Thaïlande : hymne aux femmes et à la ruralité

Patrick Chesneau

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    Au pays du sourire, la journée des droits des femmes prend un  relief particulier pour les millions de femmes des campagnes. Elles en sont l'âme et la force motrice. Bien qu'elles n'aient pas, seules, l'apanage d'une vie rude, rugueuse, parfois rudimentaire, les cas abondent dans lesquels la campagne est encore synonyme de dénuement. Parfois de pauvreté. 

   La Thaïlande profonde. Économie de subsistance. 

   Au demeurant, on ne peut éluder un constat initial au chapitre des apparences: chez les femmes de l'arriére-pays siamois, la grâce semble innée. Les regarder est une récompense esthétique. En toutes circonstances, on observe leur goût pour une mise soignée. Élégantes, coquettes, pétulantes. 

   Même au sortir des travaux des champs. 

   En rizières et autres productions culturales. 

   Une gestuelle parfaitement banale devient miraculeusement une chorégraphie subtile et délicate. La douceur en mouvement. Doublée d'une ductilité étonnante. Vibrionnantes d'activités car leur revient la lourde charge d'assurer l'équilibre budgétaire du foyer. Souvent mono-parental. Les légendaires single moms ( mères célibataires ) sont, au moins par nécessité, des ruches bourdonnantes. Comment financer les besoins essentiels de la vie domestique? Alimentation et consommation usuelle, dépenses vestimentaires, frais de santé et d'éducation de leur progéniture et, par extension, de leurs proches car, en ce Royaume où la solidarité est une vertu cardinale, rien ne s'envisage indépendamment du cercle le plus familier:  parents et famille élargie. A chacun, il faut garantir l'essentiel, un seuil de confort minimal. Pourtant, dans la succession des tâches du quotidien, ce qui pourrait ressembler à une routine fastidieuse est toujours éclairé par une authentique aménité. Aucune ingénuité. En revanche beaucoup de fraîcheur. Les femmes des terroirs confèrent une patine unique au présent, ce qui propulse cet exercice  périlleux jusqu'à une dimension presque intemporelle.

   Transbahutant avec elles l'idée de la permanence, l'avenir placé constamment en ligne de mire. Contrairement à des clichés fort tenaces ancrés dans les représentations véhiculées par les étrangers, il y a certes une appétence pour la légèreté chez les femmes du peuple mais rien qui soit assimilable à de l'insouciance et de l'imprévoyance. Être enjoué( e) est une caractéristique incluse dans la " thainess " ce corpus de valeurs façonnant l'identité thaïe. Cette primauté accordée à l'optimisme et au volontarisme est source d'énergie. Femmes battantes, dont la bravoure inaltérable ne peut être que réconfortante. Entre impromptu et prévision, les femmes du dur labeur se coltinent toutes sortes de vicissitudes et s'échinent à enjamber les embûches de la vraie vie. Avec la volonté farouche de s'en affranchir. Elles les surmontent d'ailleurs, à coup de ténacité. De débrouillardise. D'ingéniosité. Elles élèvent leurs enfants avec dévotion et prennent soin de leurs proches avec dévouement. 

Ne rechignant pas au sacerdoce.

   Vaillantes, charmantes, volontaires et, en même temps très réfléchies. En thaï, on dirait qu'elles sont  " rapitchop"  ( prononcer ra-pi-tchoppe ). Conscientes et éminemment responsables. Ce qui ne les empêche en rien, il faut y revenir, d'être conjointement de formidables dispensatrices de bonne humeur, d'espièglerie, de frivolité.  Trouvant avec une rare constance le point d'équilibre entre plaisirs et devoirs harassants. 

   Elles s'efforcent avec une stupéfiante détermination de surmonter les contradictions qui encombrent le précipité des jours. Les difficultés ne peuvent résister à une action résolue. Des femmes thaïes, il est aisé de dire qu’elles sont à la fois spontanées et très organisées. Leur sens pratique fait merveille. Inébranlables de persévérance dès lors qu'elles s'attachent à construire leur espace de bonheur personnel au prix d'une patience infinie. Sans ignorer le collectif. Agissant de concert pour elles-mêmes, pour leurs familles et pour ceux qu'elles chérissent. Créatures d'affection, de tendresse, de sensualité.

En Thaïlande, le féminisme a la densité de la vie humaine. C'est une saveur. Une onctuosité imperméable aux menues avanies. Rien n'est frelaté. 

   La réalité est faite de maintes corvées. Elles s'en saisissent comme d'un diamant brut à polir inlassablement.

   Les femmes thaïes y parviennent grâce à leur propension naturelle à générer de  l'amour. 

A dose massive en toutes circonstances.

 

Patrick Chesneau

 

Remerciement aux auteurs des photos

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