11 ans avant qu'hélas, la mort mette fin à son séjour terrestre (en 2017), des créolistes et universitaires de tous pays avaient rendu un vibrant hommage à Jean Bernabé et au travail colossal qu'il a abattu en faveur de celle qu'il nommait joliment "notre langue matricielle".
Coordonnés par Robert Damoiseau et Raphaël Confiant, ces Mélanges offerts au Pr Jean Bernabé et publiés en 2006 aux éditions Ibis Rouge (Guyane) ont rassemblé une soixantaine de communications parmi lesquelles celles de Pierre Vernet (Haïti), Serge Mam-Lam-Fouck (Guyane), Jean Benoist (France), Ralph Ludwig (Allemagne), Salikoko S. Mfwene (Congo), Dennis Philps (Angleterre), Kunio Tsunekawa (Japon), Daniel E. Moren (Etats-Unis), Alan Yacou (Guadeloupe), Pedro Urena Rib (République Dominicaine), Daniel Lauret (La Réunion), Clairis Cristos (Grêce) etc....
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4è de couverture de l'ouvrage :
Si ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler la créolistique fut longtemps l'apanage de savants non-originaires des territoires où la langue créole est en usage, il convient de remarquer que les natifs ne se sont jamais désintéressés de l'étude de cette dernière. C'est ainsi que la toute première grammaire de cette langue fut l'œuvre du Trinidadien John Jacob Thomas en 1869 et que, depuis lors, cela de manière régulière, des études les plus diverses ont vu le jour telles que celles du Guyanais Alfred de Saint-Quentin (1873), du Guadeloupéen René de Poyen-Bellisle (1890) ou encore de la Martiniquaise Elodie Jourdain (1951).
Jean Bernabé, agrégé de grammaire, docteur d'Etat en linguistique, s'inscrit, à compter des années 70 du XXe siècle, dans cette tradition qu'il vient à la fois conforter et bousculer. Conforter parce qu'il est le père fondateur des études créoles au sein de l'Université des Antilles et de la Guyane (l' UAG), et qu'il n'a jamais ménagé ses efforts pour qu'un véritable cursus académique créole y soit établi : licence de créole (1993), maîtrise de créole, KEA et doctorat en " Langues et Cultures Régionales-option créole ". Jean Bernabé fut à l'origine de ces formations désormais reconnues, lesquelles se sont concrétisées en l'an 2000 par la création du CAPEs de créole pour lequel s'est battu le groupe de recherches qu'il dirige depuis plus de trente ans, le GEREC-F (Groupe d'études et de recherches en espace créole et francophone). Bousculer parce que fort de son ancrage dans la grammaire générative et dans la sociolinguistique tout à la fois, il a su jeter un regard neuf non seulement sur la syntaxe des créoles martiniquais et guadeloupéen, mais aussi sur les rapports de force entre créole et français dans l'écosystème langagier de nos pays, renouvelant au passage les concepts d'emprunt, de continuum, de diglossie et, plus récemment, d'écologie linguistique.
Il est aussi le créateur de la première graphie phonético-phonologique pour le créole des Petites Antilles et de la Guyane, la plus utilisée de nos jours, graphie connue du grand public sous le nom de " Système-GERFC ". et hommage à l'arpenteur inspiré qu'il fut, et continue d'être, n'est pas un exercice de pure forme, mais bien un témoignage du respect et de l'admiration que portent ses collègues de diverses universités à travers le monde, à quelqu'un qui sut être, dans le même temps, un scientifique de haut niveau, un administrateur (il fut dix ans durant doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'UAG) ainsi qu'un éveilleur de conscience. Que seraient les études créoles sans les travaux déterminants de Jean Bernabé ? Depuis bientôt quatre décennies, ceux-ci n'ont de cesse de féconder les recherches non seulement des créolistes établis mais également d'un nombre impressionnant de jeunes chercheurs auxquels nous avons tenu à donner la parole. Jean Bernabé a toujours eu le souci de la relève, et à l'heure où sa génération se prépare à prendre une retraite bien méritée, loin de poser sa plume, voici qu'il entame une déjà brillante carrière de romancier, renouant ainsi avec l'une de ses premières amours : la littérature.
Co-auteur enfin, avec P. Chamoiseau et R. Confiant de l'Eloge de la Créolité (1989), il fait la preuve que les études académiques ne sauraient aucunement être séparées d'une réflexion plus globale sur le devenir de ces organismes fragiles que sont les sociétés créoles dans un monde où les identités sont violemment questionnées par l'inexorable effacement des frontières entre les langues, les cultures et les peuples.
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Ti pé traduire pou' moi, sitèplé !
Lire la suiteJe répond à cet étron qui comme marco rubio se glorifie des crimes de ces
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...l'article ce truc de "Français qui ont commencé avant les Allemands" ? Lire la suite
Les français ont commencé avant les allemands
pays de merde!
...jamais entendu ni lue celle-là! Lire la suite
Grâce à la rubrique "Commentaires" de FONDAS (organe de presse lu seulement à Fond-Zombi et en Mo Lire la suite
En 2035 ,la Mque sera française depuis 4 siècles révolus. Lire la suite
Un "castré" qui gère 8 milliards de dollars ? Lire la suite
Vous avez remarqué le nombre de Nègres-prétextes dans les pays arabes ?
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Commentaires
En dépit de ce travail considérable...
Frédéric C.
14/04/2026 - 20:13
...il m’a été donné de constater dans les années 1980*, pendant mes études de droit sur le campus de Schoelcher, que Jean BERNABÉ était un homme très abordable, très simple, ne se haussant guère du col. Je n’étais pas parmi ses étudiants (mais un des "responsables étudiants" d’une association étudiante du campus), mais quand on se croisait on se saluait et il semblait très respectueux... la dernière fois que je l’ai vu c’était à Paris il était pressé mais il me salua quand même... Pour moi, à l’époque le GEREC c’était surtout des gens comme Léotin, Lambert-Félix Prudent, R.Confiant, S.Domi, Pierre Pinalie... Ce n’est que plus tard que m’arrivèrent l’Eloge de la Créolité, et surtout la fonction de "pilote-coordonnateur" du groupe exercée par J.Bernabé... Un de mes rêves, ce serait que TOUS les intellectuels Mquais et Gpéens deviennent aussi simples et abordables pour les plébéiens et ignares que nous sommes tous dans un domaine ou un autre: ça "boosterait" l’envie d’apprendre dont nous avons tant besoin... Hélas on peut toujours rêver. Le 1er prototype d’intellectuel konparézon que j’ai pu approcher était É.Glissant. Une vraie machine à envoyer des bòks!!! Apparemment il contribua à faire école: pas question de faire des jaloux, il y en a tellement... Pourquoi ces gens-là se croient-ils au-dessus des autres? Ce ne sont que des humains, quand ils vont à la selle ils sont comme tout le mondre, et ils crèveront comme tout le monde. C’est vraiment pénible! Heureusement que certains ont un comportement normal, ils sauvent l’honneur de cet "écosystème"./*le GEREC avait déjà bien avancé dans son activité ; et Grif An tè avait fait son travail de vulgarisation très pédagogique).