Un billet-Baccha-Festival (/Mercury Beach) : 100 euros ; un ticket de bus (ou de TCSP) : 2,10 euros

Rubrique

       Sortons la calculette : un seul billet de n'importe lequel des festivals qui ponctuent "l'été" martiniquais, soit un peu plus de 100 euros, équivaut à 50 voyages en bus ou en TCSP.

        Oui, 1 seul billet d'entrée !!

        Or, presqu'aucun passager du transport public ne paie sa place, surtout dans le Centre qui est la région la plus peuplée de l'île aux fleurs fanées. Résultat des courses : ledit transport public entraine 165 millions d'euros de dépenses contre seulement 11 millions d'euros de recettes. Les économistes appellent cela un déficit, nous préférons l'appeler un foutage de gueule ! Dans aucun pays de la Caraïbe indépendante, on ne voyage gratis (même pas à Cuba, pourtant communiste !). 

          Alors on invoquera "la vie chère" pour justifier le non-achat de tickets (à 2,10 euros !) mais comment expliquer que l'on puisse débourser plus de 100 euros pour n'importe quel événement festif ? Qu'on ne nous raconte pas de blagues : la dizaine de milliers de gens qui assiègent la Baccha Festival, l'Appaloosa, la Mercury Beach ect...ne sont pas des jeunes Békés. Déjà la communauté béké ne compte que 3.500 personnes dont un tiers sont des vieux et un autre tiers des enfants. Ce sont donc bien des Martiniquais bon teint (et pas mauvais teint, Lol !) qui ne rechignent pas à mettre la main à la poche dès qu'il s'agit de "soukwé" son arrière-train. Et ce sont les mêmes qui refusent d'acheter un ticket de bus à 2,10 euros !!!

    Répétons-le : un billet de festival à 100 euros correspond à 50 voyages en bus.

    Alors à qui la faute, se demandera-t-on ? 

    Aux politiques évidemment ! Mais pas pour les raisons que l'on évoque habituellement : incapacité à gérer, gabegie, malversations etc...Tout cela existe certes et doit être pointé du doigt, puis sanctionné soit par les urnes soit par la justice. Mais la vraie responsabilité des politiques dans cette affaire tient à une raison que personne ne veut regarder en face : l'infantilisation du "citoyen martiniquais". Déjà qu'ils et elles parlent de "citoyens martiniquais" n'a aucun sens puisque la Martinique n'est pas indépendante et donc ne comporte que des "citoyens français". Parle-t-on de "citoyens bretons" ou de "citoyens normands" ? Non ! Parler de "citoyens martiniquais" revient donc à flatter le nationalisme de pacotille de ces derniers. 

     Cette infantilisation, qui touche tous les secteurs, et pas seulement celui des transports, consiste à faire croire aux Martiniquais que tout leur est dû. Cela sans jamais mettre sur la table la question du "combien coûte ce dû". D'où le fait que tel "citoyen" va protester parce que la route qui passe devant chez lui a des trous, tel autre va vitupérer contre les coupures d'eau alors qu'il lave sa voiture deux fois par semaine (contre une fois par mois seulement dans l'Amère-patrie !) ou tel autre encore va dénoncer l'attente trop longue dans le service des urgences de tel hôpital (alors que ce service est souvent débordé à cause des criminels de la route puisqu'apparemment, les "citoyens martiniquais" ne savent pas que la loi a changé et que le "délit routier" a été instauré).

    Bref, on est dans la rouspétance généralisée ! 

    Résumons alors le problème : un billet de festival à 100 euros permet d'en profiter pendant 4 ou 5h de temps ; la même somme permet 50 voyages en bus et donc de voyager pendant 1 mois. Nos politiques, de tous bords, seraient bien inspirés de cesse de flatter leur électorat et de mettre en avant la notion de responsabilité à la fois individuelle et collective. 

    NB. Au fait, à l'époque lointaine des "taxi-pays", puis des "tonbé-lévé", tous les passagers payaient leur place...

Connexion utilisateur

Commentaires récents