Un restaurant qui refuse de fermer, des militants qui parlent d'autodéfense écologique, des accusations de jets de pierres et une intervention de la gendarmerie. À La Saline, l'affaire Planch’Alizé a pris une tournure inattendue. Sur les réseaux sociaux, le débat sur l'occupation du littoral s'est transformé en affrontement entre "Zoreil" et "Zazalé".
Un débat des plus crispants à La Réunion referait-il surface ? A la base, il était question d'une plage, d'un restaurant et d'une décision préfectorale. Mais à La Saline-les-Bains, l'affaire Planch’Alizé a pris un virage que son dossier administratif ne laissait pas forcément présager.
Dimanche 1er novembre, Planch’Alizé était toujours ouvert malgré l'échéance fixée par la préfecture (on y reviendra). Des militants du collectif QG Zazalé se sont rendus sur place. La situation a provoqué des tensions et une intervention de la gendarmerie, comme l'ont rapporté nos confrères de Linfo.re et du Quotidien.
Mais que s'est-il réellement passé sur le sable ? Sur Facebook, deux récits s'opposent frontalement.
Dans le groupe "Saint-Gilles les bains 97434", une publication accuse les militants d'avoir "lancé des pierres sur des clients du restaurant", parmi lesquels "des familles et des enfants". Le message évoque également une "consommation d'alcool et de zamal sur place". Avant de qualifier le collectif de "raciste anti-zoreils" et de lui reprocher son ancienne occupation d'un rond-point (au Tampon, NDLR). Le décor est posé...
La réponse du QG Zazalé ne s'est pas fait attendre. Dans un long démenti, lundi 2 novembre, le collectif nie avoir lancé des pierres sur les clients. Et assure que son intervention consistait simplement à "disperser des morceaux de corail sur la plage", qu'il affirme avoir "été déplacés et entassés".
"Nou la armét koray zot plas natirél, si la sab", écrivent les militants. Ces derniers parlent aussi de "restauration écologique" et d'"autodéfense environnementale". Les militants assurent que "personne n'a été blessé" et ont même diffusé une vidéo pour appuyer leur version.
Le collectif accuse à son tour ses détracteurs de chercher à "criminaliser son action". En clair, l'intervention des gendarmes est clairement et frontalement dénoncée. Les forces de l'ordre sont même qualifiées de "protecteurs de l'exploitant". Les mots sont particulièrement durs. Sont notamment évoqués les "forces de l'ordre coloniales" et les "chiens de garde" du propriétaire de Planch’Alizé.
Le débat a donc très largement dépassé la question des coraux. En quelques heures, une dispute autour d'un restaurant de plage s'est donc transformée en affrontement identitaire.
Le terme "Zorey", employé dans la première publication, a rapidement pris une place centrale. Tout comme, à l'opposé, celui de "raciste anti-Zorey".
Le QG Zazalé a retourné l'accusation. Pour le collectif, défendre le domaine public maritime contre ce qu'il appelle "l'accaparement" n'a rien de "raciste". C'est, au contraire, un "combat anticolonial".
Les militants rejettent aussi l'accusation de racisme anti-zoreil, estimant que les métropolitains bénéficient d'un "système de domination". Une position politique qui leur appartient, mais qui ne règle évidemment pas la question des éventuels comportements discriminatoires.
Car les raccourcis vont dans les deux sens. "Défendre le littoral ne signifie pas être hostile aux Métropolitains. Et critiquer les méthodes d'un collectif ne revient pas nécessairement à défendre l'occupation d'une plage", nous confie un témoin sur place.
Mais sur les réseaux sociaux, comme très souvent, la nuance a parfois du mal à trouver sa place. Planch’Alizé s'est donc retrouvé le cul entre deux chaises. Pour les uns, "l'établissement symbolise une activité économique historique que l'on cherche à faire disparaître". Pour les autres, il incarne une "privatisation abusive d'un espace qui appartient à tous".
La mobilisation ne sort pas de nulle part. Le QG Zazalé s'est notamment fait connaître par son campement sur un rond-point du Tampon, où ses membres ont mené des actions pendant plusieurs années.
Dans son démenti, le collectif revient sur cette période et conteste le terme de "squat" employé par ses détracteurs. Avant de revendiquer près de "sept années de présence", durant lesquelles ce dernier affirme avoir "distribué des centaines de paniers de fruits et légumes, accueilli des personnes sans domicile et organisé différentes mobilisations".
Pour ses membres, l'affaire Planch’Alizé "s'inscrit dans la continuité de ces combats contre l'accaparement des espaces publics et les inégalités sociales".
Leur opposition ne porte d'ailleurs pas uniquement sur le restaurant. Les Zazalé contestent également le projet municipal de la future rondavelle Les Mouettes, qui doit être construite en retrait du littoral. Ces derniers réclament ainsi "une restitution de la plage à son état naturel, sans nouvelle implantation commerciale".
En face, on défend "l'histoire". Celle d'un établissement ouvert en 1982, qui revendique une cinquantaine de salariés et dont la direction redoute les conséquences économiques d'une fermeture. Sur place, on confirme "souhaiter intégrer le projet des Mouettes pour poursuivre l'activité dans un nouvel emplacement".
À l'origine, pourtant, le dossier est assez clair sur le plan administratif. Planch’Alizé occupe une parcelle du domaine public maritime sans titre depuis le 30 juin 2018. Le terrain est également classé en zone rouge du plan de prévention des risques littoraux. En mai dernier, la préfecture a donc donné six mois à l'exploitant pour démonterses installations et remettre les lieux en état.
L'échéance est arrivée le 31 octobre. Le restaurant n'a pas fermé et refuse toujours de fermer.
La municipalité de Saint-Paul, de son côté, rappelle que le projet de nouvelle rondavelle ne pourra avancer tant que le terrain actuel n'aura pas été libéré. Le maire Emmanuel Séraphin a dénoncé une "situation bloquée".
La dimension identitaire qui n'était pas aussi visible au début du dossier a bel et bien été poussée par les alizés...
...TAIT ! Lire la suite
...d'Albè", écris-tu. Laisse-moi rire ! Lire la suite
Je cite le commentaire précédent: .....la justice cherche TOUJOURS à leur trouver une excuse liée Lire la suite
...tu peux te les foutre au cul, pauvre négro-lepéniste ! Lire la suite
Contrairement à ce qu’énonce caricaturalement cet article rédigé à la va-vite ,en France, il ex Lire la suite
...la démolition mais la reconstruction à l'aide d'une architecture européenne. Lire la suite
Je me permets d intervenir car ces démolitions sont souvent réalisées soit par les propriétaires Lire la suite
La préservation de notre patrimoine martiniquais, qu’il soit antanlontan ou jòdijou, devrait être Lire la suite
On s'en fout ! Ce n'est pas LE SUJET DE L'ARTICLE. Lire la suite
Sauf que Judas vend Jésus et que c'est Pierre qui prétend ne pas le connaître.....
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