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En février de cette année, il a fait 42° en Thaïlande.
En avez-vous entendu parler?
Sans doute pas.
Ici, cela n'a rien d'exceptionnel. Au Royaume de Siam, on nous épargne les hectolitres de commentaires désemparés ou éplorés inondant depuis plusieurs jours les médias de France. Il est vrai qu'en Thaïlande la climatisation est partout dans l'espace public des grandes villes: administrations, entreprises, hôpitaux, services publics, banques, méga malls, centres commerciaux, hôtels, restaurants, bars, cinémas, grandes infrastructures de spectacles, salles de réunions, transports en commun, métros aérien et souterrain...and so on.
Bien sûr, tous les véhicules, en particulier les voitures, sont climatisés.
A noter toutefois une énorme lacune:
La plupart des écoles publiques du Royaume sont dépourvues de climatiseurs. Seules les institutions privées payantes ont recours permanent à cette forme vite onéreuse de réfrigération. De même, entre 80 ou 90% des foyers thaïlandais en milieu urbain, logements individuels, townhouses, condos, immeubles collectifs ne sont pas équipés d'un " aircon ".
Ou alors, quand ils le sont, les familles s'obligent à une utilisation parcimonieuse d'un tel dispositif pour ne pas alourdir exagérément leur facture d'électricité. En milieu rural, la clim est carrément un luxe absent de l'immense majorité de l'habitat, maisons et domiciles.
Ce qui prime, c'est la prolifération des ventilateurs. Les patlom ( patlome ) en thaï. De tous volumes, tous gabarits. Plusieurs par pièce. Au plafond et répartis dans tous les points névralgiques du logis. Dans les salles de classe, en ville comme dans les provinces, les ventilos sont des éléments usuels du décor. C'est surtout un ingrédient du confort de base pour apprendre.
Dans la foulée, distribution gratuite d'eau potable à tous les élèves. Il suffit d'aller remplir sa bouteille personnelle à des bornes réfrigérées. Dans l'habitat privé, l'aération naturelle vient en renfort. Il n'est pas rare de voir les portes grandes ouvertes, notamment la porte d'entrée des appartements. Quitte à se prémunir des intrusions visuelles grâce à des rideaux de circonstance.
Objectif: favoriser la circulation de l'air.
Voire attirer les courants d'air. Ici, la ventilation naturelle comble le manque de clim. Dans les quartiers anciens de la capitale, d'architecture ancestrale, là où le temps s'écoule au ralenti, les masures sont généralement modestes et le bois reste un matériau très répandu. Moins étouffant que le béton des logements modernes.
Pour autant, les riverains n'hésitent pas à relever les rideaux métalliques garnissant les devantures et vivent volontiers sur la chaussée. Quel que soit l'endroit, il est un accessoire de plus en plus indispensable: les petits ventilos portatifs individuels. De vraies turbines très performantes. On en croise partout dans les foules affairées. Délicieux spectacle que de voir tant de gracieuses sylphides se pâmer d'aise à la caresse du vent.
Dans les vieux bus brinquebalants de Bangkok n'ayant pas encore été remplacés à ce jour par des cars neufs incluant tous les attributs de la modernité, la parade s'énonce facilement: vitres relevées et éventails en pagaille. Tout ça pour dire que les Thaïlandais vivent normalement même quand le mercure dépasse allègrement les 40°.
Certes, les gens peuvent suffoquer mais ils supportent les vicissitudes climatiques dûs à leur environnement.
Organismes et métabolismes se conforment aux réalités de la fournaise ambiante. Comme ils le font, de façon inversée, pendant la mousson.
A 42° et plus, les thaïlandais s'organisent et réduisent la voilure de leurs activités physiques lors des pics de chaleur. Concentrant l'essentiel de leurs efforts à l'air libre tôt le matin ou en fin d'après-midi.
A Bangkok, le parc Lumpini, royaume des joggeurs est plein à ras-bord à 6H-7H le matin ou après 17H. Au risque d'importuner les placides varans qui optent alors pour un plongeon dans le lac, jouant à saute-moutons avec les pédalos colorés en forme de canard. Les allées du même parc légendaire sont quasi désertes aux heures d'ouverture du soleil en surrégime.
Autre comportement notable. Ils choisissent de marcher du côté ombragé d'une rue. Pas sur le trottoir en surchauffe. Evitent les longues stations debout quand l'exposition à un soleil de plomb est maximale. Peu font le pied-de-grue à midi. Geste répété à l'infini : lever le coude. Boire beaucoup. De l'eau. Nam plaw ( nam plao ).
De plus en plus, des thés japonais dont regorgent les rayons des 15.000 7 Eleven du pays. Quand il s'agit d'ingurgiter une bière, ils ajoutent des glaçons au liquide ambré. Pour leur part, les femmes-orchidées à la beauté diaphane, ne veulent pas faner leurs pétales si délicats. Elles se protègent des ardeurs de l'astre incandescent grâce aux muâk ( mouaque ) les chapeaux traditionnels de forme cônique. C'est le cas des vendeuses de street food, des marchandes derrière leurs étals, leurs carrioles, dans la rue, au marché. Beaucoup se munissent d'ombrelles, de parapluies et de petits parasols. Ce qui, entre autres, leur permet d'abriter l'épiderme. Et de le garder dans les tons clairs. Surtout, éviter de brunir la peau. Seules les rizicultrices, les pieds dans la gadoue, ne peuvent échapper à un registre colorométrique nettement plus mat.
En ville, les femmes ne lésinent pas sur les brumisateurs et les tissue-piak ( tichiou piaque ) ces carrés de papier humectés qui se vendent comme des petits pains dans les supérettes mini Big C et les boutiques Watson's. Idéal pour rafraîchir la peau.
Les hommes, eux, arborent casquettes et couvre-chefs. Tels des trophées.
Sur les chantiers de construction, les ouvriers, hommes et femmes, ont le corps dissimulés dans d'épais blousons. Plutôt l'étuve vestimentaire que l'on s'inflige soi-même que de cuire au soleil.
Garder les bras couverts à grand renfort de manches longues est une priorité absolue. Le cou engoncé dans des passe montagne en laine. Surréaliste.
Élément de la panoplie, la tête enrubannée de plusieurs épaisseurs d'étoffe en plus du casque de protection de rigueur.
Idem pour les taxis-motos, les fameux motosai à gilets de couleur orange et pour l'armada des livreurs GRAB qui sillonnent la ville en deux roues, de jour comme de nuit.
En définitive, personne ne s'affole. Aucun événement n'est empêché. Rien n'est reporté ou pire, annulé du fait de températures élevées.
Bref, on ne diffère pas les examens scolaires.
Tous les événements programmés ont lieu comme prévu.
On le comprend aisément: Nés en milieu tropical, les Thaïs se sont remarquablement adaptés jusqu'ici à l'élévation continue des degrés celsius, ongsa ( onguesa ) en thaï. Canicule comprise. Tous les détails évoqués, visant à la survie quotidienne, ne relèvent-ils pas du bon sens le plus élémentaire?
A croire que les citoyens siamois sont dotés d'une logique cartésienne hors pair. Certains la croyaient pourtant domiciliée dans la seule sphère occidentale.
Ces qualités d'adaptation mais aussi d'endurance et de résistance qui font aujourd'hui merveille seront de plus en plus requises.
Plusieurs climatologues de renom ont enjoint les Thaïlandais à anticiper les effets et les conséquences de températures hors normes.
Dans le contexte du bouleversement climatique mondial, le thermomètre grimpant à 54° dans un avenir pas si lointain au pays du sourire est une hypothèse présentée comme plausible sinon probable. Circonstanciellement, un fautif siège dans le box des accusés: le phénomène El Niño.
Mais il faut se projeter bien au delà.
Comment enrayer les scénarios d'une combustion généralisée à échéance rapprochée?
A chacun de phosphorer.
Patrick Chesneau
j'ai lu deux livres pour mon travail.
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Mais elle ne mérite pas l'appellation minimaliste de "conasse" ...Bizarre non ?
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Il donne des conseils pour que l'on ne s'occupe pas de ce que je dis ,mais ce faisant il me consa Lire la suite
...d’accord, les divergences sont parfois profondes, mais cependant on arrive à échanger, on disc Lire la suite
C'est le fétichisme de l'objet. Lire la suite
un frère se sent concerné, les blancs ont des conflits internes mais sont toujours contre les aut Lire la suite
les martiniquais et guadeloupéens
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..."des MANIPULATIONS politico-historiques de bien plus vaste ampleur".
Lire la suite...un peu la poésie de Césaire, ce texte est en effet bluffant.
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PS Toutes mes excuses à Térèz Léotin dont le nom devrait apparaître dans la légende de la dernièr Lire la suite