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Voici un bref compte-rendu de la très sympathique manifestation tenue le jeudi 25 juin dernier aux Archives Territoriales de la Martinique. La conférence autour d'Omeros, l’œuvre majeure du poète Derek Walcott, prix Nobel de littérature 1992, avait pour sous-titre « Quand la littérature devient mémoire et affirmation caribéenne ».

Affiche de la conférence de Franck COLLIN
Le comparatiste Franck Collin, maître de conférences HDR à l’Université des Antilles, y a présenté le parcours du poète sainte-lucien, puis introduit Omeros, cette oeuvre incontournable et considérée, à juste titre, « comme un véritable plaidoyer pour l’histoire, la mémoire et l’identité de la Caraïbe », puisque Walcott installe ses protagonistes principaux – qui portent des noms des héros de L'Illiade et de L'Odyssée (Achille, Hector, Hélène, Agamemnon...) – dans un contexte caribéen couvrant trois siècles d'histoire.
À l'entrée de l'auditorium : Dominique BERTHET (PR à l'INSPE), Karole FONTAINE (Dir des ATM), Franck COLLIN (MCF à l'UA), Charles W. SCHEEL (Pr. Émérite à l'UA)
Le conférencier parlait en connaisseur intime de la cause, puisqu'il a traduit cet immense poème et rédigé les notes critiques de son édition bilingue, publiée en mars dernier par les éditions Classiques Garnier à Paris*. Cette première traduction en français (après quelque dix traductions dans d'autres langues depuis 1993) donne une visibilité longtemps attendue à un écrivain méconnu en France alors que son île natale se trouve à quelques encablures à peine au sud de la Martinique dans la mer des Caraïbes.
Avant de céder la parole au conférencier, Karole Fontaine, directrice des ATM, a chaleureusement remercié la SAA (Société des Amis des Archives de la Martinique) pour leur soutien de la manifestation. C'est peu dire que le public était « averti » des mille et une facettes des cultures des Antilles, et curieux d'en apprendre plus sur l'écrivain qui a tant fait pour la gloire d'une île si proche – notamment par son créole – mais aussi si lointaine, puisque sa langue officielle est l'anglais.
Franck Collin a présenté le parcours très dense du poète, dramaturge et metteur en scène Derek Walcott, entre sa naissance et sa mort à Sainte-Lucie – via la Jamaïque, Trinidad, les EUA, le RU et le Canada – avant d'expliquer les multiples défis posés par la traduction d'un texte aussi riche et complexe que son chef d'oeuvre.
La discussion avec le public – incluant des échanges sur la question du créole avec Térèz Léotin, écrivaine martiniquaise récemment promue chevalière des arts et des lettres de la République – a été très animée, et la soirée s'est terminée avec la dédicace par Franck Collin des quelques exemplaires du volume qu'il a pu transporter sur le lieu de la manifestation.
De gauche à droite : Franck COLLIN (MCF à l'UA), Karole FONTAINE (Directrice des ATM), Micheline MARLIN-GODIER (Présidente de la SAA), Marie-George NICAR (Trésorière-adjointe de la SAA) et Nicole AMINGO (Vice-présidente de la SAA)
C'est un livre dense. Sur les 771 pages du volume, 35 sont consacrées à une introduction très éclairante, 652 au 7 « livres » d'Omeros, divisés en un total de 64 chapitres. Le poème est imprimé en anglais sur les pages verso, et en français sur les pages recto, ce qui permet la comparaison commode des deux versions. Le texte est suivi par 15 pages de synopsis des chapitres, de 16 pages de bibliographie, et de 22 pages d'index divers (des personnages, des toponymes, des peuples, des plantes, des animaux, des auteurs, des œuvres et des notions).
Associé à la manifestation, en tant que lecteur à haute voix de quelques extraits du poème dans leur anglais d'origine, je répète ici les compliments sincères que j'ai exprimés au traducteur et éditeur d'un ouvrage impressionnant, produit en sept ans de travail minutieux. Nul doute que sa lecture – de préférence en portions mesurées pour déchiffrer, sans overdose, une langue savoureuse – procurera de longs délices !
Charles W. Scheel
Professeur émérite de littérature américaine
Université des Antilles
*Derek Walcott, Omeros (édition et traduction de Franck Collin), Paris, Classiques Garnier, collection « Littératures du monde », n° 61, 2026, 771 p.
« Omeros (1990), le poème océanique de Derek Walcott, réinvente une épopée nouvelle et pacifique avec des personnages d’une grande force – Helen, Achille, Hector, Philoctete – qui montre leur résilience face à l’Histoire, et oblige le vieux poète grec à venir dans la Caraïbe. »
PS Toutes mes excuses à Térèz Léotin dont le nom devrait apparaître dans la légende de la dernièr Lire la suite
...de l'islamisme aux Comores alors qu'ils le dénoncent en France ?
Lire la suiteL'islamophobe hystérique qu'est Yug-Troyag-Yog (celui qui change de pseudo comme ma grand-mère ch Lire la suite
bien au contraire.
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Comme ,il fallait s'y attendre aucune protestation SIGNIFICATIVE contre ce déferlement de haine x Lire la suite
...lire Chapoutot et d’autres. Mais là vous mélangez les choses... Lire la suite
... De l’historien Pascal BLANCHARD, que vous connaissez sûrement ? Et de Louis SALA-MOLINS?... Lire la suite
le génocide est une entreprise capitaliste. Lisez Chapoutot et Ingrao
Lire la suite
toute l'histoire de l'esclavage racontée est fausse.
Lire la suite
...a obtenu une autorisation exceptionnelle de sortie de son EHPAD et donc il recommence à faire Lire la suite
Commentaires
Erratum
Charles W. Scheel
03/07/2026 - 11:50
PS Toutes mes excuses à Térèz Léotin dont le nom devrait apparaître dans la légende de la dernière photo : elle est au premier rang, à droite de Karole Fontaine.