La liste des maisons d’édition à éviter

Vous avez terminé d’écrire votre livre, il est lu, relu, corrigé : il est temps de penser à l’édition ! Trouver à quelle maison d’édition envoyer son manuscrit n’est pas long fleuve tranquille. Il est préférable d’éviter ces maisons d’édition qui se disent à compte d’éditeur mais qui n’en sont pas véritablement. Comment détecter les éditeurs à compte d’auteur ? Quelles sont les maisons d’édition à éviter ? Voici nos conseils pour faire votre choix en toute sérénité.

Mise à jour du 03.04.2026

Cet article a longtemps cité des maisons d’édition nommément. Suite à plusieurs mises en demeure, nous avons choisi de faire évoluer son format.

Notre objectif reste inchangé : aider les auteurs à mieux comprendre le fonctionnement du secteur, à éviter certaines pratiques problématiques et à détecter des signaux d’alerte, en nous appuyant sur des situations réelles, anonymisées et généralisées.

Si vous avez un doute, un retour d’expérience ou besoin d’un avis, vous pouvez nous contacter directement par mail ou échanger dans les commentaires. Ceux-ci, nourris depuis plusieurs années, constituent une source d’information complémentaire.

Il est rappelé à toute fin utile que cet espace constitue un moyen d’entraide et de transparence qui contribue à protéger les auteurs des pratiques abusives contre lesquelles nous nous opposons. Cependant, veuillez à privilégier des faits précis plutôt que des jugements de valeurs et des expériences personnelles vécues plutôt que des affirmations générales. Chaque contributeur s’exprime librement et de sa propre responsabilité.

Les différents types d’éditeurs

Selon la Société des gens de lettres, le seul contrat d’édition à compte d’éditeur valable est celui où l’auteur ou l’autrice cède ses droits à l’éditeur. Ce dernier prend en charge l’ensemble des frais et dépenses nécessaires à la publication et à l’exploitation du livre. L’auteur ne débourse aucune somme et est même rémunéré sous forme de droits d’auteurs.

De nombreuses maisons d’édition sont en fait à compte d’auteur. Dans ce cas, la maison vous demande de l’argent pour financer l’édition de votre livre et dans certains cas, vous fait signer un contrat d’édition dans lequel vous cédez les droits de votre oeuvre. Les sommes demandées sont souvent considérables et il est généralement plus intéressant d’opter pour l’auto-édition qui vous permet de mieux gérer votre budget et vous garantit de conserver les droits sur votre oeuvre. Dans le compte à demi (ou édition à compte participatif), la maison d’édition prend en charge certains frais, mais l’auteur s’engage à acheter un certain nombre d’exemplaires du livre ou à financer une partie de l’édition.

Détecter une maison d’édition à compte d’auteur ou à demi

Il y a plusieurs signaux qui permettent de savoir que vous avez affaire à une maison d’édition à compte d’auteur ou à demi.

La maison d’édition fait de la publicité pour solliciter des manuscrits

Prudence, un véritable éditeur à compte d’éditeur est naturellement submergé de manuscrits sans avoir besoin de publicité ! La seule exception réside dans les appels à textes qui sont souvent émis par des éditeurs pour des anthologies ou dans le cadre de concours d’écriture.

Si vous croisez ce type de publicité, consultez le site internet de l’éditeur et notamment ses mentions légales ou ses conditions générales de vente afin de connaître les modalités d’édition. Et si cette rubrique n’existe pas, fuyez !

L’éditeur vous répond dans des délais très courts

Le temps de l’édition traditionnelle est long, très long. Il faut compter six mois minimum pour avoir un retour du service des manuscrits. Si on vous promet (ou si vous recevez) une réponse sous quelques semaines, prudence. Même si on vous prétend le contraire, aucun comité de lecture n’a pu réellement lire le manuscrit.

Et si on vous produit une lettre contenant soi-disant une synthèse de fiche de lecture, sachez que les phrases sont passe-partout et peuvent s’appliquer indifféremment à n’importe quel ouvrage. Par exemple « vous entraînez vos lecteurs dans des aventures rebondissantes et enthousiasmantes. À cela, ajoutons que votre style est beau, limpide, que vos descriptions sont fines et que vos personnages ont une épaisseur qui les rend parfaitement cohérents. »

Vous recevez des relances (insistantes) de la part de l’éditeur

Après vous avoir envoyé le courrier d’acceptation et la proposition de contrat, l’éditeur vous relance plusieurs fois pour vous inviter à signer votre contrat le plus rapidement possible pour ne pas perdre de temps. Dans une maison d’édition à compte d’éditeur, encore une fois, le temps est long.

Si on vous demande de l’argent ou on vous oblige à acheter un certain nombre d’exemplaires, il ne s’agit pas d’un éditeur à compte d’éditeur.

Le site internet de l’éditeur s’adresse d’abord aux auteurs (et non aux lecteurs)

Les clients d’une maison d’édition à compte d’éditeur, comme Gallimard ou J’ai Lu, ce sont les lecteurs, ceux qui achètent les livres. Le catalogue est donc mis en avant et il y a éventuellement une page quelque part pour soumettre son manuscrit. Sur le site d’une maison à compte d’auteur, on s’adresse au client qui est l’auteur avec des mentions comme « Soumettez votre manuscrit » ou « Publiez votre livre  » dès la page d’accueil, avant même le catalogue.

Attention, dans le cas des plateformes d’autoédition et les prestataires de services pour les auteurs comme Librinova, l’auteur est là aussi le client. Mais tout est clairement établi, puisque le site ne se présente pas comme une « maison d’édition ». Surtout, dans ce cas, vous ne signez pas un contrat d’édition (puisque vous êtes votre propre éditeur) et vous conservez tous vos droits.

Vous cherchez une véritable maison d’édition à compte d’éditeur ?

Consultez la liste d’éditeurs partenaires de Librinova, garantie 100 % compte d’éditeur.

Exemples concrets de pratiques à connaître (et à questionner)

Les situations ci-dessous sont inspirées de cas réels rencontrés par des auteurs. Elles ont été volontairement anonymisées et généralisées. L’objectif : vous aider à identifier certains mécanismes et à poser les bonnes questions avant de vous engager.

Cas n°1 : une publication présentée comme “gratuite”… avec des frais indirects

Un auteur reçoit une proposition de publication, avec cession de droits, sans frais apparents. Mais certains services essentiels (correction, mise en page, couverture, promotion) sont en réalité payants.

À vérifier :

  • Quels services sont inclus dans la publication ?
  • Les prestations payantes sont-elles indispensables ?
  • Le modèle est-il clairement expliqué dès le départ ?

Cas n°2 : une participation financière demandée à l’auteur

Certaines structures proposent une publication en échange d’une participation financière, parfois de plusieurs milliers d’euros.

À analyser :

  • Le modèle est-il clairement assumé (compte d’auteur, participatif) ?
  • Le coût est-il justifié par les services proposés ?
  • Le positionnement est-il clair : éditeur ou prestataire ?

Cas n°3 : une obligation d’achat d’exemplaires

Dans certains contrats, l’auteur doit acheter un certain nombre d’exemplaires de son propre livre, parfois à un tarif préférentiel.

À questionner :

  • L’achat est-il obligatoire ou simplement proposé ?
  • Le volume demandé est-il raisonnable ?
  • Cette obligation remplace-t-elle une rémunération ou un investissement de l’éditeur ?

Cas n°4 : un contrat à examiner attentivement

Certains contrats peuvent prévoir des conditions peu favorables : cession de droits étendue, rémunération faible, seuil de déclenchement des droits, engagements limités de l’éditeur.

Signaux d’alerte :

  • Durée ou périmètre de cession flous
  • Conditions de rémunération peu avantageuses
  • Manque d’engagements précis de l’éditeur

Cas n°5 : une diffusion ou une visibilité difficile à évaluer

Certaines maisons mettent en avant une présence en librairie ou une diffusion large, sans que cela ne se traduise concrètement.

À creuser :

  • Le livre est-il réellement diffusé ou seulement référencé ?
  • Existe-t-il des preuves de présence en librairie ?
  • Quels moyens sont mis en œuvre pour promouvoir l’ouvrage ?

Cas n°6 : un processus de sélection rapide ou peu exigeant

Un manuscrit peut être accepté rapidement, parfois sans retour éditorial détaillé.

À questionner :

  • Le manuscrit a-t-il été réellement évalué ?
  • Un travail éditorial est-il prévu ?
  • Le modèle repose-t-il sur la sélection ou sur le volume ?

Ces cas ne sont pas systématiques mais ils existent. L’essentiel est de rester attentif, de poser des questions et de bien comprendre chaque engagement avant de signer.

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