La fin de la célèbre couverture jaune au bandeau rouge ?

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       Grasset était jusqu'à ce jour l'un des fleurons de l'édition française, tout particulièrement pour ce qui est de la fiction. 

      Sa couverture jaune frappée d'un bandeau rouge, sans la moindre photo en couverture, en était le signe distinctif au point qu'il était impossible de ne pas la remarquer quand on entrait dans une librairie. Elle était, cette couverture, presque l'alter ego de la fameuse "Collection Blanche" de Gallimard dont les couvertures sont en réalité beige clair. En matière de fiction, Gallimard occupait (et occupe toujours) la première place, Grasset venant en seconde et Le Seuil en troisième (ce qui semble ne plus être le cas aujourd'hui pour ce dernier). 

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       Dans la deuxième moitié du siècle dernier c'est Yves Berger, par aillleurs écrivain bien oublié de nos jours, fasciné par les Indiens d'Amérique auxquels il consacra plusieurs romans, qui dirigea d'une main de maitre les éditions Grasset. Redoutable et redouté "faiseur de prix", il était célèbre pour son accent méridional qu'il n'abandonna jamais, accent qui détonnait dans le milieu germanopratin.    

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    Avec le nouveau siècle, c'est Olivier Nora qui le remplaça à la tête de Grasset, ouvrant cette maison d'édition à toutes sortes d'auteur très différents par le style et par le positionnement politique. Cela faisait la force de la célèbre maison de la Rue des Saints-Pères que Nora dirigea durant 26 ans. 

    Désormais, tout cet édifice éditorial est remis en cause. En effet, 115, puis 134 et désormais 172 auteurs-Grasset ont publié une lettre ouverte déclarant qu'ils quittaient leur éditeur suite au licenciement brutal d'Olivier Nora par le milliardaire Bolloré, propriétaire du groupe Hachette dont fait partie Grasset. Il s'agit de mettre au pas ce dernier, de l'aligner sur les 54 autres maisons d'édition (Fayard, Beldond, Julliard, Pocket etc...) que possède Bolloré, toutes  désormais au service d'une idéologie extrême-droitière qui ne se cache même plus. 

     Cela signe-t-il la fin d'une maison d'édition, Grasset, qui a plus d'un siècle d'existence ? Se dirige-t-on vers une mise au pas des auteurs et donc la fin du pluralisme éditorial qui avait toujours caractérisée cette vénérable maison ? 

 

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