Il avait traité André Thien-Ah-Koon de « chinois » : la Cour de cassation renvoie Patrick Lebreton au tribunal, en décembre

Il avait aussi traité Jeannot Lebon, son opposant municipal et conseiller communautaire à la Casud de « TDC, Trou Du Cul »… Selon nos informations, le maire de Saint-Joseph, également 1er vice-président de la Région et président du CTR (IRT) devra comparaître devant la Cour d’appel de Saint-Denis le 8 décembre prochain. 

 Le août 2020, lors d’une réunion politique publique, Patrick Lebreton alors député-maire de Saint-Joseph, avait traité André Thien-Ah-Koon, maire du Tampon et président de la Casud, de « chinois », en ajoutant « le chinois qui veut bèse tout’ pou li au Tampon ». A neuf reprises, lors de ladite réunion, Patrick Lebreton avait employé ce terme à l’encontre d’André Thien-Ah-Koon.

André Thien-Ah-Koon, maire du Tampon et président de la Casud jusqu’en 2024

Sans doute, faisait-il allusion au fait qu’en juillet de la même année, André Thien-Ah-Koon venait d’être réélu à la présidence de la Casud (une des deux intercommunalités du Sud) au bénéfice de l’âge. Un poste auquel postulait également Patrick Lebreton. Mais l’élection n’a pas tourné en sa faveur en raison notamment du vote de deux élus de son opposition municipale à Saint-Joseph, parmi lesquels Jeannot Lebon. Lors de cette même réunion du 6 août 2020, Patrick Lebreton avait également traité ce dernier de « TDC », en précisant que « TDC, oui ça veut dire trou du cul. Un TDC comme ça i trouvera pas, lu lé pas digne d’être un boug qui fait de la politique ». Jeannot Lebon avait donc lui aussi pris pour son grade.

Le 25 février 2022, Patrick Lebreton a comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour « injures publiques et raciales ». Les juges de la Correctionnelle l’ont relaxé. La justice ayant considéré que les propos de Patrick Lebreton ne portaient pas atteinte à la dignité de Tak et de Jeannot Lebon.

Jeannot Lebon, conseiller municipal de l’opposition à Saint-Joseph et conseiller communautaire de la majorité à la Casud

Les juges de la Correctionnelle ont considéré « qu’eu égard au contexte d’une campagne politique, au respect de la liberté d’expression et au contrôle de proportionnalité incombant au juge, le seul fait de désigner une personne par ses origines ne peut être constitutif d’une insulte à caractère raciste tant que, comme en l’espèce, cette référence n’est pas qualifiée par un adjectif offensant ou méprisant », que « le fait d’avoir employé à plusieurs reprises l’expression « le chinois » ne saurait davantage caractériser des propos injurieux à caractère raciste ».

La Cour de cassation estime que la Cour d’appel de Saint-Denis « n’a pas justifié sa décision »

Ils relèvent, pour le surplus, « l’absence de toute mise en cause de la communauté chinoise, présente à La Réunion, observant que, dans le contexte local général où différentes communautés ethniques ou religieuses cohabitent en bonne intelligence, il n’est pas, en soi, injurieux de désigner une personne par ses origines ».

André Thien-Ah-Koon avait fait appel de la décision du tribunal correctionnel. En 2023, la Cour d’appel a confirmé le premier jugement en prononçant de nouveau la relaxe au profit du maire de Saint-Joseph.

L’affaire n’en est pas restée là car via ses avocats, André Thien-Ah-Koon s’est pourvu en cassation. Le 25 février 2025 – soit plus d’un an après le verdict de la Cour d’appel -, la Cour de cassation a rendu son arrêt (passé complètement sous silence au niveau local). Elle considère que « la Cour d’appel de Saint-Denis n’a pas justifié sa décision ». En clair, qu’elle a mal jugé.

La Cour de cassation ajoute : « en effet, même si le fait de réduire une personne à son origine supposée ne présente pas, à lui seul, un caractère injurieux, il appartenait aux juges du fond d’apprécier le sens et la portée des propos poursuivis en procédant à une analyse des termes du discours dans lequel ils s’inséraient, éléments extrinsèques qu’il leur incombait de relever, la seule référence au contexte local étant, à cet égard, insuffisante ».

Pour ces motifs, la Cour de cassation a décidé de « casser et d’annuler, en toutes ses dispositions, l’arrêt susvisé de la cour d’appel de Saint-Denis de La Réunion, en date du 13 mars 2023, et pour qu’il soit à nouveau jugé, conformément à la loi. Et de renvoyer la cause et les parties devant la cour d’appel de Saint-Denis de La Réunion, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ». Autrement dit, c’est retour à la case « tribunal » pour Patrick Lebreton. D’après nos informations, l’audience est prévue pour le 8 décembre prochain devant la Cour d’appel de Saint-Denis.

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    09/12/2025 - 11:42

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    08/12/2025 - 13:12

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    C'EST CA !

    Albè

    04/12/2025 - 08:57

    T'es plus intelligent que l'avocat Raphaël Constant, rédacteur de l'article, qui a plus de 40 ans Lire la suite