Yan Monplaisir et les autres, sachez que ce qui est réparable est parfaitement quantifiable !

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      Dans un communiqué (cf. ci-après), le maire de Saint-Joseph écrit à propos de l'esclavage : "Aucune compensation ne pourra jamais réparer totalement ce qui a été détruit".

      Puis, évoquant Aimé Césaire, il ajoute que "la mémoire de l'esclavage dépasse toute logique comptable". Il ont tout les deux raison : on ne peut pas évaluer le prix du le viol d'une esclave à peine nubile ni celui des coups de fouet infligés à un esclave rétif aux yeux de ses maitres ni les jarrets des Nègres-marrons que l'on coupait ni le supplice du tonneau (l'esclave y était enfermé, le tonneau clouté, puis poussé du haut d'une pente). On ne peut pas non plus évaluer la perte des langues, des croyances religieuses, des pratiques médicinales, des techniques agricoles etc... 

     Mais on peut parfaitement évaluer les millions d'heures de travail non-payées effectuées par les esclaves pendant 3 siècles dans les plantations des Békés. 

     On dispose d'archives de quasiment chaque plantation, on sait le nombre d'esclaves qui y travaillaient, on connait le tonnage de sucre produit chaque année et exporté en France, on sait aussi à quel prix il était vendu sur le marché français et combien il a rapporté aux planteurs, aux négociants de Saint-Pierre et Fort-de-France ainsi qu'aux armateurs de Nantes, Bordeaux et La Rochelle. 

   On peut donc parfaitement évaluer tout cela de même que les millions d'heures de travail non-rémunéré qui fut imposé à nos ancêtres. 

    C'est cela qui devra faire l'objet non pas de "réparations" mais de "remboursement". 

    Le terme "Réparations" est lié au pathos, à la déploration, à la victimisation alors que le terme "Remboursement" est dénué de pleurnicheries. Il renvoie à une réalité à la fois banale et universelle : tout travail doit être rémunéré. Point à la ligne.

    Les Békés d'aujourd'hui ne sont pas "coupables" des crimes commis par leurs ancêtres mais ils en sont "comptables". Comptables au sens le plus pécuniaire du terme ! L'Allemagne a remboursé les Juifs après la Deuxième Guerre Mondiale : 3 milliards de marks. L'Etat français et les Békés doivent eux aussi rembourser.

    Non pas "réparer" mais "REMBOURSER" !...

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