Le sabotage des retraites est un crime contre les droits humains

CNCP

L’objectif de la soi-disant réforme que veut imposer Emmanuel Macron,  est de poursuivre le sabotage  planifié par les gouvernement adeptes de  l’ultralibéralisme. L’offensive, lancée sous l’ère  Reagan-Tatcher et menée à l’échelle planétaire, a pour but de remettre en cause toutes les conquêtes sociales qui avaient permis le développement des services publics et des système de protection sociale solidaire. L’une des conditions indispensables pour faire échec à cette offensive  réactionnaire est de mener une lutte idéologique intransigeante contre les manipulations de vocabulaire et la désinformation qui polluent le  débat.

Ainsi, sur la question des retraites, les mercenaires du système  se relaient sans discontinuer dans leurs médias pour persuader l’opinion qu’il s’agit d’une « réforme » indispensable pour sauver les pensions des générations futures et pour mettre fin à des « régimes privilégiés » dont, soi-disant, certains travailleurs bénéficieraient injustement.

*Ainsi, les compensation hautement justifiées  par la pénibilité du travail, par les sacrifices imposés dans la vie familiale, par l’apport des  mères  à la société, etc,  sont présentées comme des privilèges indus.  Par contre,  les richesses démentielles dans lesquelles se vautrent les prédateurs du système, leurs retraites  mirobolantes et leurs parachutes dorées, devraient être protégés à tout prix.

Remarquons ensemble qu’aucun de ces  journalistes, responsables politiques, économistes et autres pseudo-experts  ne subira personnellement les conséquences des mesures qu’ils  promotionnent pour le compte du gouvernement. Tous, sans exception ont des revenus confortables et auront, de toute manière, des pensions de retraite plus que convenables.

La vraie mission de ces mercenaires est de pousser l’opinion à accepter la mise  à mort du système solidaire de répartition et d’asseoir un système de capitalisation au bénéfice du monde de la finance. C’est pourquoi, au terme de « réforme » qui évoque l’idée d’un « changement profond visant à améliorer le fonctionnement », il y a lieu de substituer systématiquement le mot de « sabotage ».

Un sabotage qui se cache derrière trois mensonges cyniques

Premièrement :  Les liquidateurs prétendent que c’est pour résorber un dangereux déficit de la Sécurité Sociale qu’ils seraient contraints de s’attaquer aux droits conquis par les travailleurs. 

Pour ramener les choses à de justes proportions, signalons qu’en 2021, ce déficit était de 24,7 milliards  pour un budget annuel global de 440 milliards d’euros.

*La Sécurité Sociale  comporte 4 branches : maladie, accident du travail et maladie professionnelle,  famille  et retraites.

Dans son dernier rapport, datant de septembre dernier, le Comité d’Orientation des Retraites indiquait qu’il n’y avait rien d’alarmant pour la branche retraite de la sécurité sociale.

Mais le plus important à comprendre est que le déficit n’a rien à voir avec l’architecture du système par répartition. Au contraire, le déficit est dû, au déséquilibre induit  par les décisions politiques prises par les gouvernements successifs au nom de leur ultra-libéralisme. 

Ce qui explique les baisses de recettes et les difficultés conséquentes de la Sécurité Sociale ce sont :

-     Le dogme de la « compétitivité » qui pousse les grandes entreprises à licencier ou à délocaliser,

-  la précarisation du travail et les baisses de revenus qui en découlent (généralisation de l’intérim et de l’auto-entreprise, «ubérisation »)

-    le démantèlement des services publics qui entraîne la suppression massive des postes et le remplacement des titulaires par des contractuels corvéables et moins payés,

-     les exonérations diverses accordées aux grands capitalistes,

-     le montant important des arriérés dus par de grandes entreprises et par l’État lui-même.

 

Deuxième mensonge :  Ils  prétendent défendre les retraites  en prenant en compte l’allongement de l’espérance de vie

On sait que des données statistiques de cette nature masquent de grandes inégalités de situation et peuvent évoluer dans un sens ou dans un autre au cours d’une même décennie. Pour preuve, le niveau d’espérance de vie aux USA a régressé ces dernières années. Tous les pseudo-experts qui parlent au nom du gouvernement, savent pertinemment que dans la vraie vie, ceux qui seront impactés négativement par leur sabotage sont précisément ceux qui vivent le moins longtemps.

L’espérance de vie moyenne des hommes est de 78 ans, celle des femmes de 84 ans.

Mais c’est si cette espérance de vie est en moyenne de 76 ans pour les ouvriers, elle est 82 ans pour les cadres.

Les propagandistes évacuent totalement la question de l’espérance de vie en bonne santé. Celle-ci est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes. Par contre, la moyenne est de 59 ans pour les ouvriers et de 69 ans pour les cadres.

D’autre part, l’âge de vie en bonne santé physique et mentale se réduit pour la grande majorité, parce que la souffrance au travail devient une réalité de plus en plus prégnante - la reconnaissance du « burn-out » en est un indice - et parce que la politique de saccage des services publics de santé a pour résultat que l’on est de moins en moins bien soigné.

Quand il entend repousser l’âge du départ à la retraite et  exiger plus de trimestres de cotisation,  le véritable but du gouvernement est de faire des économies sur les pensions de retraite, d’une part en réduisant le temps durant lequel elles seront payées et, d’autre part,  en rendant de plus en plus difficiles les conditions permettant de percevoir une pension à taux plein. Ces diktats auront pour seul résultat de baisser le montant des pensions dont pourront effectivement bénéficier les travailleurs après une vie de dur labeur. On peut rappeler ici , qu’en moyenne, les seniors sont écartés de l’emploi à 58,5 ans - les entreprises se débarrassent généralement de leurs salariés avant 60 ans. Aujourd’hui 6 salariés sur 10 sont  hors emploi à l’heure de la retraite.  C’est d’ailleurs l’INSEE  qui indiquait en 2017 que : « Depuis  la loi d’allongement de la durée de cotisation en 2010 , un chômeur de plus de 58 ans a en moyenne 54 % de risques de rester sans emploi, dans l’attente d’une liquidation plus tardive de sa retraite »

 

Troisième mensonge :  Ces hypocrites osent dire que c‘est l’intérêt des générations futures qui les motive

Pour faire avaler leur mauvaise potion ils s’emploient à culpabiliser ceux qui s’opposent au sabotage. Leur argumentation se veut imparable : « Il y a de moins en moins d’actifs. Ces derniers sont  donc obligés de faire des sacrifices pour  garantir des pensions aux générations futures.  S’ils s’y refusent c’est parce que ce sont des égoïstes irresponsables. ». Il s’agit là d’une véritable escroquerie intellectuelle puisque ce sont les liquidateurs eux-mêmes qui s’emploient à faire disparaître le système de retraite par répartition et que ceux-ci savent très bien que  le système de capitalisation dont ils contribuent à la mise en place progressive, privera l’écrasante majorité des jeunes d’aujourd’hui d’une pension digne quand ils partiront à la retraite.

* Avec la retraite par capitalisation, chaque individu accumule un stock de capital, tout au long de sa vie professionnelle, afin de financer ses futures pensions ; avec la retraite par répartition, les cotisations des actifs servent à payer les pensions de ceux qui ont cotisé dans le passé. 

 

A la précarisation du travail et à la baisse des revenus dont nous avons parlé plus haut, il faut ajouter les effets à long terme du taux de chômage  intolérable qui frappe les jeunes actuellement.  Insistons sur le fait que  le système de capitalisation s’accompagne du fait que  les cotisations amassées sont de plus en plus orientées vers des institutions financières privées qui les utilisent pour spéculer. Ainsi risque-t-on de perdre toutes les sommes épargnées à l’occasion d’un krach boursiers. Aux USA, par exemple,   la crise des fonds de pension      a conduit des  milliers de retraités au  suicide.

Au bout du compte, les « réformes » de Macron ne garantiront jamais aucune pension à quiconque  sauf , bien sur, aux profiteurs du système.

 

Une succession de mauvais coups contre les classes populaires

 

Nous l’avons dit plus haut, c’est depuis plusieurs décennies qu’a été lancée l’offensive visant à détruire les services publics et la protection sociale.

Concernant la retraite précisément, le démantèlement s’est poursuivi de façon implacable. Pour diminuer le montant des pensions, l’un des coups les plus crapuleux a consisté à s’attaquer au Salaire Annuel Moyen de Base (SAMB) qui détermine le montant de la pension. Alors que, pour son calcul, on prenait en compte les dernières années de la vie professionnelle (les salaires étant plus élevés), les liquidateurs ont augmenté le nombre d’années de référence (incluant ainsi celles où l’on gagnait moins). Depuis, sabotage après sabotage, ils ont agi sur les autres paramètres qui permettent de fixer le montant de la retraite - [Taux plein ou réduit (T), durée d’affiliation (D.A.) et durée de référence (D.R.)]. Chaque fois, il s’agissait d’obliger les travailleurs à travailler plus longtemps ou de diminuer le montant des pensions ! Et chaque fois aussi, les saboteurs prétendaient  sauver les retraites ! A cet égard, force est de constater que la dynamique est restée la même sous les gouvernements dits de « droite » ou de « gauche » !

* On serait curieux d’entendre les commentaires des saboteurs sur le « Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) » mis en place en 2001 sous le gouvernement JOSPIN. Il était censé « anticiper la période comprise entre 2020 et 2040 avec une réserve financière prévue pour compenser le déséquilibre du système de retraite par répartition ».

 

Le résultat  palpable, que nous pouvons tous constater, c’est une grave paupérisation des retraités actuels et la menace d’un sombre avenir pour les générations futures.

Aujourd’hui, Macron ose revenir à la charge ! Le Président des riches est bien conscient que l’écrasante majorité de la population française ne veut pas de « sa réforme » (Certains sondages parlent de 70% de mécontents), alors ils entend passer en force. Comme le lui permet la belle « démocratie » française, il tentera de glisser déloyalement un amendement dans le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale  ou, à défaut, il dégainera le fameux article « 49.3 ». Il serait illusoire de croire qu'on pourrait ramener ce gouvernement là  à la raison.  Nous parlions d'une offensive planifiée menée au niveau planétaire  par les sbires de l'ultralibéralisme. Pour l'illustrer; nous pouvons nous référer à l'agression menée de concert par les dirigeants de l'union Européenne contre la Grèce, au moment où le peuple de ce pays avait démocratiquement rejeté les politiques d'austérité et alors que son gouvernement entendait mener une politique sociale  dans l'intérêt des couches populaires (en particulier concernant les retraites). On peut évoquer également les violentes campagnes de déstabilisation et de subversion systématiquement déclenchées contre tous les pays progressistes dans lesquels les gouvernements ont remis en cause la barbarie ultralibérale (Cuba, Venezuela, etc.)  Quand on parle de  dictature des multinationales et de  servilité des gouvernements dits "libéraux", c'est de celà qu'il s'agit.

Ce qui peut et doit absolument être fait pour sauver les retraites

On doit admettre que, malgré les luttes massives et courageuses contre le saccage social menées par les peuples de par le monde, le rouleau compresseur des saboteurs a continué à avancer sans vergogne. Cela nous enseigne  que ces luttes  menées après chaque mauvais coup,  défensivement, de façon dispersée et limitée dans le temps, ne suffisent absolument pas à enrayer la dynamique de sabotage.

Seules l'éradication du système capitaliste prédateur et l'instauration d'une véritable souveraineté populaire permettront de mettre fin au saccage ultralibéral et d'imposer une répartition équitable des richesses sociales. Alors oui, pour atteindre ces objectifs là, nous pouvons accepter tous les sacrifices!

Mais d’ores et déjà, nos mobilisations doivent avoir pour objectif d’imposer une répartition plus équitable de ces richesses sociales créées par le travail. En ce qui concerne la défense du système de retraite par répartition, par exemple, il s’agit d’imposer que son financement soit principalement assuré par ceux qui  profitent abusivement  de ces richesses.

A ceux qui manipulent l’opinion pour qu’elle accepte des sacrifices au prétexte que « le nombre d’actifs a considérablement diminué », il faut opposer la vérité des gains de productivité qui permettent aux capitalistes de faire main basse sur des profits spectaculaires.  

La seule réforme qui vaille  est celle qui permettra d’asseoir le financement de la Sécurité Sociale sur le prélèvement d’une part conséquente  des superprofits réalisés par les grandes entreprises.

La question fondamentale qui doit être posée est la suivante : « Comment la société doit-elle considérer et traiter les travailleurs et les personnes âgées ? »

Dans le cadre du système capitaliste occidental, le travailleur est considéré comme   un simple outil dont la seule fonction est de contribuer à la rentabilité de l’investissement réalisé par l’entreprise. Quand il ne peut plus être pressuré on s’en débarrasse comme d’un kleenex.  Quant aux personnes âgées, ce système manifeste un profond mépris  envers elles. Il n’y a aucune considération pour  ce qu’elles  ont porté à la société dans tous les domaines. Jetés  à la rue quand elles ne peuvent plus être exploitées au travail, avec des retraites indignes comme nous l’avons vu, elles deviennent une cible pour les capitalistes en quête de nouveaux profits. C’est ainsi qu’aujourd’hui on vante les « niches » offertes par la « silver économie ». Le récent scandale des maisons de retraite du groupe ORPEA montre bien    que toutes les solutions proposées par les capitalistes aboutissent à des déconvenues.

En clair, ce qui caractérise la civilisation bourgeoise occidentale c’est son inhumanité et sa cruauté.

Il est indéniable que dans toutes les civilisations qui ont précédé l’hégémonie de l’impérialisme occidental, avec son idéologie prédatrice, l’harmonie sociale prévalait au sein des peuples (leur permettant souvent de vivre décemment même quand des classes dominantes les opprimaient). Que ce soit sur les continents africain, américain ou asiatique la considération envers les aînés était l’un des fondements de l’harmonie sociale.  Il est notable aussi que dans les pays libérés de la tutelle impérialistes, les valeurs d’humanité et de solidarité peuvent refleurir. Aujourd’hui,  il s’agit de se battre pour cela soit partout le cas.

Exigeons que les droits au travail, à la santé, à l’éducation, à l’épanouissement, soient gravés dans les constitutions, pas simplement comme des déclarations de principes, mais surtout appuyés par des articles contraignants qui garantissent leur plein exercice.

 

La situation des retraités en Martinique

En Martinique, les retraités subissent une double peine. A l’offensive menée dans tous les pays capitalistes pour saboter les systèmes de retraite  viennent s’ajouter les conséquences de notre statut de pays colonisé.

La collusion  qui ne s’est jamais démentie entre le pouvoir colonial et les maîtres de la caste dominante béké a eu pour conséquence que l’écrasante majorité des travailleurs n’a toujours eu droit qu’à de maigres salaires. Chaque fois qu’ils revendiquaient une augmentation de ceux-ci, l’armée était dépêchée pour tirer sur eux à balles réelles. Le cas des travailleurs agricoles, les plus nombreux dans le passé, est particulièrement tragique, car souvent les cotisations sociales étaient prélevées de leur paye, mais leur travail n’était pas régulièrement déclaré. La majorité d’entre eux perçoivent des pensions variant de 200 à 700 euros alors qu’ils ont travaillé plus d’une trentaine d’années. De plus, comme tous les Martiniquais, ils sont soumis à une fiscalité française injuste et à un coût de la vie exorbitant.           

Résultat : « 53 % des 62 574 foyers fiscaux de retraités martiniquais, soit 33 164, vivent en 2010 avec un revenu moyen annuel de 6 651 €, soit 551,75 € par mois, (en dessous du seuil de pauvreté qui est évalué à 616,66  € par mois) ». Ces données  émanant de la Direction Générale des Impôts se passent de tout commentaire supplémentaire.    

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