce qu’il se passe en Guyane, en effet, depuis plusieurs jours est grave, grave en raison des débordements et donc mon premier mot est celui d’un appel au calme parce que je crois que bloquer les pistes d’aéroports, bloquer les décollages, parfois même bloquer le fonctionnement de l’île ne peut être une réponse apportée à la situation." 

    Voici donc qu'aujourd'hui, Sébastien Lecornu, ministre de l'Outremer, dans une adresse télévisée, vient d'évoquer la notion d'autonomie de la Guadeloupe. Il précise qu'il s'agit là d'une demande d'élus guadeloupéens qu'il a rencontré ces jours derniers. On n'a pas souvenir que pareille demande ait jamais été faite par un quelconque parti politique à aucun des gouvernements français qui se sont succédés tout au long de la Vè République. A commencer par le plus important parti politique autonomiste antillais à savoir le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) qui dirige la capitale de la Martinique depuis... trois-quarts de siècle ! Et qui, aujourd'hui, dirige la Collectivité Territoriale de la Martinique. A la vérité, le PPM a toujours fonctionné sur un double langage : autonomiste en Martinique ; assimilationniste en France. Compère-lapinisme érigé en doctrine en quelque sorte...

   Mais désormais le roi est nu ! Les "jeunes gens" qui dirigent désormais la France (Macron, Véran, Attal, Lecornu etc.) semblent prêts à sortir de la nostalgie coloniale de leurs aînés et ne craignent pas de mettre le mot "Autonomie" sur la table. Mot tabou durant des décennies car préfigurant, tôt ou tard, une idée encore plus taboue : celle de l'Indépendance. Prenons ces jeunes gens au mot puisque nous avons été incapables de faire valoir la nécessité du desserrement progressif des liens entre les "Isles Françoises de l'Amérique" et la "métropole" ! Le PPM, principal promoteur de l'idée d'autonomie, se doit de sortir du bois. Il n'a pas d'autre solution. Il n'a aucune porte de sortie compère-lapiniste comme à son habitude car il faut se garder d'oublier qu'en 2010, il avait appelé à voter "NON, anbafey, à la consultation sur l'Article 74 qui aurait permis un tout petit début de commencement d'autonomie.

   Macron vient de piéger les autonomistes antillais. A commencer par le PPM !

   Mais, ce faisant, il piège également les indépendantistes martiniquais lesquels, eux aussi, à différentes époques, ont eu entre leurs mains le pouvoir local et dont on ne sache pas qu'ils aient réclamé, sur les bancs de l'Assemblée nationale par exemple, la fin de la tutelle quadri-séculaire de la France sur la Martinique. A la vérité, ils ont agi comme les Autonomistes, exactement comme ces derniers : indépendantistes en Martinique ; muets sur l'indépendance en France. Se justifiant à l'aide d'une idée loufoque : "C'est le peuple qui décide". A ce compte-là, Castro n'aurait jamais renversé le régime de Battista, le Vietminh et FLN algérien n'auraient jamais déclenché la lutte armée, le Maroc et la Tunisie n'auraient jamais demandé la fin du protectorat français et Sékou Touré, en Guinée, n'aurait pas infligé un "NON" cinglant au général De Gaulle. 

   Nous ne pouvons pas passer notre vie à dénoncer le colonialisme français, à nous proclamer autonomistes ou indépendantistes et pour certains, à vomir "les Blancs" tout en exigeant de ces derniers, soit sur le mode syndical soit sur le mode lumpen (casseurs etc.), des avantages...français : subventions aux patrons békés et noirs, 40% pour les fonctionnaires, RSA et CMU pour les défavorisés, "maintien des avantages acquis", "rattrapage avec la métropole" etc...

   Ce bal masqué doit finir et si c'est l'Etat français qui doit jouer le dernier morceau, eh bien qu'il le fasse ! Tant pis pour nous et surtout pour nos élus (es) qui se sont montrés en-dessous de tout depuis 1946. Alea jacta est, comme on dit en créole...

Commentaires

C'est exact.

MonOeil

27/11/2021 - 15:41

C'est exact de dire que les jeunes dirigeants français n'ont plus la même perception de l'Outre-Mer que leurs aînés. Devant des ultramarins qui refusent la vaccination, tombent malades puis qui insultent les soignants qu'on leur envoie en renfort, détruisent les pharmacies et paralysent l'hôpital, ils ont la tentation de dire : "Après tout, qu'ils fassent ce qu'ils veulent".
En plus, le rapport de force avec police et gendarmerie s'inverse. On tire à "balle réelle" sur les forces de l'ordre qui ne peuvent répliquer de même, par crainte de tuer quelqu'un, ce qui générerait une situation imprévisible.
L'attitude face à l'Algérie est claire. Macron reconnaît que la colonisation de l'Algérie fut un crime mais "en même temps", il ne veut plus entretenir la "rente mémorielle" dans laquelle l'Algérie s'est installée, selon lui.
La nouvelle génération de dirigeants français, tournée vers l'Europe, n'a plus la mauvaise conscience qu'exploitent les mouvements pour les réparations.
En revanche, les politiques martiniquais restent dans une sorte de "rente"., alors que les deux voies possibles sont incompatibles. La première, est de dire que la Martinique est française et qu'on y applique la loi française, point barre. La deuxième, est de dire que la Martinique est indépendante et qu'on y applique la loi martiniquaise, point barre.
Un ennui est que personne n'a étudié le fonctionnement des pays indépendantes de la région pour voir comment il serait possible d'orienter l'indépendance de l'île, si c'est cette voie qui est choisie.

LA CARAIBE INDEPENDANTE...

Albè

27/11/2021 - 20:06

...n'intéresse pas nos élus indépendantistes ! Savent-ils, pour ne prendre ce seul exemple, que Surinam a célébré son indépendance il y a deux jours. Le 25 novembre dernier très exactement. Il est permis d'en douter.

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