Les bidons continuent d’arriver, les pulvérisateurs de fonctionner, les sols d’absorber. En 2023, la Martinique a vendu 19,4 tonnes de glyphosate sur son territoire. Un chiffre officiel, tiré de la Banque Nationale des Ventes de produits phytopharmaceutiques, qui dit une chose simple : l’herbicide le plus controversé de France n’a pas disparu de nos exploitations. Loin de là.
Certes, la courbe descend : 25 tonnes en 2021, 20 tonnes en 2022, 19,4 en 2023. Soit une baisse de 22,7 % en deux ans. Mais parler de sortie du glyphosate tiendrait du slogan : en 2023, ces 19,4 tonnes représentaient encore plus du tiers des 54,6 tonnes de substances actives vendues au total dans le cadre du suivi Ecophyto. Le glyphosate reste la molécule clé des agriculteurs martiniquais, utilisée dans les bananeraies et les champs de canne à sucre.
La nuance compte. La BNV-D comptabilise les ventes, pas les épandages réels. Les 19,4 tonnes enregistrées correspondent aux achats effectués auprès de revendeurs installés en Martinique, pas nécessairement à ce qui a été répandu dans nos sols cette année-là. Mais l’ordre de grandeur reste fiable.
Le glyphosate traîne une double réputation : efficace pour désherber, suspect pour la santé. L’Organisation mondiale de la santé le classe comme cancérogène probable depuis des années. Pourtant, l’Union européenne a renouvelé son autorisation en novembre 2023, pour dix ans. Ce feu vert européen a eu un effet immédiat : en France métropolitaine, les ventes de glyphosate sont reparties à la hausse, passant de 6 753 tonnes en 2023 à 8 269 tonnes en 2024. La mesure de crédit d’impôt qui encourageait l’abandon de la molécule a été supprimée dès 2023. Résultat : l’usage repart.
En Martinique, la dynamique reste plus contenue. Mais la tendance nationale interroge : si le cadre réglementaire favorise à nouveau le glyphosate, la baisse locale peut-elle se poursuivre ? Rien n’est moins sûr.
Le Cirad avait publié en mars 2024 une étude sur les scénarios possibles de sortie du glyphosate dans l’agriculture martiniquaise. L’organisme explorait les alternatives techniques et économiques pour les producteurs : désherbage mécanique, couverture végétale, autres herbicides moins controversés. Ces pistes existent, mais elles demandent du temps, de l’investissement, et souvent un changement complet de pratiques.
Les chiffres de 2023 montrent que ce basculement n’a pas eu lieu. Les exploitations continuent de dépendre massivement du glyphosate, faute de solutions aussi simples et bon marché. Et pendant ce temps, la molécule s’inscrit dans les sols, avec une question qui reste en suspens : combien de temps encore avant qu’on la remplace vraiment ?
La Martinique n’en est pas à son premier débat sur les intrants chimiques. L’île porte encore les stigmates du chlordécone, cet insecticide utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993, trois ans après son interdiction en métropole. Des études récentes ont montré que le glyphosate, en accélérant l’érosion des sols, peut libérer dans les eaux des résidus de pesticides anciens, dont le chlordécone. Un phénomène observé aux Antilles françaises, qui vient rappeler que les molécules d’hier et d’aujourd’hui s’entremêlent dans les écosystèmes locaux.
19,4 tonnes en 2023. Une baisse, oui. Une victoire, non. Le glyphosate reste ancré dans nos pratiques agricoles, et tant que les alternatives ne seront pas économiquement viables à grande échelle, les bidons continueront de circuler. Le chiffre de 2024, quand il sera publié, dira si la tendance se poursuit ou si, comme en métropole, le vent tourne à nouveau.
Sources :
Pulvérisation de produits phytosanitaires sur des cultures en zone tropicale. © Image générée par IA / Pollinations
Je cite le commentaire précédent: .....la justice cherche TOUJOURS à leur trouver une excuse liée Lire la suite
...tu peux te les foutre au cul, pauvre négro-lepéniste ! Lire la suite
Contrairement à ce qu’énonce caricaturalement cet article rédigé à la va-vite ,en France, il ex Lire la suite
...la démolition mais la reconstruction à l'aide d'une architecture européenne. Lire la suite
Je me permets d intervenir car ces démolitions sont souvent réalisées soit par les propriétaires Lire la suite
La préservation de notre patrimoine martiniquais, qu’il soit antanlontan ou jòdijou, devrait être Lire la suite
On s'en fout ! Ce n'est pas LE SUJET DE L'ARTICLE. Lire la suite
Sauf que Judas vend Jésus et que c'est Pierre qui prétend ne pas le connaître.....
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...la castration, nous dit Yeg-Yug-Troyag. EVIDEMMENT IL S'AGIT D'UNE ENIEME ANERIE ! Lire la suite
Qu'est ce que c'est que cette histoire à la con de "civilisation ARABE(notons -le) conquérante"?< Lire la suite