Jeanne Duval, cette envoûteuse, qui jamais n'arbora de masque

Térèz Léotin

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Charles Baudelaire, poète reconnu, était aussi adepte des « Paradis artificiels » fasciné par les transgressions, les catins, la drogue dont Les fleurs du mal stimulaient chez lui la créativité poétique. Monsieur Baudelaire censuré en son temps, « semblable au prince des nués qui se rit des archers, lalbatros maladroit dont les ailes de géant l’empêchent de marcher » avait sa nymphe qui comme l’Égérie de la légende était sa maîtresse.

Elle s’appelait Duval, Lemer, Lemaire ou Prosper, autant de patronymes aussi divers que son origine même qui allait de Jacmel en Haïti, l’ile de la Réunion baptisée Bourbon, à l’ile Maurice et à tant d’autres iles bercées par les alizés.

Jeanne, Sarah, Duval, Lemer, Lemaire ou Prosper, La muse ténébreuse de Baudelaire est ici l’invitée de l’ouvrage de Raphaël Confiant. On va à sa rencontre rue de la Femme-sans-tête dans un modeste appartement meublé. On y trouve une femme qui se disant comédienne chante des mélopées de son pays natal dans un idiome que les voisins ont du mal à comprendre, ce qui accentue les commérages dans lesquels ces gens prétendent « qu’elle serait folle, non pas à lier mais de folie douce ». On a tous envie de croire que la rue où elle vit, lui doit son nom. Que nenni ! Le nom de la rue l’a précédée.

 C’est qu’elle est théâtreuse la donzelle. Sa pourtant modeste croupe fait son employeur - réputé pour sa pingrerie, mais au regard exotique plutôt très généreux - penser à la Vénus Hottentote, cette africaine réduite en esclavage et exhibée comme bête de foire en Europe pour son large postérieur. Morte le 29 décembre 1815 à Paris, ni Baudelaire, ni Jeanne qui n’étaient pas nés, ne l’ont connue.

Jeanne, elle, n’est pas en cage, elle sait monnayer ses charmes lorsque par les temps difficiles où les sous se font rare chez elle, elle conduira qui veut au royaume des plaisirs et ce pour argent comptant.

Elle est mulâtresse, la Jeanne, nous dit l’auteur, elle habite à quelque pas de l’hôtel Pimodan où Baudelaire le poète réside. Il l’avait sauvé d’une bagarre où trois ivrognes la rouaient de coups et depuis elle est devenue sa maîtresse qui s’était vite transformée en combattante.

Il s’en amourache au point de confesser à son miroir : « J’ai mal à la vie elle-même », et dans le cycle de disputes, séparations et autres réconciliations, Baudelaire aurait toujours « aimé dormir à l’ombre de ses seins comme un hameau paisible au pied d’une montagne ».

Cet ouvrage rallume la flamme de deux êtres très opposés mais aussi très attachés l’un à l’autre. La belle escapade de Baudelaire et Jeanne traversant leur amour qui a laissé de belles lettres sur son passage.

Nous voyons aussi la fin d’une ère, le début d’une autre, adieu les moulins à vent, bonjour l’usine, au revoir la nuit obscure, bonjour la lumière électrique. Le vingtième siècle montre déjà combien il est presque prêt à se mettre dans la place.

L’auteur, Raphaël Confiant fait revivre la passion de deux êtres transportés par leur volupté, deux cœurs, deux corps qui ont su allier exotisme, érotisme et, pour Baudelaire, la complicité supplémentaire qu’est l’inspiration.

Jeanne est une muse ténébreuse nous dit Confiant. Ses secrets, son origine, son comportement et l’apparente couleur sombre de sa peau nous y obligent. Le mot « ténébreuse » nous interpelle.

Baudelaire l’a aimée, l’a aidée, en a fait, à un moment de sa vie sa légataire universelle, mais la liaison n’ira pas plus loin que leur passion qui pourtant fut longue. Était-ce les limites sociales qu’il ne fallait pas franchir, ou les normes qu’il valait mieux éviter de transgresser, qui s’y opposaient ?

La femme noire n’était-elle pas considérée, peut-être d’ailleurs l’est-elle encore, tout simplement comme l’originale maîtresse, une espèce de modèle d’exotisme contrôlé ?

Qu’on se le dise, « Jeanne cette envouteuse jaillie des profondeurs de nulle part n’arborera jamais de masque. »

Térèz Léotin

 

Raphaël Confiant, La muse ténébreuse de Baudelaire, MERCURE DE FRANCE 20 €, Mai 2021

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    PAUVRE NAZE !

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    Pendant ce temps là.......

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  • Qui a vidé la banque des békés? - COMPTES ET MECOMPTES ANTILLAIS

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    yeg

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    Tout à fait d'accord ...et très vite !!

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  • Qui a vidé la banque des békés? - COMPTES ET MECOMPTES ANTILLAIS

    Yeg!!!!!!!!!!???????????

    @Lidé

    17/09/2026 - 17:50

    il faut arrêter ces délinquants, non?

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    AH BON ?

    Albè

    17/09/2026 - 07:40

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  • I kité 4 fanm nan labim-solo

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    Vous confondez "papillonisme" et relations sexuelles interraciales.
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