CERTAINS DE NOS ELUS SONT-ILS DES FARCEURS ? OU « LA RESPONSABILITE A L’EPREUVE DES FAITS »

Karl Paolo

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de l’affaire « des éoliennes1 du Macouba » ? A l’époque, il s’agissait de transporter les éléments permettant le montage de ces éoliennes, entre Grand’Rivière et Macouba, via la départementale 10 gérée, par la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique).

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Commentaires

EXEMPLE ACCABLANT

Albè

05/10/2022 - 06:42

Encore un exemple accablant de l'incurie de nos élus et élues ! C'est triste, c'est navrant. Et dire que personne n'en parle, surtout pas les grands médias. Pourtant toutes ces informations sont à la disposition de nos journalistes professionnels. Sont-ils des porteurs de micro ou quoi ?

ACCABLANT OU REVELATEUR?

Karl

05/10/2022 - 19:04

Le commentaire d'Albè à ceci d'intéressant qu'il formule la question et propose une réponse.
C'était très exactement le but de mon petit article!
Accessoirement, Albè pointe les défaillances (volontaires ou non?) de notre système d'information.
Comment dans de telles conditions, faire vivre la démocratie et développer des comportements, sinon patriotiques mais au moins citoyens?
Et comment envisager l'exercice de pouvoirs par ces mêmes élus et dans les mêmes conditions?
Nous devrions collectivement méditer ceci : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
MONTESQUIEU (1689-1755), L’Esprit des Lois (1748)

ELUS AUX MAINS PROPRES

Veyative

06/10/2022 - 07:16

Au-delà de du sarcasme fort appréciée ( fête de famille à Carrère, marque de lessive pour l'écologie), à mon avis , Karl renvoie les citoyens à leur responsabilité quant au choix des élus. On avait une opportunité formidable de tout renouveler aux législatives en attendant d'autres élections; c'est raté sauf une circonscription! Peut-on faire du neuf avec du vieux?

EXCELLENTE QUESTION 'VEYATIVE"!!!

Karl

06/10/2022 - 08:59

Je me suis fait traiter de "colonialiste" par un "révolutionnaire professionnel" parce que je mettais le doigt sur ce qui ne va pas et qui doit impérativement changer si on veut, un jour, que ce pays soit autre chose que ce qu'il est.
Il est vrai que si certains de ces "révolutionnaires" parlent de classe ouvrière c'est surtout parce qu'il se considèrent comme son avant garde éclairée et qu'en fait, ils sont le peuple et pensent pouvoir décider pour lui!!!
Je pensais que cette dite avant garde avait sombrée, corps et biens, telle le Titanic, lors de l'implosion de l'URSS. Il semble y avoir quelques scories en Martinique.
Le taux d'abstention aux élections qui progresse en permanence reflète le manque de confiance entre les élus de nos collectivités, en particulier ceux de la CTM, voire de la défiance.
Or ce lien de confiance, non seulement se construit mais s'entretient et se justifie en permanence.
Ne pas comprendre cet aspect essentiel ne peut conduire qu'à l'échec, sauf si on a l'intention d'instaurer un pouvoir autoritaire.
Dans ce cas, on changerait de Maitres, les nouveaux "Maitres" faisant le blanc à la place du blanc" (Aimé CESIARE in la Tragédie du Roi Christophe)

AVANT-GARDE ECLAIREE

Albè

06/10/2022 - 09:16

Ce sont les marxistes qui ont inventé et mis en pratique cette notion d'"avant-garde éclairée", non ? Avec toutes les conséquences, parfois tragiques, que l'on connait.

MARX n'était pas marxiste!

Karl

06/10/2022 - 11:36

Albè, vous avez mille fois raison!
C’est Engels qui rapporte que Marx aurait déclaré — au moins à deux reprises, dans deux lettres différentes en août 1890 adressées d’abord à Conrad Schmidt, puis à son gendre Paul Lafargue — : « tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas marxiste ». En 1882, alors qu’il est en voyage en France, Marx écrit encore à Engels pour lui signaler que les marxistes comme les antimarxistes lui avaient tous deux gâché son séjour en France.
Marx n’était pas marxiste, pas plus que Newton n’était newtoniste ou Galilée galiléiste, tout simplement parce que cela n’a pas de sens dans la démarche scientifique dans laquelle il a inscrit son œuvre, à commencer par le Capital.
Ce que Karl MARX propose, c'est une méthode, d'abord comme moyen de compréhension du monde et ensuite comme outil œuvrant à sa transformation.
Citer "Le Capital" ou le "Manifeste du Parti communiste" comme d'autres citent les versets de la Bible ou du Coran, ou débuter son propos par "en tant que marxiste" comme si cela conférait une sorte de magistère de pensée revient à nier MARX en le sortant de l'histoire. Il faut alors ouvrir l'oeil et se méfier!!! C'est sans doute ce qui a fait dire à aimé CESAIRE : "[...] ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. Que ce que je veux, c’est que marxisme et communisme soient mis au service des peuples noirs, et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme [...]".

CELA CHANGE QUOI ?

Albè

06/10/2022 - 12:29

Cela change quoi à ce que Marx déclarait qu'il n'était pas marxiste ??? Je suppose que Jésus n'était pas chrétien fondamentaliste ni Mahomet islamiste ni Césaire noiriste ni Glissant "Tous Créoles", mais quand on sème des graines ou plus exactement écrit des livres dans lesquels on développe des idéologies, il faut bien s'attendre à ce qu'un jour, elles vous échappent, non ?

CELA CHANGE TOUT, JUSTEMENT

Karl

06/10/2022 - 14:51

MARX n'est pas un catéchisme. Il ne sert à rien de le réciter.
J'ignore ce que vous entendez par "écrire des livres dans lesquelles ont développe des idéologies". Ce que j'ai lu de ce penseur m'a permis de comprendre une méthode de compréhension du réel, essentiellement de l'économie capitaliste. On peut y adhérer ou le rejeter. Il n'empéche que les questions relatives à la lutte des classes, à la concentration de la richesse pour prendre ces deux exemples, sont bien observées au XXIème siècle.
Je voudrais pour terminer citer deux auteurs, peut suspect de faiblesse à l'égard de MARX mais s'exprimant ainsi :
D'abord Paul Anthony Samuelson, prix Nobel d'économie en 1970 et chef de file de l'école qu'il appela la « synthèse néo-classique », qui entendait reprendre à son compte à la fois les théories de Keynes en macroéconomie et les enseignements néoclassiques en microéconomie écrivait : "Le marxisme est peut-être trop valable pour qu'on le laisse aux seuls marxistes. Il fournit un prisme critique à travers lequel les économistes du courant dominant peuvent, à leur propre bénéfice, examiner leurs analyses (Wind of change. Evolution of Economics Doctrine 1973).

Ensuite John Leonard Eatwell, économiste britannique, président du Queens' College de Cambridge de 1996 à 2020 et Joan Violet Robinson, elle aussi britannique et l'une des figures importantes de l'école de Cambridge et du post-keynésianisme écrivait, en 1974, dans L'Economique moderne : " A la fin du XIXe siècle, le centre de gravité des conflits sociaux étaient passé de l'antagonisme entre capitalistes et propriétaire terriens à l'opposition entre travailleurs et capitalistes. La peur et même l'horreur suscitées par l'oeuvre de MARX furent exacerbées dans toute l'Europe par la Commune de Paris (1871). Les doctrines suggérant l'existence de conflits furent dès lors indésirables. Les théories qui éloignaient l'attention de l'antagonisme entre les classes sociales reçurent un accueil prédisposé.

Marx "pas marxiste", le "révolutionnaire professionnel", etc

Frédéric C.

14/10/2022 - 14:54

Je partage assez l'avis de Karl (pas Marx, mais l'auteur de l'article) sur au moins un point. On va faire un détour, mais on va revenir en Mque. Karl Marx a observé et écrit pendant quelque 40 ans (1844-1883). Sa pensée était beaucoup plus complexe qu'on ne le croit souvent. Et elle était en permanente évolution car s'affinnant, approfondissant les analyses et les évènements de son époque. Car ça va sans dire, c'était un homme de son époque, pas un devin omniscient. Il s'est parfois trompé... Mais quand il écrivait ou disait "Moi? Je ne suis pas marxiste !", c'était précisément pour se démarquer et prendre officiellement ses distances avec certains qui, à son sens, se réclamaient à tort de son apport... On pourrait en dire autant de certains se réclamant de Césaire, Glissant, Fanon ou de C.Guevara sans s'en être vraiment imprégnés: on prend une citation (souvent des phrases simples) qui répétées à l'envi deviennent une sorte de novlangue alors que ceux les répètent n'ont pas vraiment lu et compris, par exemple, Césaire, dont la pensée fut elle aussi complexe et évolutive. Et puis quel Césaire? Le dénonciateur lumineux du colonialisme, par la poésie dans le "Cahier..." et en prose dans le "Discours sur le colonialisme", ou le député réclamant l'assimilation institutionnelle (et non l'assimilation culturelle) ou celui de la "Lettre Maurice Thorez"... Cela pour dire qu'il serait utile d'éviter de construire des icônes intouchables avec des humains, aussi brillants soient-ils. Ne les figeons pas dans des postures glorieuses...ou infâmantes. Ainsi, pour Marx, il n'a JAMAIS formulé l'idée de "l'avant-garde éclairée constituée en parti unique" "avec toutes les conséquences que l'on connaît", comme dit Albè. L'idée d'un parti révolutionnaire structuré et organisé de révolutionnaires professionnels" a été formulé par Lénine dans "Que faire?" (1902 je crois) dans le contexte très spécifique de la Russie tsariste. Lénine ne parlait pas de parti monolithique unique à vocation totalitaire, mais d'un outil politique pour amener le "prolétariat" au pouvoir, contre la noblesse russe et les capitalistes (forts investissements industriels à Petrograd et Moscou). Quand les bolcheviks arrivèrent au pouvoir, c'était dans une situation de guerre (guerre de 14-18, puis guerre d'intervention étrangères des pays capitalistes et des Russes tsaristes, qui n'avaient pas désarmé, loin de là). Ce fut dans ces conditions que le régime se durcit, surtout après l'attentat contre Lénine en 1918 (Fanny Kaplan). Ce "communisme de guerre" imposé par la situation d'encerclement militaire, et certaines "bêtises" des dirigeants bolcheviks eux-mêmes (Trotsky, fondateur de l'Armée Rouge, le reconnaît explicitement dans son autobiographie) débouchèrent en 1921 sur la révolte de Kronstadt, dont la répression fut décidée par le 10è Congrès du Parti bolchevik, et exécutée par Trotsky en tant que ministre des Armées. Mais entre 1917 et 1921, le parti bolchevik reconnaissait le droit de tendance, et la Une de La Pravda exposait régulièrement les termes des débats en cours dans le parti. C'est suite à Kronstadt que le droit de tendances et de fractions furent supprimés. C'est donc suite à ces circonstances très particulières que fut favorisée la montée du monolithisme dans ce parti russe, et l'ascension de ce qu'on appela le "stalinisme", avec constitution d'une couche sociale sociale privilégiée (dignitaires du parti, de l'Armée, des directeurs d'entreprises) qu'on appela "Nomenklatura" ou, pour Trotsky, "Bureaucratie"... Mao Zedong, Ho-chi-Minh et quelques autres en rajoutèrent quelques couches... Donc les "conséquences tragiques que l'on connaît" dont parle Albè ne sont pas imputables à Marx, à Lénine ou aux marxistes en général (comme s'ils pensaient tous pareil: soyons sérieux ! Dans un précédent commentaire, j'ai évoqué les noms de certains marxistes qui étaient en divergences profondes sur des points importants de théorie, de tactique et de stratégie). Ce fut le fait de circonstances et d'erreurs, sachant aussi qu'aucun homme, fût-il un vrai révolutionnaire, n'est parfait, et donc il peut commettre des conneries voire des saloperies..///. Et à propos de "révolutionnaire professionnel" (Karl, j'apprécie tes guillemets et je les reprends à mon compte, c'est un emprunt à taux non usuraire, OK?), celui dont tu parles est probablement le même qui a essayé, dans un article du plus récent "Justice" de me massacrer (du haut de son magistère de karatéka ceinture noire X-ème Dan dont je n'ai rien à fiche), de fulgurants oï-tsuki/gyaku-tsuki/mawa-chie geri, en me traitant de "professionnel de l'anticommunisme" et autres qualificatifs du même acabit, parce que j'avais osé critiquer son éditorial avec des arguments. Il réagit de façon quasi-pavlovienne. C'est risible parce que ça fait vraiment langue de bois à la sauce jakorépète. Ce type n'a jamais admis que l'on puisse être critique vis-à-vis de la ligne officielle de son parti. Voici qqs décennies je vendais toutes les semaines "Justice" à la Cité Universitaire de Schoelcher et ramenait le produit de la vente au siège du journal (sans ristourne), mais j'étais critique sur l'URSS et les régimes est-européen, et ça c'était absolutamente verboten. Hors du parti, point de salut ! Hors du parti, ce sont FORCÉMENT des "anticommunistes professionnels". Le gars n'a pas échangé avec moi depuis 40 ans et il me "juge" sans savoir. Il n'a pas lu certains de mes commentaires où je rendais explicitement hommage au PCM. Dans certains articles publiés ici, mes orientations "marxistes" sont clairement exprimées. Mais il ne sait pas : il juge, Pan!... Et il le fait sans même comprendre que certaines de mes formulations sont purement humoristiques, comme des clins d'oeil. Il a dû faire l'"École du comique de Kossiguine", imperméable aux touches d'humour et de dérision que d'autres auraient laissé passer. Il me traite de "stalinien" (un peu facile, comme épithète: ça manque de profondeur), me qualifie de "Fouquier-Tinville" (soyez cohérent: appelez-moi Vichinsky). C'est plat, ça claque ! La certitude subjective et arrogante du gars qui croit toujours avoir raison, qui estime que quand on critique son parti qui ferme les yeux sur certaines tares rongeant notre société (notamment la corruption et le clientélisme), on est un "professionnel de l'anticommunisme", alors qu'en toute logique un marxiste devrait à mon sens tenir compte de tous les éléments de la société à transformer. C'est vrai que ce gars est plutôt un repoussoir qu'autre chose. Pas très honnête intellectuellement, même s'il a produit des analyses intéressantes. N'a-t-il rien d'autre à faire ? On peut se demander si ce n'est pas un farceur, pour revenir à l'article. Bref! On peut tout-à-fait être communiste de coeur, militer dans un syndicat "lutte de classes" sans être membre d'une orga portant "communiste" dans sa dénomination. Misié Bagay, quand on ne sait pas on se tait! Sa ou pa sav gran pasé-w, ou pa sav sa?

La révolution est une chose trop sérieuse....

Karl

14/10/2022 - 20:21

A lire le commentaire de Frédéric que je partage et qui m'a aussi bien fait rire, en raison de la précision de ses coup de pinceau, il m'inspire la réflexion suivante. Si on doit à Georges Clémenceau la formule "La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires", on pourrait la paraphraser en disant que "La révolution est une chose trop sérieuse pour être confié à un seul mouvement politique, même étiqueté communiste"

Sur "le" mouvement politique révolutionnaire...

Frédéric C.

17/10/2022 - 18:54

En fait, Karl, tu soulèves une question clé: la question de la démocratie politique en période révolutionnaire, et après la révolution. On ne peut pas faire l'impasse là-dessus. Il est à noter que les deux ou 3 grandes révolutions socialiste du 20è siècle ont immédiatement provoqué des réactions extrêmement violentes du camp vaincu, qui voulait restaurer l'ordre ancien : Russes Blancs et puissances capitalistes (à commencer par la France du grrrrrand Clemenceau) pour la Révolution socialiste d'octobre 17, USA et Kuo-Ming-Tang de Tchang-Kaï-Tchèk contre la Révolution chinoise de 1949, bourgeoisie cubaine et impérialistes US dépossédés contre la Révolution cubaine... Ce qui a provoqué une contre-violence de la part des dirigeants révolutionnaires. Sachant que dans certains cas il existait un pluralisme politique à l'intérieur du ou des Partis dirigeant la révolution : 3 partis à Cuba (fusionnés dans les O.R.I. puis dans le PCC à Cuba, avec prédominance de la sensibilité M26-7, et non du PC orthodoxe d'Escalante), droit de tendance et de constitution de fractions dans le parti bolchevik, jusqu'en 1921, où ce droit fut supprimé sous la pression et, il faut le dire, la tendance autoritaire des dirigeants bolcheviks, sous pression des adversaires après une guerre civile et d'intervention extérieure depuis trois ans et demi (mais jusque là les tendances minoritaires pouvaient s'exprimer y compris en "Une" de "La Pravda"...). Après 1921 on sait ce qui s'est passé. Était-ce évitable ? Difficile à dire. Mais l'attentat contre Lénine en 1918 a joué un rôle certain dans le déclenchement de la Terreur Rouge... Depuis, des expériences ont été tentées pour respecter les libertés démocratiques dites "formelles" en situation révolutionnaire : Nicaragua 1979-89 (Ortega a respecté le "verdict des urnes", Venezuela (Maduro est passé à une courte majorité aux dernières élections Pdtielles, dans le cadre d'élections PLURALISTES...), Bolivie (Evo Morales a lui aussi respecté le verdict des urnes)... Le débat doit rester ouvert, sans dogmatisme... Non pas par goût pour la masturbation intellectuelle, mais parce que la question reste d'actualité pour les progressistes, anticolonialistes voire anti-capitalistes d'aujourd'hui et demain. A moins de prendre son parti de la situation actuelle, et pas seulement pour la Mque, mais dans tous les pays du monde. Ce qui est sûr, c'est qu'une tentative de changement ne laissera JAMAIS les dominants d'hier les bras croisés. Que faire alors ?

L'ATTENTAT CONTRE LENINE EN 1918

Albè

17/10/2022 - 19:51

Non, mais je rêve les gars ? L'attentat contre Lénine en 1918, c'est ça qui vous occupe dans une Martinique de 2022 où rien n'est clair ou plutôt clairement analysable. Car dans une colonie, normalement l'indigène ne dispose d'aucun droit, il travaille au seul profit du colon, reçoit un salaire de misère (et surtout pas 40%) et il ne vote pas. Par rapport à cette définition, la Martinique est-elle une colonie ? J'en doute...Est-ce alors une néo-colonie à la manière des états d'Afrique noire devenus indépendants dans les années 60. J'en doute aussi car à tout moment, ces états peuvent se révolter et rompre les liens avec la "métropole" : Guinée en 1958, Mali en 2022 etc.. Chose qu'il est impossible de faire à un territoire d'Outremer sinon la Nouvelle-Calédonie l'aurait fait depuis longtemps. .Donc la Martinique, si elle n'est ni une colonie ni une néo-colonie, elle est QUOI ? Tant que nous n'aurons pas répondu à cette question nous continuerons à perdre notre temps à bavasser sur des vieilleries soviéto-machins qui ne nous sont d'aucune aide pour comprendre notre état et envisager les voies et moyens de le transformer. On n'est plus dans les années 60-70. Faut arrêter les délires idéologiques, les gars !

Albè, Lénine 1918 ce ,'était un point que vous monte en épingle.

Frédéric C.

17/10/2022 - 22:25

Albè, ce n’est pas du délire idéologique. Pourquoi?
Sur un point? vous vous avez raison. Il faut analyser, scruter à la loupe, essayer de clarifier ce qui se passe dans la Mque de 1922. Effectivement c’est l’obcurantisme idéologique et général qui règne, rien n’est clair, dans beaucoup de têtes se développe un manjékochon peut ragoûtant, et, surtout, qui nous fait reculer collectivement de plusieurs décennies, entre le « négrisme », la folie anti-vaks, l’empoisonnement au chlordécone, un champ politique en ruines, une intelligentzia qui peine à se reconstruire pour débattre des pbs de la Mque réelle. Mais cela n’exclut pas d’élargir la réflexion à l’avenir, au type de pouvoir décolonial à construire.// MAIS...d’abord, ici j’essayais de répondre à une question, pertinente à mon sens, soulevée par Karl, et qui, par un détour, nous ramènera en Mque (vous allez voir). Pour essayez de répondre à Karl, j’étais donc obligé de remonter à l’histoire, qui a construit le monde où nous vivons. Soit dit en passant, au cas où vous l’ignoreriez, en Russie il se passe actuellement 2 ou 3 « petites choses », en particulier avec l’Ukraine (Fondas a d’ailleurs publié des articles et même un dossier là-dessus. ). Et c’est lié à l’histoire récente et plus ancienne des rapports entre ces deux pays. Y compris à l’érection de l’Ukraine comme Etat indépendant peu après la révolution d’octobre, dirigée par un certain...Lénine.///
Quand j’évoquais l’attentat contre celui-ci en 1918, c’était pour expliquer (pas pour tout justifier !) le démarrage de la « Terreur rouge » en Russie soviétique, et donc le mode de répression contre les révolutionnaires présumés ou réels. C’est un pb universel (que Dessalines avait résolu « à sa manière »). Ce n’était qu’une illustration du fait qu’en cas de transformation sociale (anticoloniale ou anticapitaliste), des forces violentes s’opposent par le meurtre aux dirigeants. L’attentat contre T.Sankara en 1987 via Houphouet-Boigny et probablement les dirigeants français relève de la même problématique. Cela ne vous touche pas?/// Je parlais aussi de « NOTRE AMERIQUE » ! Par exemple, CUBA, ça vous parle ? Les centaines d’attentats contre-révolutionnaires à partir de 1959, ça vous parle ? L’intervention militaire US contre Arbenz au GUATEMALA en 54, la situation au NICARAGUA 1979-1989, au VENEZUELA depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez, çà vous laisse indifférent ? Le rapport au pouvoir d’Evo Morales en BOLIVIE, de Raphaël Correa en EQUATEUR, vous vous en foutez ? Même si la situation Mquaise est très différente formellement, ce sont des expériences décoloniales que les anticolonialistes Mquais devront prendre en compte,. Parce que si la Mque est une colonie, çà signifie qu’il y a des intérêts coloniaux à combattre. Et vous croyez que les profiteurs de ces intérêts coloniaux (lobby de l’import-export/grande distribution, gros producteurs de banane et de rhum, gros propriétaires fonciers...) se laisseront grignoter sans réagir violemment ? Vu leur puissance, et avec tous leurs appuis jusqu’à l’Elysée ? Le sabotage économique, vous connaissez ? Comme contre la GUINEE par la France dès 1958, par la destruction des infrastructures, l’arrosage de fausse monnaie pour déstabiliser l'économie du pays, voire des menaces sur des dirigeants politiques. Tout cela a contribué à faire dégénérer le régime de Sékou Touré vers une dictature... On pourrait parler aussi de l’évolution du régime algérien après 1962, avec le putsch de Boumediene en 1965 entre autres, et ce qui s’ensuivit ///
D’autre part, faut-il vous rappeler que sans la Révolution d’octobre (qui semble tant vous emmerder), il n’y aurait pas eu d’URSS (j’aurais préféré que çà se fasse sans les conditions épouvantables de régime dirigé par Staline en 1924-1953, mais ce n’est pas la question ici abordée). Donc pas de Bandoeng en 55. Ni de victoire de Nasser quand il nationalisa le canal de Suez en 1956 et rendit aux Egyptiens leur souveraineté. Ni de poursuite de la Révolution cubaine dans les années 1960. Ni de régimes anti-impérialistes et anti-colonialistes au Nicaragua (1979-89), au Venezuela (depuis Chavez) et ailleurs dans « Notre Amérique ». L’attentat contre Lénine dont vous vous foutez, c’est à mettre en parallèle avec les attentats contre Fidel et Raül Castro, par exemple... Il nous faut voir les choses dans une perspective historique et planétaire : la Mque n’est pas isolée du reste du monde. Nous DEVONS tenir compte des enseignements de l’histoire. Karl soulève une question. A mon modeste niveau, j’essaie de répondre sans dogmatisme. Et on est obligés de regarder comment les choses ont pu se passer ailleurs. Sinon, en cas de régime autonome vraiment anticolonialiste (ou décolonial) émergeant en Mque, nous resterons confrontés, vu les forces réactionnaires qui voudront foutre en l’air le processus, au dilemme : comment fait-on face à elles ? Répression violente ? Tentative de modus vivendi ? Ou abandon pur et simple du projet décolonial ? C’est de cela que je parlais. Est-ce que vous avez compris ?//// Enfin, tout n’est pas à jeter aux chiens dans les « délires idéologiques » (je vous cite) des années 1970 : vous jetez le bébé avec l’eau du bain. Précisément, c’est l’époque où l’anticolonialisme était vraiment à l’ordre d jour (Algérie, Viet-Nam, Mozambique, Guinée-Bissaü/Cap-Vert, Namibie, Afrique du Sud sous apartheid). Et dans tous les pays du monde il existe des organisations plus ou moins irrigués par le marxisme. Alors à moins que vous vouliez pratiquer le déni de réalité, ou faire comme l’Indonésien Soharto en 1965-66 (assassinat délibéré de centaines de militants communistes), il faudra faire avec.

Erratum sur le titre du dernier commentaire

Frédéric C.

17/10/2022 - 22:36

Il fallait lire: "Albè, l'attentat contre Lénine en 1918, c'était un petit point que vous montez en épingle".

MARXISME

Albè

18/10/2022 - 07:44

Frédéric, arrête votre loghorrée marxiste qui n'apporte strictement rien à la réflexion sur la paradoxale situation de la Martinique qui n'est plus du tout une colonie et qui n'est pas une néo-colonie non plus, mais une sorte d'OVNI politique. Votre bla-bla-bla (Bandoeng et compagnie) c'est du "batte-douce" de type dont le cerveau est resté bloqué en 1970. D'ailleurs, est-ce que la Chine, le Vietnam etc... sont des régimes marxistes ou communistes ? Sur le plan des libertés fondamentales (liberté de circulation, liberté de la presse etc.), très certainement OUI, mais sur le plan économique, c'est NON. Il ne reste en tout et pour tout que deux pays communistes dans le monde : Cuba et la Corée du Nord. Aucun d'un, aucun de leur système plus exactement, ne nous est utile pour penser la situation de l'OVNI politique appelé Martinique. La solution à notre problème ne pourra émerger que d'une réflexion endogène, ce qui ne veut pas dire fermée aux références qui peuvent être utiles.

"Logghorée marxiste"?

Frédéric C.

18/10/2022 - 12:05

Désolé pour vous, Albè, mais vous avez mal compris. OU ALORS c'est SCIEMMENT et DOGMATIQUEMENT, par choix "idéologique"* donc, que vous rejetez tout ce qui ressemble de près ou de loin à une approche d'inspiration marxiste. Une sorte d'aversion de celui qui brûle maintenant ce qu'hier il adoré, comme font tant d'ex-maoïstes, ex-trotskistes, ex-PC-istes.../ Par ailleurs, je veux bien être pendu si la Corée du Nord est un pays "communiste". Quand à Cuba, ce sont les médias occidentaux mainstream qui qualifient cet État de "communiste". Car aucun dirigeant dirigeant cubain depuis 1959 n'a qualifié cet État de "communiste" (vous pouvez vérifier !). Donc votre topo-popo sur les "États communistes" ne tient pas ! Et inutile de continuer, vous aller continuer à parler de bat'dous (et non "batte-douce": lisez un ou 2 bouquins de Bernabé-Confiant)...//Là où je suis D'ACCORD AVEC VOUS, c'est que la Mque est une sorte d'OVNI politique : colonie baptisée département (loi de 1946), faux-département-vraie-colonie-de-consommation, colonie de "colonisation réussie" (dixit Glissant)... En disant cela, vous..."écoutez l'herbe pousser", comme le conseillait Marx. Bon sang Albè! il reste au moins un zeste de "marxisme" en vous. Je vous suggère de vous faire exorciser au peigne fin, avec désinfection idéologique jusqu'à la moelle et au trou d.... Au fait, si vous y regardez de plus près, dans sa démarche, Fanon était assez marxiste, il essayait de voir la réalité coloniale sans dogmes, il "écoutait l'herbe pousser". Bon, asé bat dous! ///*Désolé encore si je parle "marxiste". Mais je me souviens avoir vu Jean BERNABÉ utiliser cette expression "choix idéologique" telle quelle. On peut donc présumer que cette expression a quelque pertinence...

BATTRE DOUCE

Albè

18/10/2022 - 17:21

Cette expression créole n'avait rien d'insultant ni de sexuel sous ma plume. Elle n'est que la traduction de l'expression française "masturbation intellectuelle". Sinon, que je ne sache pas l'écrire correctement, avec la bonne écriture définie par Bernabé, c'est à qui la faute ? Après la guerre de 1945, les communistes et le PPM ont détenu la majorité des villes martiniquaises. Qu'ont-ils fait pour alphabétiser les "masses populaires" comme ils disent dans la langue de ces dernières ? RIEN ! C'était beaucoup plus gratifiant de "donner des coups de français" lors des meetings électoraux, n'est-ce pas ?

Bat dous

Frédéric C.

18/10/2022 - 21:04

J'avais bien compris, Albè, que vous parliez de "masturbation intellectuelle"... Mais même au sens figuré, j'aurais bien autre chose à foutre que de bat dous! C'est du sérieux, tout ça, pas un jeu !. Ces questions de subversion/contre-subversion se sont toujours posées et se poseront toujours, dans toutes les sociétés ayant besoin de transformation (j'ai rappelé qqs exemples plus haut: ce n'était pas pour jouer au grangèk marxiste, mais illustrer cette réalité concrète).. Il n'est pas interdit à nous, citoyens d'un ellipsoïde "Territoire Non Autonome" (sens ONU), de réfléchir à ces questions là*, comme au réchauffement climatique (Petites Antilles menacées de submersion physique à moyen terme !), ni à tout pb se posant à l'humanité... Concernant les municipalités PC, PCM et PPM, elles étaient dirigées par des hommes de leur époque, y compris Césaire lui-même, y compris sur la question du créole... En 1945 il n'y avait pas de conscience nationale de masse, bref! Peut-on leur reprocher d'avoir fait surtout du social ? Surtout la génération née entre 1945-55 qui en a bénéficié pour faire des études et, à un certain stade pour d'aucuns, s'éveiller au sentiment national au contact en France d'étudiants du "Tiers-monde" officiel, puis faire du maximalisme une fois rentrés ? Ce n'est pas aussi simple ! J'ai plusieurs témoignages d'Anciens m'ayant dit qu'en 1945 FF ressemblait à Port-au-Prince en termes de manque d'hygiène, de circulation de rats un peu partout, de puanteur, etc.. C'est Pierre Aliker qui s'est occupé de piloter la politique d'assainissement (des lieux et de la santé physique des Foyalais: dispensaires, etc)... N'est ce pas un peu facile d'incriminer PPM et surtout PC comme vous le faites? D'autant que le PCM subissait alors une forte répression dont n'a jamais pâti le PPM**. Et puis auriez-vous alors fait mieux, dans une des Petites "Antilles grêlées de petite vérole"? En tout cas bien des Ayatollahs du nationalisme et du patriotisme, au 21è siècle, une fois arrivés aux affaires au Conseil Régional puis à la CTM, ont-ils fait beaucoup plus en la matière, alors que les rapports "nation-langue" avaient été posées en gde partie par eux, après AGEM, GAP, GS70...? C'est surtout à eux qu'il faudrait demander des comptes. //// *Toussaint Louverture s'est AUSSI fait par manque de méfiance vis-à-vis de l'adversaire. Le Quilombo de Palmarès c'était une lutte acharnée. La tentative de putsch le 6/1/2021 aux USA aussi entre les continuateurs du KKK et les partisans de la "démocratie libérale"./**Branchi va peut-être se demander comment un "anticommunisme professionnel" (sic!) et "obsessionnel" (re-sic!) est capable de reconnaître au PC ses mérites, à savoir que le pouvoir central avait bien compris que le PC était bien + dangereux pour lui politiquement que le PPM, et que donc ce pouvoir chercha à le décapiter par tous les moyens. L'explication, cher Chichi, c'est qu'il faut réfléchir en relief et accepter l'altérité sans y voir forcément un "anti". C'est si dur que ça? Vu l'allergie d'Albè au marxistes, oui, pour certains ça doit être très dur!

GUEGUERRE PCM/PPM

Albè

19/10/2022 - 08:34

Donner des bons points au PCM et des mauvais points au PPM revient non seulement à réécrire l'histoire mais à faire surtout preuve de cécité. Oubliez-vous la lettre de Césaire à Maurice Thorez, vous si prompt à fustiger le PPM ? Oubliez-vous que c'est grâce à Césaire et à la Négritude que le Nègre martiniquais a pu, progressivement, reprendre confiance en lui alors que dans le même temps, le PCM était presque entièrement dirigé par des Mulâtres ? Mulâtres qui faisaient semblant de ne pas voir la question raciale et se cachaient derrière la lutte des classes. Oui, la lutte des classes était importante, oui, il fallait lutter contre l'oligarchie békée et des militants du PCM comme Aliker l'ont payé de leur vie ! Mais il y avais aussi la nécessité de revaloriser le Nègre que 3 siècles d'abomination avait réduit à l'état de quasi-animalité. Ce boulot-là, c'est le PPM qui l'a fait et non le PCM. Ceci dit, oui, le PPM a trahi son idéal d'autonomie et il est grandement responsable de l'impasse dans laquelle se trouve cet OPNI (Objet Politique Non Identifié) qu'est devenue la Martinique. Enfin, quand vous déclarez que Fanon était marxiste, laissez-moi rire ! Il n'y a pas une seule citation de Marx, Lénine ou Trotsky dans " Peau noire, masques blancs".

Wòy! Bèbè wou sirè...

Frédéric C.

19/10/2022 - 14:17

Tout ce que vous me dites là je le sais ! Quand donc sortirons-nous de la qualification des gens via leur couleur de peau, leur phénotype?! Notez que ce n'est pas le PPM ès qualité qui a travaillé à revaloriser le Nègre à ses propres yeux, mais Césaire lui-même, et souvent très seul! Et il a dû "ramer" beaucoup. Après son fameux "l'heure de nous-mêmes a sonné", il a fait quoi? plein de réacs assimilationnistes se sont agglutinés autour de lui, le PPM se constituant en 58 et son programme pour l'autonomie n'ayant jamais été très clair. De son côté, dès 57 le PC caractérisait la Mque comme une NATION, et préparait son 1er pgme pour l'"autonomie POLITIQUE". Reportez-vous aux documents de l'époque. Des gens aussi éloignés que Confiant et de l'Épine, tous 2 éloignés du PCM, l'expliquent et le reconnaissent chacun de leur côté (l'un en 1993, l'autre en 1978 ou 79), et donnent moult détails, et c'est sourcé! Je ne développe plus, ne jouez pas au sinueux Mondieu.// Sur la "mulâtritude" du PC: Le PPM de l'époque (dirigé par le nèg fondamantal!) était plus mou face au pouvoir et aux capitalistes békés que le PCM de l'époque. "Fab konpè zikak" est du mulâtre Gilbert Gratiant. Le "Discours sur trois tombes" suite à la tuerie des ouvriers agricoles en 61 est du mulâtre Georges Gratiant. Et puis R.Ménil, Georges Mauvois, Camille SYLVESTRE, F.Amar, R.Barclay, c'était des mulâtres ? A.Nicolas, mulâtre, oui, mais on ne peut pas dire que sa pensée et ses activités aient été "mulâtres" vu l'apport énorme pour la reconnaissance populaire du rôle des esclaves nègres Mquais dans leur propre histoire et la libération de leurs chaînes en 1848, de leurs descendants et des engagés dans l'insurrection de sept.70, l'histoire d'André Aliker dont vous parlez. Et ce n'est pas un hasard si pour beaucoup de gens non mulâtre il devint un peu une icône, de son vivant même, au point qu'il y eût une pétition pour que le nouveau lycée central de FF porte son nom. Alors arrêtez un peu, là! Merci.// Sur Fanon, ce que je disais, c'est que c'est DANS SA DÉMARCHE DE DÉCRYPTAGE de la réalité, qu'il était marxiste. Dans sa démarche, l'analyse de la réalité concrète dans toutes ses dimensions. Dans la DÉMARCHE par opposition à la FORME (où on cite des auteurs marxistes, ce qu'il ne fait pas ; mais cet exercice étant purement formel ça ne m'intéressait pas, le "citationnisme")... Vous ne semblez pas connaître Marx, à part les déformations maoïstes dont vous vous êtes peut-être gavé étant jeune, du genre "Petit livre rouge" ou "Citations du Pdt Mao". Et quand après coup vous avez vu la catastrophe vous avez dû jeter tout en vrac... Oubliez Mao et Staline, mais lisez un peu Marx pour essayer de comprendre ce qu'est une "démarche marxiste", où l'on observe la réalité dans toutes ses dimensions et contradictions, où l'on doit tâtonner, se tromper... Je vous accorde que c'est dur si vous avez jeté le bébé avec l'eau du bain, et rejetez l'idée même de la lutte des classes, alors qu'elle se déroule sous nos yeux indépendamment de la conscience qu'on en a (ou pas). Ce que font les maîtres de la communauté békée, pour vous c'est de la lutte purement de "races"? ou aussi de la LDC entre êtres humains d'origines "ethniques" différentes... C'est les deux, mais le moteur c'est la course au profit, donc la LDC. Alors SVP ne jouez pas au Bérisson, il y a assez avec un. Bon, maintenant vous et moi on a peut-être autre chose à faire alors arrêtons là. STOOOOP!

Albè, vous avez raison sur un point

Frédéric C.

19/10/2022 - 14:39

Oui, les souvenirs et l'honnêteté commandent d'admettre que le PCM négligeait dans une large mesure, dans ses analyses, la question "raciale"... Mais celle-ci était-elle suffisante? Cela a-t-il conduit Césaire et le PPM à poser le pb national en termes concrets, en termes de revendication statutaire ? Non. La Convention de Morne-Rouge, pour ce que j'en sais, était idéologiquement pilotée par le PCM, la CGTM, et y ont participé les PC Gpéen et Réunionnais. Il en est sorti des propositions programmatiques... Cela dit, il ne s'agit pas de distribuer des "bons points" ou des "mauvais points". Qui serais-je pour juger des militants des deux partis de l'époque qui ont du ferrailler dur pour faire avancer sur le terrain l'idée d'autonomie POLITIQUE ?... La question nationale était une idée neuve en Mque, il fallait de l'audace pour oser! Et le PCM à l'époque, comme le PPM, commettait aussi des erreurs à l'international. Mais sur le plan Mquais il tentait d'articuler LDC et lutte politique de libération nationale. Ils étaient les 1ers à le faire. Avec des sacrifices ! Y a-t-il eu bp d'autres organisations à avoir fait tout cela ?

Un nouvel étalon de mesure : le bérisson !

Jean NEMAR

19/10/2022 - 15:10

"Ne jouez pas au bérisson" ! Ta la pa té mové ! Pièss tou banneman !!!

Le Bérisson...

Frédéric C.

19/10/2022 - 19:23

C'était une façon de dire qu'il est préférable d'éviter de "jauger" le degré de progressisme de qqn en fonction de la couleur de sa peau. Bien sûr, à une époque pré-1848, des "hommes de couleur libres", le plus souvent "mulâtres" en effet, ont joué un rôle de répression antiesclavagiste. Ex: Bisette il y a deux siècles au Carbet, Bissette qui s'est rallié aux gros Békés après 1848. Après 1848, ces "hommes de couleur libres" abusivement appelés "mulâtres" cherchèrent à se démarquer de la plèbe des nègres et indiens coupeurs de canne. Mais hoy c'est beaucoup plus complexe. Certains nèg hoy sont beaucoup plus réactionnaires que certains milat. Darsières était plus progressiste que Renard ou Maran. Marie-Jeanne (mulâtre et non chabin) était plus progressiste que Letchimy ou Montplaisir, en principe... Donc arrêtons un peu. A quel endroit du curseur de "négrité" commence-t-on à être acceptable ? Si une couillonnade de ce genre s'imposait dans une Mque autonome, élimination des mulâtres, des chabins, des zendiens aussi. Une sorte de gobinisme inversée, un régime à la F.Duvalier... Pour l'instant, l'"étalon Bérisson" n'est pas déposé à Sèvres, mais certains Mquais ont déjà prouvé pouvoir faire des couillonnades sans se référer à un standard extérieur : kannaval soi-disant Mawon en 2021 contre le vaccin anti-Vaks de type ARN-Messager, assimilation de la campagne de vaccination à un complot "pour l'extermination de la race noire", simulation "pour rire" d'une cérémonie vaudoue devant la Préfecture avec cercueil et tèt an kabrit, et Bérisson vedette number wouane... Vive l'obscurantisme !

du bérisson au hérisson...

Jean NEMAR

19/10/2022 - 20:13

Je ne faisais que me "gondoler" de l'expression, que j'ai trouvée pour le moins percutante !
Cela dit, je ne rentrerai pas dans le débat "nèg -milat -zindien -béké- gros béké , etc, car dans encore trente ou quarante ans, nous en serons au même point, et n'aurons pas avancé d'un iota.
Tout ce que je pourrais ajouter, c'est que les analyses des uns et des autres sont recevables, chacune pour sa part de vérité, AUCUNE analyse ne s'imposant telle une VÉRITÉ INCONTOURNABLE.
Pour une raison simple : toutes les problématiques abordées, par les uns et les autres, le sont à travers le prisme des institutions issues de la Constitution de la Vème République.
A mon avis, ceux qui pensent ou veulent penser les problématiques (et les panser) DEVRAIENT d'abord MODIFIER la grille de lecture (soit le cadre institutionnel de la Vème), et PENSER un nouveau cadre, celui de la VIème République, et donc, une nouvelle grille de lecture.
Une manière de dire, aux uns et aux autres, que le PROBLÈME n'est pas que MARTINIQUAIS ou GUADELOUPÉEN, ou GUYANAIS (je m'adresse là, à ceux qui veulent rester dans l'ensemble national français), etc, MAIS que celui-ci est d'envergure nationale-hexagonale, en dehors de toute spécificité spécifique !
Cette problématique, NATIONALE, donc, ne peut trouver de réponse valable et pérenne, que dans une solution de portée NATIONALE-HEXAGONALE.
L'un des axes fondamentaux de cette solution nationale , serait de transformer l'actuelle République, UNE et INDIVISIBLE, en République fédérale française, DONC dans le cadre d'une VIème République à INVENTER, notamment, en prenant bien soin d'y INTRODUIRE tous les mécanismes de CONTRE-POUVOIR, permettant de contrôler tous les personnels politiques, en temps RÉEL et PERMANENT, du maire de base (Fonds ST Denis, par exemple) jusques et y compris, au président de la République lui-même, un tel dispositif de contrôle comportant bien évidemment, l'instauration du POUVOIR de CONTRE SEING sur tous les actes, toutes les décisions engageant la situation du pays, d'une collectivité, ainsi que le recours à la consultation référendaire, relative aux grandes orientations de la collectivité, de la nation.
Cela est loin d'être simple, cela ne sera pas facile, MAIS qui a dit que la politique était une activité facile et de tout repos ?
En tout cas, j'ai la conviction que le cadre d'une République fédérale française, permettrait de régler bien des problématiques, y compris et très certainement, celles des actuels ROM -DOM -TOM - RUP et autres gadgets politico-administratifs.
Nous avons 4 députés 20%, édition 2022, qui viennent d'être élus : que le PEUPLE SOUVERAIN mette ces doucineurs au travail : ils sont PAYÉS pour cela !

Nous lier à 1 éventuelle évolution institutionnelle en Fce?

Frédéric C.

20/10/2022 - 05:31

Jean Némar, votre commentaire est intéressant (je ne partage pas vos conclusions mais ce n'est pas la question). Pourquoi ne pas en faire un article que vous proposeriez au Dir. de Publication ?... Sinon, une de mes connaissances habite Sèvres et est allé vérifier. Le Bérisson ne figure pas à l'Observatoire International... En revanche le bérissonnisme pourrait faire l'objet d'essais politiques. Ex: "Le Bérissonnisme, stade suprême de l'obscurantisme négriste ancêtristes", ou d'autre chose.

Frédéric C, je vous ferai…

Jean NEMAR

20/10/2022 - 07:00

Frédéric C, je vous ferai une réponse sur le fond, ultérieurement.

de la Vème à la VIème : DESACCORD ne vaut pas CONFLIT...

Jean NEMAR

20/10/2022 - 13:00

Frédéric C, vous m'avez suggéré que je propose un article au dit-recteur de publication, bien que vous ne partagiez pas mes conclusionsesquissées dans mon post ci-dessus : je vous en remercie.
Mais je n'en ferai rien, et je vous dis pourquoi.
TOUT D'ABORD, et pour être précis, je n'ai pas émis de conclusions, mais seulement proposé quelques pistes de réflexion, relativement à une problématique nous concernant quant aux "liens" qui peuvent être les nôtres avec la "mère-patrie", laquelle problématique alimente toutes sortes de controverses, plus ou moins recevables, et ne s'imosant néanmoins et en aucune manière, l'une par rapport à l'autre : impasse !
ENSUITE, je SAIS que cet éventuel article ira grossir la pléthore d'articles, de commentaires, d'essais divers et variés sur la question, produits par des sommités intellectuelles, dont je ne suis pas, et qui finira dans une quelconque poubelle, celle des écrits plus ou moins remarquables, au destin de feuilles mortes...
ENFIN, et pour tout dire, je ne crois pas à "l'IMPACT" d'une réflexion, quelle que soit la qualité de celle-ci, quel que soit le "pedigree" de son auteur, autrement, cela se saurait ! Je me contente d'échanger de temps à autre, de manière aléatoire, lorsque je considère que les commentaires sont d'une certaine qualité...
Voyez-vous, depuis que l'écriture existe, l'humanité n'a cessé à aucun instant de produire de l'écrit, lequel a pu atteindre des sommets de perfection, d'intelligence : en quoi cela a-t-il empêché (restons au plus près chronologique), l'organisation par l'Etat de ce crime d'Etat que fût l'esclavage - la guerre de 14/18 - celle de 39/45 et l'organisation de la shoah - la forfaiture de l'Etat d'Israel depuis 1948 - la guerre d'Indochine - les "évènements" d'Algérie - la guerre au Viet-Nam - l'occupation de l'Afganistan par les Soviétiques - l'invasion de l'Irak par une coalition de 28 pays (dont la France), suite à l'agitaion d'une fiole d'eau distillée par un général américain du nom de Colin Powell, dans l'enceinte de l'ONU - l'invasion de l'Afganistan par les Américains - et présentement, la guerre déclarée à l'Ukraine par la fédération de Russie - et j'en oublie, certainement, mais croyez-vous que si les arts, la philosophie, la littérature, la musique, la poésie, l'intelligence (toutes choses qui existent, manifestement, et nonobstant), avaient un quelconque IMPACT sur la marche du monde, nous en serions là, aujourd'hui, à conjecturer de la probabilité d'une guerre nucléaire ? Pour ma part, je ne le crois pas. Je crois que le monde reste strictement régi par l'exercice du RAPPORT de FORCE, et du RAPPORT des FORCES.
Aussi, et si vous pensez que ma réflexion peut présenter un intérêt quelconque, il appartient à tous ceux qui aspirent à exercer des responsabilités politiques, et qui sont disposés à effectuer "le pas de côté" quant à la mise en en oeuvre de leurs pratiques de "conquête du pouvoir", c'est à dire, à accepter de RÉFLÉCHIR, à une nouvelle grille de lecture du monde d'aujourd'hui (lequel n'a plus rien à voir avec celui des années 60/70/80 et même 90/2000), de s'en emparer, d'approfondir le contenu de la réflexion initiale, de l'améliorer dans le cadre de la mise en oeuvre de cette nouvelle grille de lecture (en l'occurence, l'élaboration d'une VIème République), après que le PEUPLE SOUVERAIN a été consulté.
Et c'est là que réside toute la difficulté car, personne, je dis bien PERSONNE au sein de la classe politique, AUJOURD'HUI, n'est prêt, de l'échelon local à celui national, ni disposé à ENTENDRE RÉELLEMENT, un tel discours, et VOUS le premier, ayant eu l'honnêteté de dire que vous ne partagiez pas mes "conclusions", ce qui est tout à fait votre droit.
Cela étant, je reste convaincu de la nécessité du "pas de côté", notamment et surtout, en matière d'approches politiques, celles-ci ayant un IMPACT sur le devenir des populations concernées par les conséquences de telle ou telle orientation.
Je fais le constat de ce que chacun reste accroché comme une moule à son rocher, à ses propres convictions, à son fonds de commerce politique, persuadé de détenir quelque vérité que ce soit : et c'est là que, une fois le drapeau acquis, commence l'horreur, le génocide en interne..., les poètes, les prix Carbet, Renaudot, Goncourt et autres Nobel, n'y changeront rien, n'y pourront rien, sauf à ajouter du bla bla au bla bla.
Nous avons un point de désaccord, mais cela reste sans importance, persuadé que le débat pourra toujours se poursuivre, à l'occasion, sous une forme ou sous une autre.
Salutations courtoises

MILLE EXCUSE DE M'IMMISCER DANS VOTRE ECHANGE

Karl

20/10/2022 - 13:57

Je me permets de m'immiscer dans votre échange pour indiquer que la perspective proposée par NEMAR ("Transformer l'actuelle République, UNE et INDIVISIBLE, en République fédérale française, DONC dans le cadre d'une VIème République à INVENTER, notamment, en prenant bien soin d'y INTRODUIRE tous les mécanismes de CONTRE-POUVOIR, permettant de contrôler tous les personnels politiques, en temps RÉEL et PERMANENT, du maire de base (Fonds ST Denis, par exemple) jusques et y compris, au président de la République lui-même, un tel dispositif de contrôle comportant bien évidemment, l'instauration du POUVOIR de CONTRE SEING sur tous les actes, toutes les décisions engageant la situation du pays, d'une collectivité, ainsi que le recours à la consultation référendaire, relative aux grandes orientations de la collectivité, de la nation") me parait constituer, au moins sur le plan théorique, une possibilité pour que nous puissions sortir du piège dans lequel nous sommes enfermés. Cette idée n'est pas neuve, à proprement parler, puisqu'Aimé CESAIRE y pensait en prenant l'exemple de l'Allemagne (La RFA à l'époque) et de l'Italie.
Mais plusieurs écueil se dressent sur ce chemin.
D'abord, cela suppose en effet que nous jetions un regard sans complaisance sur nous-même, car nous sommes aussi promptes à accuser les autres qu'à nous absoudre de toutes erreurs. En sommes-nous capable?
Ensuite, cela signifie non seulement de changer radicalement de grille de lecture mais surtout de mettre en cohérence nos paroles et nos actes et de réaliser des compromis.
Enfin, changer la constitution française dans le sens indiqué, ce qui serait une bonne chose, ne peut se faire que si le peuple français le veut. C'est dire que nous n'avons pas la main.

CENTRISTES MARTINIQUAIS

Albè

20/10/2022 - 16:26

Une "République française fédérale" ? Mais ça a toujours été le programme des centristes martiniquais, il me semble. Philippe Petit et les autres... Le côté aberrant de pareille idée, c'est d'imaginer que 67 millions de gens, de Blancs plus exactement, vont modifier leur constitution juste pour faire plaisir à 1,5 million de Nègres et de basanés. Le coté affligeant de cette idée c'est de constater que le "sentiment abandonnique" décrit par Freud est inscrit au plus profond du crâne des Martiniquais, y compris les lettrés ou intellectuels. On a tellement peur d'être abandonné par Maman la Fouance qu'on est prêt à inventer n'importe quoi pour qu'elle nous garde entre ses bras jusqu'à la fin des temps.

UNE SEULE SOLUTION : L’INDÉPENDANCE ?

Karl

20/10/2022 - 17:39

N’émarge à fait une proposition que j’ai tenté de contextualiser, en faisant remarquer que les martiniquais n’ont pas la main.
Si nous avons de bonnes raisons de penser qu’on n’imposera pas à 67 millions de français les desiderata de « 1,5 millions de Negres » qui, au surplus, ne sont pas forcément d’accord, alors terminons en avec ce cinéma et exigeons l’INDEPENDANCE comme SÉKOU TOURE, l’avait fait!!!! Au besoin en prenant les armes???

BIENVENUE DANS LE DÉBAT

Jean NEMAR

20/10/2022 - 18:49

Karl et Albè, bienvenue dans le débat.
TOUT D'ABORD, quelques précisions en réponse au commentaire rédigé par Albè.
1- je ne suis pas mesure de discuter de la position de Ph. Petit sur ce point d'une République française fédérale, par suite de ma méconnaissance du contenu de son programme, mais tant mieux si lui et d'autres ont déjà proposé une telle orientation.
2- cette idée n'est pas si aberrante que vous semblez le dire, car je précise : il ne s'agit pas que 67 millions de français modifient leur Constitution pour nos beaux yeux de nèg mawon, milat, chabin, lapo sové et tutti quanti, MAIS de "NATIONALISER" cette proposition de modification de la Constitution (les organes et dispositifs de cette modification existent), c'est à dire, de l'ÉTENDRE à la NATION dans son ENSEMBLE. Dans une telle perspective, les 577 députés (mais également TOUS les élus locaux sur l'ensemble de tout le territoire national, relais en lien direct et privilégié avec leurs administrés respectifs), constituent un organe central et incontournable de mise en oeuvre de ce projet, dont je crois qu'il est porteur d'une véritable espérance pour l'ensemble des 67 millions de français (Outre-mer compris), A CONDITION que tous les mécanismes de CONTRE-POUVOIR soient contenus dans le dit projet, de même que la procédure facilitée, d'ajout de ceux complémentaires à introduire ultérieurement, en tant que de besoin.
3- cette proposition de réflexion relative à la mise en oeuvre d'un projet de modification de la Constitution, ne relève pas d'un "sentiment abandonnique" quelconque MAIS, bien au contraire, d'une réflexion sur les voies et moyens d'organiser a) l'émancipation POLITIQUE des populations dites de l'Outre-mer
b) l'émancipation des populations du territoire hexagonal, dont les administrés toutes catégories confondues (en dehors de celles sur-protégées des classes sociales dominantes), qui sont en réelle souffrance (sous-france ?), par suite du carcan institutionnel opposable, sans réelle POSSIBILITÉ d'AGIR à leur échelon local, ni à celui national, en vue de MODIFIER, de PESER sur ce qui ne va pas ou plus : les récentes manifestations , mais aussi celles d'un passé récent (notamment, la séquence "Gilets jaunes", les grèves de 2009 en Martinique et en Guadeloupe, les mouvements sociaux en Guyane en 2017, l'actuel passage en force du vote du budget via le 49-3, etc,), me paraissent soutenir la pertinence d'une telle réflexion.
A travers l'organisation et la mise en oeuvre de ces organes d emodification de la Constitution, il s'agit, vous l'aurez compris, d'organiser, NI PLUS, NI MOINS, un RAPPORT de FORCE, s'exprimant à l'intérieur d'un RAPPORT des FORCES, en vue de CONTRAINDRE l'actuel POUVOIR CENTRAL (ou celui appelé à lui succéder), à garantir la mise en oeuvre de ce projet (si celui-ci devait éclore), uax fins de sa parfaite et complète EXÉCUTION.
Mais vous pouvez, bien évidemment, ne pas être d'accord : cela est votre droit.
ENSUITE, j'ai noté avec une certaine satisfaction, l'intérêt manifesté par Karl, relatif à mon échange avec Frédéric C. : il ne s'agit pas d'immiscion, mais d'immersion et chacun y est le bienvenu.
Nous sommes d'accord, non pas sur l'essentiel (celui-ci est loin d'être dit), mais sur le contenu de l'ébauche d'un embryon de démarche de réflexion : c'est qu'il faut 9 mois pour enfanter, nihil novi sub sole !
Cela suppose, en effet, un regard sans complaisance, sur nous mêmes d'abord, c'est à dire, chacun sur soi, pour ce qui le concerne. Le reste de surcroît.
Disant cela, je comprends que les maux dont notre société est affublée, sont ceux, pour l'essentiel, par ordre dcroissant d'importance, en termes d'impact :
a) la quasi absence de mécanismes de contre-pouvoir ET de contrôle des personnels politiques, en TEMPS RÉEL et PERMANENT, du sein des organes de l'exercice du pouvoir;
b) de cette tare, la nature ayant horreur du vide, celui-ci a été vite comblé par cette propension pathologique des personnels politiques (locaux/nationaux) à ÉDICTER du HAUT (à partir d'eux, donc, détenteurs qu'ils sont de la vérité en tout), vers le BAS, une pratique devenue CONSTITUTIVE de leur ADN;
c) de cet ADN modifié, il s'en est suivi le "découplage" d'avec les masses, les administrés, les électeurs (cf/ abstentions massives, traduisant la DÉFIANCE), le PEUPLE SOUVERAIN (cf/ la Marseillaise, hymne national)
d) ce découplage a favorisé l'émergence d'une foultitude de partis, de syndicats divers et variés, de groupuscules plus atomisés les uns que les autres, chacun ACCROCHÉ à sa VÉRITÉ, tous les autres étant des mécréants, des infidèles, des traitres à la patrie, des ceci ou des cela, jusques et y compris, celle de "personnalités" dites "charismatiques" ici ou là, qui tels des gourous, allaient nous sortir de l'impasse : il suffirait de les "suivre". Voici, me semble-t-il, l'histoire résumée, d'ici ET de là bas.
ENFIN, s'agissant de la modification de la Constitution, nous n'avons pas la main, cela est exact.
C'est la raison pour laquelle (cf/ plus haut/ Albè), il n'y a pas d'autre biais que de passer par la NATIONALISATION de ce projet, dont les populations de l'Hexagone seraient partie prenante à part entière, sous réserve bien évidemment, que leurs élus (locaux/nationaux) s'impliquent et se sentent concernés !...ce qui n'interdit pas d'initier la démache localement, chez NOUS, en Outre-mer, et voir ce qu'il peut en advenir...
Vaste programme eût dit celui du 18 juin...j'en suis parfaitement conscient : la tâche est loin d'être simple, et ce n'est vraiment pas gagné !
Mais je crois que tout ce qui vaut, a un coût, mais pas de prix.
La route est longue et semée d'embûches, qui mène au Capitole...et il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne : mais cela, nous le savons.
Salutations courtoises

DEFINIR D'ABORD L'OPNI

Albè

20/10/2022 - 19:04

Karl, dans mon commentaire, je n'ai jamais parlé d'indépendance. J'ai simplement voulu souligner le fait que nous sommes tous incapables de penser notre avenir sans le cordon ombilical français. En fait, cela vient de notre incapacité à bien caractériser cet OPNI (Objet Politique Non Identifié) qu'est devenue la Martinique après avoir d'abord été une colonie, puis un département d'Outremer et ensuite une Collectivité d'Outremer. Derrière ces jolies désignations se cache en réalité un OVNI politique que le blabla télévisuel de nos grands politologues ne parvient pas à définir faute de courage intellectuel. S'ils en avaient un tant soit peu, ils qualifieraient notre île de "Colonie de 3è type". Différente donc de la colonie classique et différente de la néo-colonie africaine. Vaste chantier donc...

Jean NÉMAR

Frédéric C.

20/10/2022 - 20:31

Jean, à l'appui de votre refus de rédiger un article pour FONDAS, vous prétendiez ne pas être une sommité intellectuelle. Quand je lis vos commentaires, vos argumentaires et la culture les sous-tendant*, je dis que l'argument n'est pas valable. Vous n'êtes peut-être pas une "sommité machin" (moi non plus), mais vos textes, car vos commentaires sont des textes, ont tout ce qu'il faut pour construire des articles solides. Et ils ne seront pas censurés, j'en ai fait l'expérience, ils ne seront pas mis "à la poubelle", même si les idées que vous exprimez divergent** de celle du Dir.Publication. L'argument du monde régi hoy par des rapports de forces physiquement hyperviolents décidés par des pouvoirs qui se f... de nous et de nos avis ne tient pas + la route. Parce qu'à ce compte-là tout débat est inutile: on n'a qu'à attendre que la bombe thermonucléaire nous tombe sur la figure (un fou furieux US ou israélien ayant visé Cuba, mais, parkinsonien il a frappé centralement la Mque). Et puis comme à terme on est tous morts, même sans bombe, laissons tomber tout débat... Donc si vous n'êtes un contributeur habituel de Fondas, faites un article : vous avez des idées à proposer qui méritent débat. //**Non, je ne parle pas de soutiens-gorges, ni, ne soyons pas sexiste, de caleçons (avec la cédille au bon endroit); esprit mal tourné! / * Devinez ce que le verbe ainsi conjugué pourrait en langage sourd-muet "empirique". Pareil pour convergent, concupiscent, cucurbitacée, etc.

Albè, concernant ce que dit Karl sur l'independance...

Frédéric C.

20/10/2022 - 20:56

En terminant son court commentaire, Karl s'amusait de vous. Ça fait quelque 50 ans que je le connais, et env 25 ans que j'échange voire discute avec lui sur différents sujets, pas forcément politiques... Et parfois, il sort un truc du même tonneau, sans lien direct avec le débat en sa fluidité (comme la comète d'Halley sur la tête de Bill qui se secoue autour de la pendule sous Ike, biscotte I like Ike ki envoyait l'armée US renverser Arbentz). Genre "Le pont d'abord, la rivière ensuite!", mais transposé en pleine discussion sérieuse, avec un talent évident : on ne sait pas quoi répondre. C'est mi-provocation/mi-foutage de gueule. Pas forcément méchant, mais désarçonnant. Si vous vous embarquez chaque fois à répondre à la lettre, bon courage! Vous avez oublié de répondre pour l'argument "Sékou Touré", argument troué qui devient donc "C'est tout troué" (ce que dut être l'idée finale de JFK lors de sa dernière migraine en 63).

OPNI OU COLONIE QUI A "REUSSI"?

Karl

20/10/2022 - 20:58

Cher Monsieur Albè,
Je n'ai jamais indiqué que vous aviez parlé d'indépendance.
A vous lire, je crois même que nous sommes d'accord sur un point. Ce que vous appelez OPNI est peut être un exemple de colonisation qui a "réussi" (notez les guillemets). Nous sommes peut-être un peu comme les peuples amérindiens d'Amérique qui, après avoir été quasiment exterminés (de 11,5 millions à 250 000 en 1890) par les colons européens sont devenus des citoyens américains, sans oublier pour autant leur histoire et leurs revendications, y compris territoriales.
OPNI ou exemple de colonisation "réussie", cela nous impose l'obligation d'inventer une voie qui n'a pas déjà été empruntée par d'autres. Sans doute est-ce plus difficile et plus risqué mais je ne vois pas d'autres solutions que celle là sinon que de "jeter les français à la mer" afin de mettre un peu de cohérence entre ce que nous disons et ce que nous sommes.

Il ne faut rien exagérer...

Jean NEMAR

20/10/2022 - 21:18

Vous êtes bien aimable, mon cher, et je vous remercie de votre mot, pour le moins chaleureux.
Je crois qu'il y a un petit malentendu, doublement articulé, qu'il convient de lever, et un troisième point que je voudrais exposer :
1- je ne refuse pas (au sens de REFUS) de rédiger un article pour FONDAS : je dis que cela ne servira à rien, et en rien ne fera avancer le schmilblick. Je me contente, ainsi que je vous l'ai dit, de rédiger un commentaire, lorsque ceux publiés à tel ou tel moment, me paraissent nécessiter un contre argumentaire, assurant ainsi le débat, et si possible, la qualité de celui-ci.
2- je n'ai jamais pensé, ou dit, que l'éventuel article que je pourrais publier pour FONDAS, irait à la poubelle : j'ai dit que tout article, tout écrit, toute oeuvre en général donc, est vouée à finir dans la poubelle de l'indifférence (en tout cas c'est l'esprit de mon propos que je vous invite à relire), tant il est vrai que bien des sommités se sont exprimées avant moi, et depuis des siècles, si ce n'est millénaires, et voyez l'état du monde. Un exemple, deux peut-être ? dites moi, qu'avons nous fait de FANON et son remarquable "damnés de la terre" ? Qu'avons nous fait de ce tout aussi remarquable "Discours sur le colonialisme", de CÉSAIRE ? Pas grand'chose, sinon d'organiser des colloques, des forums, des congrès, "autour de la parole de " ou encore "de la pensée de ", autrement dit d'organiser des remises de prix , en veux tu, en voilà, dans le monde très feutré de l'entre-soi...A titre personnel, très peu pour moi, merci.
3- il faut bien considérer, au-delà de ma "réticence" à "publier" spontanément sur FONDAS, que cela vient également d'une démarche d'abord inconsciente puis de plus en plus consciente, et qui est la suivante : en publiant spontanément, nous restons dans des schémas convenus, lesquels instituent un certain type de rapports : celui qui ÉCRIT, et celui (ou ceux ) qui LIT (LISENT), ainsi de suite jusqu'à l'article suivant. Cela devient, à la longue, une "production" attendue, du même type de celle entre les "écrivains" (les notres, notamment) et leurs éditeurs. Une telle pratique ne favorise pas l'effort intellectuel actif : celui du développement de l'esprit critique, indispensable à l'amélioration de la qualité du débat.
En revanche, si à la suite de la publication d'un commentaire, l'auteur dudit commentaire était "bombardé" de questions l'invitant à expliciter, préciser, au besoin reformuler un propos, cela supposerait que le lecteur n'est pas resté "passif" à consommer du texte, mais a produit à son tour, un effort signifiant, alimentant ainsi le débat.
Voilà, je pense avoir été compris...même si nous ne sommes pas d'accord !
Cela étant, j'ai apprécié votre touche d'humour, finale, même si je n'ai pas tout compris...vous voyez, je ne suis vraiment pas une sommité...je ne "pige" pas tout, ni tout de suite, mais à l'occasion, nous pourrons échanger des points de vue, cela n'engage à rien.
Salutations courtoises

COLONISATION REUSSIE

Albè

21/10/2022 - 15:57

Karl, votre expression de "colonisation réussie", il me semble qu'Edouard Glissant l'avait déjà employée dès les années 80. il parlait de "hawaïsation" de la Martinique ! Je ne partage pas du tout son idée : d'abord, parce que les Indiens d'Amérique que vous citez et les autochtones hawaiens que Glissant évoque sont ultra-minoritaires sur leurs terres natales (1% d'Indiens aux USA ; 20% d'autochtones hawaïens). Or, en Martinique, nous sommes 80, voire 90% de Martiniquais. La deuxième raison qui m'oppose à l'idée de colonisation réussie c'est qu'elle ne frappe que les peuples qui sont demeurés figés dans leur culture (Aborigènes d'Australie, Amérindiens du Brésil ou des USA, Hawaiens etc.), or, nous Martiniquais et Caribéens avons réussi à inventer une nouvelle culture qui est en phase avec le processus de mondialisation. Nous sommes hypermodernes en fait et non arriérés ! Notre problème, qui est une véritable énigme, est le suivant : comment se fait-il que doté d'une culture mondialisée, mosaïque, kaléidoscopique etc..., nous soyons incapables de nous appuyer sur elle pour accéder à la souveraineté ?

"MOINS DE PAIN, PLUS DE DIGNITÉ"???

Karl

21/10/2022 - 18:16

Cher Albè,
De mon point de vue, une colonisation "réussie" est une colonisation qui a l'assentiment des colonisés. Par cette idée, j'essayais de donner sens à votre propos sur la "Colonie de 3ème type".
Je ne vois aucune énigme dans le fait que plus le temps passe et en dépit "d'une culture mondialisée, mosaïque, kaléidoscopique" , plus nous nous éloignons de la souveraineté et c'est justement ce qui me fait dire que la colonisation a effectivement réussi. En effet, depuis la loi dite de départementalisation, les paramètres de notre pays et le comportement de ses habitants se sont alignés sur ce qui existe, peu ou prou, dans les pays européens développés. Comment une Martinique indépendante pourrait elle soutenir un tel fonctionnement social (je ne parle pas des aspects individuels mais collectifs), à supposé même que cela soit un objectif et qu'on y parvienne? Les Martiniquais ont parfaitement bien perçu cet enjeu auquel les partisans de l'Indépendance ne répondent pas!!!
Marcel MANVILLE, alors membre du Parti communiste Martiniquais, en 1978, avait parfaitement perçu cette contradiction qu'il avait "résolu" par une formule disant que le choix était entre "moins de pain et plus de dignité". De la formule à la réalité, il y a un pas..... que je ne saurais franchir.
Mais rêvons un peu : L'Etat Martiniquais indépendant obtient, ainsi que le propose Raphael CONFIANT, d'être approvisionné en gaz et en pétrole gratuitement pendant 10 ans, par l'Algérie et le Nigéria. Au titre des réparations, chaque afro-descendant reçoit de la France 350 millions d'euros (soit 122 500 milliards d'euros au total), confiés au trésor du nouvel Etat. Ce chiffre a été produit par Myers, "Slavery reparations could carry a $17 trillion price".
Alors, les paris sont ouverts?

Si je puis me permettre...

Jean NEMAR

21/10/2022 - 19:47

La formule de Marcel MANVILLE, d'une cynique honnêteté, est à saluer.
Je la compléterais de la manière suivante : "Moins de pain : sûr ! - Plus de dignité : joker ! - Plus de balata bel bwa : garanti 100%, bon matin, an midi, au swè !"
Salutations courtoises

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