Mercredi 5 juillet, peu avant minuit, l'Assemblée de Corse a adopté la délibération sur l'autonomie. Le texte, qui sera remis au gouvernement, a été voté par 46 conseillers territoriaux. Côté nationalistes, seule Josepha Giacometti-Piredda s'est abstenue. À droite, à l'exception de Pierre Ghionga qui a voté pour, tous les conseillers d'Un soffiu novu ont rejeté ce document qui sera transmis au ministre de l'Intérieur.
Cette nuit, l'Assemblée de Corse adopté par 46 voix la délibération en faveur d’un statut d'autonomie pour la Corse.
À l'issue du vote, vers minuit, les élus de la majorité territoriale, d’Avanzemu, de Core In Fronte ainsi que Pierre Ghionga se sont levés et ont applaudi. Une manière de conclure deux jours d’intenses débats et de tractations en coulisse.
Composé d’une quinzaine de pages, le document adopté définit le projet d’autonomie souhaité, les transferts de compétences envisagées ainsi que les moyens pour y arriver, notamment par le biais d’un référendum et l’inscription d’un titre spécifique dans la Constitution française.
Si la notion d’autodétermination ne figure pas dans le texte qui sera remis au ministre de l'Intérieurt, une clause d’évolution possible du statut dans les quinze ans est inscrite dans ce projet final qui reprend les principales orientations des contributions des nationalistes ainsi que celle de Pierre Ghionga.
Le reportage de Pierrick Nannini, Stéphane Poli et nos équipes :
Présente tout au long des tractations, Josepha Giacometti-Piredda a finalement décidé de ne pas voter le texte car il respecterait, selon elle, les lignes rouges instaurées par le gouvernement. L’unique représentante de Corsica Libera dans l’hémicycle a donc choisi de s’abstenir au moment du vote.
Ayant prévu initialement de s’abstenir aussi dans l’espoir d’un pacte de non-agression, les 16 conseillers territoriaux d'Un Soffiu Novu ont finalement voté contre ce projet.
En cause, la décision des groupes de la majorité, de Core In Fronte et de Josepha Giacometti-Piredda de faire tomber la motion de la droite, rejetée quelques minutes plus tard.
Si, désormais, la balle est dans le camp de Paris - qui aurait, selon nos informations, tenté de peser durant ces deux jours de session -, cette séquence laissera sans doute des traces dans la classe politique insulaire.
Première conséquence : Pierre Ghionga a décidé de quitter le groupe "Un soffiu novu".
Autre question : l'union ponctuelle des nationalistes, sur un document aussi important, laisse-t-elle entrevoir les bases d’un réel accord politique qui pourrait s’avérer primordial dans les discussions avec Paris ?
Une première réponse pourrait peut-être être apportée lors d'une prochaine réunion entre le ministre de l'Intérieur et les élus corses. Reste à savoir quand celle-ci aura lieu...
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