C’est révoltant.

Pourquoi des chefs politiques placés au pouvoir par la magouille, les tractations ou les violations flagrantes de la constitution se disent-ils que s’ils ont “le blanc” avec eux, ils peuvent agir sans s’inquiéter des besoins de la majorité ou de la volonté populaire? On a vu que cela mène toujours à des conflits qui condamnent ces pouvoirs à la violence et à la corruption, jusqu’à ce qu’ils finissent par céder ou soient forcés à des compromis.

Pourquoi des citoyens et citoyennes, techniciens ou politiques, qui auraient pu servir leur pays en travaillant avec des pouvoirs légitimes vont-ils perdre leur crédibilité, et avec elle leur dignité et leur bon renom dans des folies autoritaires ou dictatoriales qui ne leur confirment qu’une autorité de fait et des avantages matériels de courte durée, lesquels biens mal acquis ne sont pas à l’abri de la colère populaire?

Pourquoi cette incapacité chez certains politiques de suivre une ligne de conduite dans leur vie civile et une ligne politico-idéologique qui leur assurerait le respect de la population et même de leurs adversaires? Comment peut-on être hier social-démocrate, aujourd’hui d’extrême-droite, et demain n’importe quoi juste pour une petite part de n’importe quel pouvoir? Pourquoi s’avilir, se faire moquer, detester, devenir symbole de vilenie, de trahison, au point que presque personne ne vous plaint quand les malheurs vous tombent dessus?

Pourquoi ne pas reconnaître l’évidence? Nos meilleurs écrivains nous le disent depuis longtemps, nos chercheurs en sciences humaines, les religieux humanistes de toutes les confessions, nos éducateurs dignes de ce nom, le peuple lui-même, qu’un pays ne peut pas continuer à vivre en toute tranquillité quand il produit autant d’injustices et d’inégalités?

Pourquoi une partie du secteur des affaires appuie-t-elle toujours des pouvoirs corrompus et illégitimes? Pourquoi est-ce que la seule chose dont elle a peur, c’est la colère populaire? Comme dit le poète: “rien n’est à eux, ni le travail ni la misère”, et vous voudriez qu’ils disent: tout est bien, continuons. Imaginez ce qu’aurait provoqué ailleurs une hausse de cinquante pour cent sur des produits essentiels. Ici, plus de cent pour cent! Comment imaginer que cela puisse être accepté? Parce qu’ici, les gens ne sont pas des gens mais des moutons ou des toutous?

Pourquoi toutes ces choses qui retardent l’avancée vers un pays habitable pour tous, dans lequel chacun se sentira citoyen?

Pourquoi ne pas reconnaître que le temps est passé où l’on pouvait exclure le peuple comme acteur de son destin? Ce n’est plus le temps où il chantait: “Jakomèl la ki genyen Leta, genyen Leta Mini Zaka, nanpwen jistis o, peyi yo pou yo y a fè sa yo vle”. Ou s’il chante encore cette chanson, il faut prendre la dernière phrase comme une antiphrase. C’est valable pour la petite, la moyenne et la grande bourgeoisie, le pouvoir de facto d’Ariel Henry, les politiciens mercenaires de tous les pouvoirs. C’est fini le temps où peyi yo pou yo y a fè sa yo vle. Ne pas reconnaître cette réalité, c’est se préparer à le découvrir à ses frais.

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