Rédigés par des chercheurs martiniquais ou étrangers, un nombre impressionnant d'ouvrages relevant de l'ethnologie et de l'antropologie s'emploient à étudier et expliciter la réalité martiniquaise.
Il est regrettable que les pouvoir locaux n'aient pas jugé nécessaire de créer un fonds qui permettrait leur republication, cela avec un éditeur sérieux, car malheureusement certains de ces ouvrages sont épuisés et ne sont disponibles que dans quelques bibliothèques de l'île.
Nous les avons classés par ordre chronologique...
****
. 1883 : Le préjugé de race aux Antilles françaises, étude historique, G. Souquet-Basiège, Editions Désormeaux/L'Harmattan (republication en 1979) ! " L'histoire de la société coloniale, de ses origines, de son développement à travers deux siècles, de ses dimensions, manque encore à notre pays. Répugnant par nature aux explications toutes faites, j'ai voulu me rendre compte d'un antagonisme où les souvenirs de l'esclavage et des lois d'exception se confondent avec les ressentiments laissés par les luttes civiles. C'est le résultat de cette étude que je livre aujourd'hui au jugement de mes concitoyens, en leur demandant d'avoir pour mes intentions une justice égale à mon affection pour tous. […]" G. Souquet-Basiège - Saint-Pierre en Martinique, le 10 mai 1883.

. 1934 : Le serpent à la Martinique. Sa légende, ses moeurs, ses ennemis. Comment les Caraïbes et les Nègres soignaient ses piqures. Essai de médecine rétrospective, Henry de Lalung, Edition des Laboratoires Corbière.

. 1952 : Peaux noires, masques blancs, Frantz Fanon, Le Seuil : Un éclairage essentiel sur le racisme et les rapports de domination. La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d’avenir. Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels du tiers monde. "Un livre qui ne revendique aucune méthode, non théorique, basé sur une expérience subjective : celle d’un homme qui se découvre Noir dans le regard d’un Blanc. Comment sortir de l'assignation par la couleur de la peau ?" France culture. Né à Fort-de-France, Frantz Fanon (1925-1961) s’engage dans les Forces française libre en 1943, puis étudie la médecine, la philosophie et la psychologie à Lyon. Il devient médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, mais il est expulsé d’Algérie en 1957 et s’installe à Tunis où il reste lié avec les dirigeants du GPRA. Il meurt d’une leucémie après avoir publié deux autres ouvrages consacrés à la révolution algérienne et à la décolonisation.

. 1955 : Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe, Michel Leiris, Gallimard/UNESCO : "L'enquête dont les résultats font l'objet du présent ouvrage a été confiée à M. Leiris en vertu de la résolution 3.22 du programme de l'Unesco pour 1952. Celle-ci prévoyait "un inventaire critique des méthodes et des techniques employées pour faciliter l'intégration sociale des groupes qui ne participent pas pleinement à la vie de la communauté nationale, du fait de leurs caractéristiques ethniques et culturelles ou de leur arrivée récente dans le pays". Le choix des Antilles françaises comme terrain de recherche répondait à l'orientation que l'Unesco s'est efforcée de donner aux études faites, sous ses auspices, dans le domaine des relations raciales. Les travaux qui ont été poursuivis dans différents pays ont un caractère commun : le désir d'apporter une contribution positive à la solution du problème racial." (Extraits de la préface.)

. 1977 : Quimbois, magie noire et sorcellerie aux Antilles, Ary Ebroïn, édité par J. Grancher : acommpagné de 61 pentacles et sceaux magiques.

. 1979 : Contes-Légendes-Proverbes-Devinettes et autres histoires fantastiques, Marie-Thérèe Julien Lung-Fou, Editions Désormeaux.

. 1979 : Le cas Beauregard, Herman Perronnette, Editions Désormeaux : Certains ont dit de René BEAUREGARD qu'il n'était qu'un criminel né, un esprit démoniaque, dont les mauvais instincts, longtemps contenus, explosèrent sans crier gare, comme un coup de grisou et se donnèrent libre cours pour le plus grand malheur de bien de ses concitoyens. D'autres ont vu en lui un révolté, une sorte de héros populaire, de ROBIN des BOIS qui sut se dresser et lutter contre la tyrannie d'une autorité au seul service du capital... A chacun sa vérité... A sa mort pourtant, l'on brûla des cierges en actions de grâces dans l'église de Rivière-Pilote, mais la disposition des cires était telle qu'aux dires des anciens, des initiés, il s'agissait en fait d'un hommage de reconnaissance au défunt. Et des âmes pieuses illuminèrent sa tombe au jour de la Toussaint.

. 1979 : Races et classes à la Martinique. Les relations sociales entre enfants de différentes couleurs à l'école, Michel Giraud, Editions Anthropos :

. 1981 : Le Discours antillais, Edouard Glissant, Le Seuil : Cet essai analyse, à partir du cas martiniquais, les forces à l'œuvre dans les cultures antillaises.Système des plantations ; peuplement pyramidal : africains et hindous à la base, européens au sommet ; phénomène culturel de créolisation ; langues de compromis : dans les Antilles francophones, le créole ; syncrétisme des civilisations ; insularité.Le discours antillais porte la marque de ces traits de culture. Il s'efforce vers leur élucidation. Il débouche peut-être sur un langage nouveau. Il confronte en tout cas, dans sa partie créolophone, les dangers du passage de l'oral à l'écrit.Ces dangers sont exacerbés dans un pays comme la Martinique, où les puissances de la politique d'assimilation sont à l'œuvre. Ce qui se joue là, c'est, dans le cadre moderne des «contacts de civilisation», la possibilité pour une communauté de bâtir une culture «composite», éloignée à la fois des renoncements faciles et des replis stérilisants.On débouche alors sur une Poétique de la Relation mondiale dont, par-delà les terrifiants avatars de l'histoire contemporaine, les Antilles porteraient en elles la promesse, une des promesses parmi d'autres.Ce livre est donc de littérature, et de politique : de sciences humaines.

. 1982 : 9 histoires de quimbois. Faits vécus de sorcellerie aux Antilles, Hermann Perronnette, Edotions Désormeaux : « Elle avait quatre-vingts ans. Elle aurait été mère de huit enfants et grand-mère d’une vingtaine de petits-enfants, mais elle vivait seule, entourée d’objets de piété. Je n’ai retrouvé d’elle qu’une demi-hanche droite à peine identifiable et naturellement un squelette calciné. Après de laborieuses recherches dans les cendres passées au tamis, nous découvrîmes deux ou trois dents, quelques objets métalliques représentant un pentagramme non identifiable, une sorte d’étoile de Salomon, et les deux tiers illisibles d’une bible reliée sur peau, alors que sa propriétaire était censée ne pas savoir lire. Le Chef de brigade de Gendarmerie, en dépit de tous ses efforts ne put recueillir aucun témoignage : personne, du quartier Lézarde à Gros-morne, n’avait vu la moindre flamme dans cette case où pourtant avait été calcinée cette vieille dame… » Terribles souvenirs de Médecine légale du Docteur Hermann Perronnette qui nous fait découvrir là, le monde inquiétant des quimboiseurs, des diablesses, des séances occultes et des pratiques malfaisantes. Souvenirs étranges où le cruel se mêle au dérisoire, où l’inexplicable rencontre parfois la mystification et où les remarquables descriptions de la Martinique des années quarante nous rappellent que l’auteur du « cas Beauregard » est et restera l’un de nos plus saisissants conteurs.

. 1983 : Anthropologie en Martinique, Francis Affergan, Presses de Sciences Po : A la Martinique, l'assimilation et l'assistance sont venues lentement se substituer au colonialisme classique. Ainsi, les consciences, abîmées, souffrent de l'impossibilité même de poser le problème de l'identité : les dominés sont devenus leurs propres dominants. Ce livre ouvre des voies neuves à l'anthropologie culturelle : le rapport altérité/différence, le mode économique d'improduction, la vision infrapolitique du réel, les rapports asociaux, la maladie non pathologique et, enfin, le «souci exotique». Le vécu, tel que l'auteur l'a ressenti durant plus de cinq ans au milieu des Antillais, devient le fondement même de la démarche scientifique. Parler des autres est un leurre : ne faut-il pas se contenter de parler aux autres si on veut éviter les ornières d'une certaine anthropologie ?

. 1983 : La sorcellerie à la Martinique et dans les îles voisines. Ses positions et ses réactions dans ses rapports avec le culte chrétien ambiant, J. B. Delawarde, éditions Tequi (Paris) : ouvrage posthume du Père J. B. Delawarde qui est une véritable somme sr les pratiques sorcières martiniquaises.

. 1989 : Le référent ethno-culturel dans le conte créole, Raymond Relouzat, L'Harmattan/Presses Universitaires Créoles :

. 1990 : L'immigration chinoise à la Martinique, Jean-Luc Cardin, L'Harmattan : l'immigration chinoise a joué un rôle non négligeable dans la formation de la société martiniquais post-esclavagiste. Cet ouvrage expose les causes de l'immigration chinoise, les conditions de leur arrivée dans l'île et leur insertin au sein de la société martiniquaise.

. 1990 : Contes de nuits et de jours aux Antilles, Ina Césaire, Editions Caribéennes : Douze ans après la publication de son premier ouvrage bilingue Contes de Mort et de Vie aux Antilles, Ina Césaire, ethnologue martiniquaise, spécialiste des littératures orales de l'arc caraïbes, nous propose un nouveau recueil de contes inédits, collectés dans les campagnes de la Martinique.

. 1990 : L'immigration antillaise en France, Alain Anselin, Karthala : Bilan de la mobilité économique et sociale d'une communauté en quête d'histoire. En 1960, l'Etat français créé le BUMIDOM (Bureau des Migrations d'Outremer) qui pendant une vingtaine d'années transférera des milliers de jeunes travailleurs antillais vers l'Hexagone. Ils finiront par devenir presqu'aussi nombreux que les habitants restés en Martinique et en Guadeloupe mais se verront confrontés à de nombeux problèmes s'agissant de leur intégration dans la société française.

. 1992 : L'école aux Antilles, Michel Giraud, Léon Gani, Danièle Manesse, Khartala : L'échec scolaire, particulièrement accusé à la Guadeloupe et à la Martinique, y est encore un phénomène mal connu. Quelles sont les tentatives visant à réduire l'échec scolaire qui puissent tenir compte tout à la fois des réalités sociales, culturelles et linguistiques de ces pays et de leur nécessaire ouveture aux échanges internationaux ? En quoi cette ambition met-elle en question les contenus et les finalités des systèmes éducatifs ? Après avoir présenté les différentes expériences novatrices et les réformes éducatives dans cette région, les auteurs tentent de mettre en évidence les facteurs de l'échec en Guadeloupe et en Martinique et reviennent, en particulier, sur les effets de la diglossie créole - français. A partir d'une enquête menée auprès de 400 élèves de CM2 et de sixième, de leurs parents et de leurs maîtres, ils analysent les difficultés scolaires de ces enfants mais aussi les attitudes et les représentations sociales des adultes face à l'Ecole. C'est qu'il ne dépend pas seulement de l'Ecole que ces difficultés soient surmontées.

. 1994 : La famille coloniale. La Martinique et la mère patrie, Richard D. E. Burton, L'Harmattan : analyse globale des rapports entre la Martinique et la France de 1789 à nos joyrs et de l'évolution de la société martiniquaise pendant la même période, notamment dans ses aspects politiques et idéologiques. L'analyse se concentre sur l'image de la France comme "mère patrie" face à laquelle la Martinique occupe une position filiale et dépendante.

. 1995 : Les maitres de la parole créole, Raphaël Confiant (en collaboration avec Marcel Lebielle), Gallimard : ouvrage qui recense et traduit en français les contes de vingt-six conteurs de la Martinique, la Guadeloupe, Sainte-Lucie, la Dominique et Haïti. Contes accompagnés des photos (réalisées par David Domoison) des conteurs dans leur vie quotidienne.

. 1995 : Contes créoles des Amériques, Raphaël Confiant, Stock : De la Louisiane à la Guyane, en passant par tout l'archipel des Antilles, s'est développée pendant trois siècles la civilisation de la canne à sucre que l'on retrouve dans les romans de l'Américain Faulkner, du Martiniquais Glissant ou du Brésilien Amado. Cette société de plantation a sécrété une riche culture orale faite de contes, de devinettes, de chants, dont l'inventaire n'a pas encore été totalement réalisé. De nombreux contes créoles, aujourd'hui menacés, ne perdurent que dans la bouche de vieux conteurs. C'est à partir de ces contes-là, en opérant sur eux un véritable travail littéraire ( et donc loin de toute reproduction ethnographique) que Raphaël Confiant a écrit ses Contes créoles des Amériques. Ce qui frappe le plus dans ces contes, c'est le syncrétisme culturel unique qui les constitue : apports amérindiens, européens, africains et asiatiques s'y mêlent en une bousculade verbale tout à la fois joyeuse et tragique. Une synthèse de tous les mythes du monde extrêmement moderne ouvrant à l'interprétation des peuples et des cultures.

. 1996 : Tambours des dieux. Musique et sacrifice d'origine tamoule en Martinique, Monique Desroches, L'Harmattan : Quelle est la nature des liens entre la musique et la société ? En l'occurrence, les battements de tambour des cérémonies tamoules de la Martinique vont-ils au-delà d'un simple accompagnement sonore de leurs phases ? Les profils rythmiques sont-ils déterminés par le contenu du rituel ? Si oui, comment s'opère le processus d'attribution symbolique ? C'est à ces questions, entre autres, que ce livre tente de répondre. Les Tamouls sont venus à la Martinique comme engagés, après l'abolition de l'esclavage, au milieu du XIXe siècle. Ils venaient assurer la main-d'oeuvre dans les plantations alors désertées par les anciens esclaves. S'ils ont aujourd'hui perdu l'essentiel de leurs traditions d'origine, ils ont précieusement conservé une cérémonie religieuse que les créoles appellent bondyé kouli. Une des particularités de cette cérémonie réside dans la musique, dont la rythmie des tambours circulaires conduit à la possession du prêtre et à l'immolation des animaux. Première analyse ethnomusicologique de cette musique en aire créole, l'ouvrage montre comment la musique structure le rituel et régit la communication avec les dieux. Dans un chassé-croisé de considérations sociales et musicales, Monique Desroches, propose une démarche d'analyse dont le cadre d'application pourrait être transposé à d'autres cultures musicales.

. 1998 : Hindouismes créoles. Mascareignes, Antilles, Jean Benoist, éditions du CTHS : les dieux de l'Inde ont suivi les émigrants vers les îles où ils sont venus, travailleurs engagés pour le travail de la canne. Par delà le cas de l'hindouisme à la Réunion, aux Antilles françaises et à l'île Maurice, l'auteur pose un problème général : comment passe-t-on des anciennes croyances aux nouvelles prières et comment le religieux s'enchâsse-t-il dans le social ?

. 1998 : Tradition orale et imaginaire créole, Raymond Relouzat, Ibis Rouge Editions :

. 1998 : Martinique. Comportements et mentalités, Guy Cabort-Masson, Laboratoire de Recherches de l'AMEP : analyse des conséquences du processus d'assimilation entamé suite à la Loi de Départementalisation/Assimilation votée en 1946 à l'Assemblée Nationale Française, loi rapportée par le député Aimé Césaire.

. 1998 : Mémoires d'un chabin, Max Elysée, Editions Olbia : En 1935 à la Martinique, la famille Edgar compte un garçon pas comme les autres, Frédéric, né chabin c'est-à-dire blanc de peau, bien qu'issu de parents noirs. Cette anomalie en fait le vilain canard de la petite communauté de Macouba. Maladroit avec les filles, malmené par un père autoritaire et un frère rebelle qu'il admire en secret, Frédéric trouve refuge auprès de la littérature et des rêves habités, visionnaires. La condition de chabin est en effet pleine de superstitions dont Frédéric fait bientôt l'expérience douloureuse mais libératrice, cathartique. Un esprit visite ses rêves, le ramène en Afrique, où ses ancêtres ont connu la traite des esclaves, où la malédiction s'est abattue sur la famille Edgar. Alors que les rapports de force s'exacerbent en Martinique entre blancs et noirs, compliqués par des mariages mixtes et de vieilles rancunes, Frédéric accomplit son étrange destin. De la Dominique à Saint-Louis du Sénégal, parviendra-t-il enfin à s'affranchir de son passé ? Roman initiatique créole, ces Mémoires d'un Chabin soufflent les alizés, tantôt favorables, tantôt contraires, de l'acceptation d'une différence. Leur langue richement chamarrée, entre Faulkner et Chamoiseau, constitue une invitation au voyage sur les pas mélancoliques du chabin.

. 1998 : Mémoire d'Au-Béro. Quartier indien de Foyal, Jean-Pierre Arsaye, Ibis Rouge Editions : il y a près d'une trentaine d'années, en 1970, disparaissait sous les flots de la tempête Dorothy, le quartier Au-Béro. Y vivaient plusieurs familles indiennes dans des conditions misérables, au bord du canal Levassor qui traverse la partie ouest de Foyal (ancien nom de Fort de France). Regroupées dans une sorte de hangar et dans des bicoques sordides, elles étaient vouées au service de voirie de la ville. Comment ce quartier s'était-il constitué ? Pourquoi une population descendante d'immigrants introduits à la Martinique pour remplacer les anciens esclaves dans les champs de cannes s'était-elle retrouvée là, à exercer les tâches les plus honnies ? Pourquoi le quartier Au-Béro, à la jonction entre Indianité et Créolité, n'a-t-il pas été reconstruit ? Que sont devenus ses habitants ? Après une enquête d'environ deux années auprès de ces derniers et de personnes ayant fréquentées le quartier, Jean Pierre Arsaye a pu reconstituer l'histoire de toute une micro-société, de sa naissance à sa disparition, mettant ainsi au jour bien des aspects oblitérés d'un passé pourtant proche. Un remarquable essai d'ethno-histoire, qui est aussi une manière d'anti-épopée.

. 2000 : La danse aux Antilles. Des rythmes sacrés au zouk, Jacqueline Rosemain, L'Harmattan : L'Eglise et les gouvernements coloniaux tout au long des siècles ont combattu les danses des esclaves en les qualifiant de licencieuses et leurs rythmes de sauvages. Nous découvrons ici les origines de ces rythmes et de ces danses appelées calendas, ainsi que leur long cheminement, car elles sont non seulement africaines mais aussi catholiques. Elles honorent les mêmes dieux : Bacchus, Vaudou et le Christ. En effet, les calendas ont été dansées en Grèce, à Rome et dans l'Eglise chrétienne. Prêtres et religieuses en France les dansaient dans les églises, les cloîtres et les cimetières jusqu'au XVIIIe siècle ; en Espagne et dans les colonies espagnoles jusqu'au XVIIIe. Les îles n'ont été qu'un lieu de rencontre. Leurs similarités (gestuelle sexuelle et rythmes "pernicieux") favorisèrent leurs fusions. Ces danses, parce qu'elles étaient dansées par les colons, perdurèrent jusqu'au début de ce siècle sous le nom de biguine, tango, rumba, etc. Aujourd'hui nous les retrouvons sous ceux de son et de zouk.

. 2000 : Le commerce diabolique, Franck Degoul, Ibis Rouge éditions : étude qui porte sur la figure du fossoyeur et plus largement sur l'imaginaire des divers rapports existant entre vivants et morts au sein de la société martiniquaise.

. 2003 : De l'Inde à la Martinique. Le droit d'exister, Roselyne Gamess et Yves Gamess, éditions Désormeaux : les auteurs ont retracé les grandes dates de l'immigration indiene de 1853 à 1884. Ils se sont attelés à décrire la souffrance, les humiliations subies ainsi que les efforts effectués par ces nouveaux arrivants pour s'intégrer en dépit de l'hostilité des travailleurs noirs récemment libérés.

. 2003 : Lamétéo atè bannzil karayib-la, Serge Restog, Guides du CAPES de créole, Ibis Rouge editions. Ouvrage rédigé en créole par un aiguilleur du ciel qu présente à la fois la perception martiniquaise et antillaise des phénomènes météorologiques et les explications scientifiques.

. 2003 : Les Blancs créoles de la Martinique, une minorité dominante, Edith Kovats Beaudoux, L'Harmattan : Minorité qui représente à peine 1 % de la population de la Martinique, les Blancs créoles, familièrement appelés Békés, sont les descendants des colons venus s'établir sur l'île dès le début du XVIIe siècle. Ils ont initialement bâti leur fortune et leur pouvoir sur la production et le commerce du sucre dans le cadre d'un système esclavagiste de plantation. Malgré les nombreuses ruptures qui caractérisent l'histoire sociale des Antilles, ils ont su conserver, avec un grand sens de l'adaptation, leur cohésion et leur position en tant qu'élite économique et sociale. S'appuyant sur une recherche de terrain de plus d'un an, effectuée en 1965-1966, cet ouvrage étudie le groupe des Blancs créoles dans sa dynamique interne, son système de domination, et les relations interethniques que celui-ci implique à la Martinique. Cette étude, qui a constitué un point tournant de la recherche antillaniste, fournira bien des éléments de réponse à tous ceux qui s'intéressent à la société martiniquaise et qui cherchent à comprendre la complexité des rapports entre les groupes sociaux qui la composent.

. 2004 : La ronde des derniers maîtres du bèlè, Jean-Marc Terrine, HC-Editions : Le bèlè : un art des mornes autour du chant, de la danse et du tambour, pratiqué par des paysans dans les campagnes de Sainte-Marie, au nord de la Martinique. Une expression diabolisée depuis la nuit des temps, qui a survécu tant bien que mal depuis l’esclavage. Les Martiniquais renouent petit à petit avec un grand mouvement culturel qui fut longtemps marginalisé. L’univers du bèlè a enfin gagné ses lettres de noblesse ; on ne parle plus d’art archaïque, ni de “ mœurs de vieux nègres. ” Les artistes, les maîtres du bèlè, sont malgré tout restés dans l’ombre à ce jour. Les derniers chanteurs, danseurs, joueurs de tambour sont peu nombreux, ils sont issus d’une longue tradition initiatique. Leur parcours, leurs danses, leurs styles, leurs expressions, ils n’en ont jamais parlé. Ce livre, tente de combler ce vide. Sans spécialistes, sans techniciens, nos artistes-paysans prennent la parole et parlent de leur vie autour de cet art total.

. 2004 : L'Inde dans les arts de la Guadeloupe et de la Martinique, Jean Benoist, Monique Desroches, Gerry L'Etang, Gilbert Francis Ponaman, Ibis Rouge Editions : Jamais l'Inde n'a cessé d'habiter les descendants des immigrants qui l'ont quittée au XIXe siècle pour la Guadeloupe et pour la Martinique. Mémoire dont la religion est l'ancrage principal. Musique, chant, danse, statuaire devaient répondre aux exigences des cultes. Mais le patrimoine ainsi maintenu est confronté aux influences du grand large, celles de l'Inde retrouvée, et aussi celles des changements matériels, sociaux, intellectuels que vivent les sociétés antillaises. Ce livre décrit cette période charnière. Que faire du patrimoine dans un monde qui change et qui le dévalorise ? Le garder figé, c'est le faire mourir en s'étouffant soi-même. Mais le laisser disparaître anéantirait une culture et un héritage. En sollicitant la mémoire indienne des îles et en décrivant la réalité actuelle, ce livre examine les mutations en cours. Une longue observation du patrimoine indien de ces régions, et de nombreux entretiens avec des personnes engagées dans la vie religieuse, culturelle ou politique, permettent aux auteurs quelques hypothèses sur les enjeux des permanences et des innovations dans les faits artistiques venus de l'Inde à la Guadeloupe et à la Martinique.

. 2006 : Ti Jean et Monsieur le Roi/Ti Jan é Misié Liwa, bilingue créole-français, Christine Colombo, L'Harmattan : De Ti Jean à Ti Toto, le conte créole avec ses rebondissements, ses contradictions et ses enseignements met en scène un des aspects de la culture martiniquaise. Le passage à l'écrit de ce patrimoine oral est l'occasion d'expérimenter la nouvelle graphie de la langue créole proposée par Jean Bernabé, fondateur du G.E.R.E.C. Krik ! Krak ! Sété adan an péyi ki té ni an papa ki té ni an gawson yo té ka krié Ti Jan, papa-a vini mò, paren gawson-an pran i, i mété i lanméson-i, i té ka fè travay-li mé an lè man pa sav sa ki rivé boug-la, boug-la vini tibren sirè. Cric ! Crac ! C'était dans un pays où il y avait un garçon qui s'appelait Ti Jean, son père étant mort, son parrain l'a recueilli, l'a installé dans sa maison, il lui faisait son travail mais à un moment, je ne sais pas ce qui est arrivé au bonhomme, le bonhomme est devenu un peu embêtant.

. 2007 : Martinique d'antan. La Martinique à travers la carte postale ancienne, André Lucrèce, HC-Editions : Avec près de 600 cartes postales anciennes, cette nouvelle édition de Martinique d'Antan est une invitation à un voyage dans la Martinique du début du siècle. L'ouvrage est articulé autour de 3 grands thèmes : voyage dans les communes et les paroisses de l'île, les grandes cités (Saint-Pierre avant et après la catastrophe et Fort-de-France) et les gens d'antan. Chaque Martiniquais pourra donc retrouver les lieux qu'il connaît - ou qu'il a connu - et découvrir ou se souvenir de la Martinique du début du siècle et de son folklore.

. 2008 : Détresse créole. Ethnoépidémiologie de la détresse psychique à la Martinique, Raymond Massé, Presses de l'Université Laval (Québec) : Au carrefour de ce mal être qui sous-tend la vie psychique de nombreux membres des sociétés occidentales et de “l’originalité du contexte culturel et historique des Antilles françaises”, au carrefour aussi du poids de l’histoire et des bouleversements de la modernité, la détresse créole construit son visage particulier, sur une trame plus générale: les troubles sont colorés, selon le mot de l’auteur, dans leurs “modes d’expression, d’explication et de prise en charge” par cette originalité. Et c’est dans l’interstice entre un problème général et ses spécificités locales que se glisse ce livre. Il incite alors à une double lecture: celle qui y recherche une clé d’interprétation de certaines réalités antillaises, et celle qui y découvre une ethnoépidémiologie capable de prendre en compte avec une égale attention les données de l’anthropologue, celle du psychiatre et celles qu’apportent divers registres de la connaissance d’une société.

. 2009 : Moi, Cyrilia, gouvernante de Lafcadio Hearn, Ina Césaire, Elytis : "Cyrilia, j'ai dit bonjour ! - J'ai répondu, commère ! Et comment va ta vie ? - Pas trop mal, grâce à Dieu ! Entre donc, ma fille ! Tu tiens bon ? - Sans faiblesse, Cyrilia, et je ne te dis qu'une chose : honneur ! - La même chose pour toi, ma soeur, et je te réponds : respect !" Ainsi débute, dans cette Martinique de la fin du XIXe siècle, une conversation entre Renélis… "Cyrilia, j'ai dit bonjour ! - J'ai répondu, commère ! Et comment va ta vie ? - Pas trop mal, grâce à Dieu ! Entre donc, ma fille ! Tu tiens bon ? - Sans faiblesse, Cyrilia, et je ne te dis qu'une chose : honneur ! - La même chose pour toi, ma soeur, et je te réponds : respect !" Ainsi débute, dans cette Martinique de la fin du XIXe siècle, une conversation entre Renélise Belhumeur, lavandière de son état et sa voisine Cyrilia Magloire. Le sujet de ces bavardages ? Le séjour à Saint-Pierre d'un singulier personnage, Lafcadio Hearn, journaliste passionné de culture créole, qui a engagé Cyrilia comme gouvernante. Par la suite, devenue l'informatrice privilégiée de celui qui disait vouloir tout connaître de la culture populaire martiniquaise, elle se fera ethnographe avisée de sa propre culture. Cet "échange de paroles" entre les deux commères, prend son origine dans les souvenirs que l'écrivain Lafcadio Hearn - plus tard connu pour ses écrits sur le Japon - a laissé de son séjour à Saint-Pierre de la Martinique, en 1888. Véritable document ethnographique, ce livre est aussi un moment de pur bonheur oratoire, l'écriture d'Ina Césaire restituant merveilleusement l'inventivité, l'humour et la vigueur poétique de la langue créole.

. 2011 : Les noms de famille de la population martiniquaise d'ascendance servile : origine et signification des patronymes portés par les affranchis avant 1848 et les "nouveaux libres" après 1848 en Martinique, Guillaume Durand, L'Harmattan : Cet ouvrage constitue « la suite » des Noms de famille d'origine africaine de la population martiniquaise d'ascendance servile. Il est ici question des noms non africains des affranchis et surtout de ceux que l'on a appelés les « nouveaux libres », patronymes attribués en Martinique à la faveur de l'abolition de l'esclavage de 1848. Sont proposés ainsi, pour pratiquement plus de 15 700 noms, soit une explication étymologique ou linguistique, soit une définition, un commentaire, une observation.

. 2013 : Le colonialisme oublié. De la zone grise plantationnaire aux élites mulâtres à la Martinique, Patrick Bruneteaux, Terra : Rapporter ce constat, mille fois avéré par la littérature comme par les chercheurs, d'un mal - être fondamental des Antillais colonisés ne signifie pas ressusciter une fois de plus les recherches affirmant les multiples dépendances à l'égard de la métropole (colons / colonisés) ou les effets persistants du racisme dans toutes ses dimensions (Blancs/Noirs). Cet ouvrage entend exhumer une réalité taboue au travers d'une fonction sociale intermédiaire : le rôle des Noirs eux-mêmes dans le maintien de l'ordre esclavagiste et colonial ; ainsi que les circuits sociaux de la reproduction de cette " zone grise " jusqu'à aujourd'hui. D'où le fil directeur de cet ouvrage fondé sur la notion de tripartition : partir des structures socioraciales de l'Ancien Monde (békés / mulâtres / nègres), et plus particulièrement des rapports de force physiques entre colons, serviteurs et colonisés, pour suivre les transformations progressives de cet ordre relationnel jusqu'à aujourd'hui. Grâce à l'étude fine des représentations des acteurs et notamment des musées, il est possible de lire très distinctement ces jeux d'obédience à l'ordre néocolonial français : derrière le bruit d'un discours identitaire écran, on repère le travail persistant des mulâtres destiné à dissoudre les traces de leurs actions passées, à brouiller les jeux d'alliances entre élites issues du système colonial, et à légitimer leur pouvoir actuel ainsi que leur prétention à parler au nom du peuple noir.

. 2015 : Chronique d'un lieu de pensée. Fonds Saint-Jacques, Jean Benoist, Ibis Rouge Editions : durant quinze années, le Centre de Recherches Caraïbes de l'Université de Montréal a été présent aux Antilles, par ses chercheurs et ses étudiants. Installé à la Martinique dans le beau lieu historique de l'ancien monastère de Fonds Saint-Jacques, le centre a d'abord permis le sauvetage et la restauration du lieu. Puis, il a réalisé de multiples travaux en anthropologie, linguistique, archéologie, géographie, démographie, zoologie et écologie et publié un grand nombre de livres et d'articles.

. 2017 : Contes de vie et de mort aux Antilles, Ina Césaire et Joëlle Laurent, co-édition NENA/Editions Nubia : Dans cet ouvrage bilingue (créole / français) Joëlle Laurent et Ina Césaire présentent des contes populaires enregistrés sur le vif lors de veillées funéraires qui eurent lieu dans les campagnes antillaises de la Martinique et de la Guadeloupe. Une introduction condensée les situe dans leur contexte historique et sociologique recense leurs personnages et en analyse la symbolique et la signification profonde. À ce répertoire varié, riche d'enseignements et d'humour, le créole apporte l'authenticité irremplaçable de son rythme de terroir et de sa syntaxe intime. On y trouve exprimée, sans la moindre ambiguïté, l'identité nationale d'un peuple aux prises avec les violences socioculturelles de l'esclavage et du colonialisme; car le conte, véritable reflet de la société, agit en microcosme; héros et épisodes transposent ici, de façon à peine voilée, les personnages et situation de vie propres au milieu antillais.

. 2018 : Contes des sages créoles, Patrick Chamoiseau, Le Seuil : Avec ses Contes des sages créoles, Patrick Chamoiseau nous convie à un voyage haut en couleurs en terres martiniquaises. Au fil d'une écriture musicale et imagée, le conteur donne vie à des personnages dont les histoires nous embarquent au coeur de la culture créole, en même temps qu'elles rappellent combien ces textes de la "survie" ne prennent sens que par rapport au contexte auquel ils se réfèrent : la période colonialiste inhérente à l'histoire des Antilles. En cela, le rôle du conteur est essentiel.

. 2019 : Zwazo. Récit d'un prêtre hindou commandeur d'habitation à la Martinique, Gerry L'Etang/Victorien Permal, HC-Editions : récit de vie d’Antoine Tangamen dit Zwazo (1902-1992). Sa compétence en matière d’hindouisme à la Martinique en fit l’interlocuteur principal de ceux qui s’intéressaient à cette religion. De ceux qui, ethnologues ou non, pressentaient qu’avec lui disparaîtrait tout un monde. Et surtout de tous ces dévots qui se pressaient la semaine devant sa porte pour le prier d’organiser leurs cérémonies. Car le dimanche, quand s’arrêtaient les tambours cérémoniels, l’homme dialoguait avec les dieux. Il a également vécu un siècle de condition indienne, de créolisation indienne dans une commune du nord de l’île. Il a enfin connu les transformations de la société de plantation, d’habitation, dont il fut un rouage essentiel : un commandeur, contremaître des récoltes.

. 2020 : Art contemporain en Martinique, Dominique Berthet, L'Harmattan : il existe en Martinique un incroyable bouillonnement artistique et un réel foisonnement de création : « Peintures, sculptures, volumes, collages, assemblages, œuvres monumentales, vidéos, photographies, techniques mixtes, installations, performances cohabitent et s’hybrident ». L’art est « d’une impressionnante vitalité et d’une grande diversité ». Son constat se fonde, entre autres, sur la fréquentation assidue depuis près de trente ans, de nombreux artistes de Martinique et de leurs ateliers, « des laboratoires de pensée et d’action » souvent évoqués dans ses divers ouvrages.

. 2020 : Un modèle collectiviste martiniquais. La SICA de Fonds Saint-Jacques, Guy Flandrina, SCITEP : la SICA de FONDS Saint-Jacques est la première et la plus ancienne société d'intérêt collectif agricole de la Martinique. Sa naissance en 1957 se situe à un moment crucial de l'histoire de la Martinique. C'est une nouvelle étape pour le monde des campagnes martiniquaises et celui qui gravite autour de la "Transat" et du transport maritime.

. 2021 : Histoire de l'école à la Martinique. Nos maîtres d'école, Yvette Faraudière, L'Harmattan : Nos maîtres d'école ont relayé de génération en génération le feu sacré des valeurs de progrès liées aux savoirs et à la discipline intellectuelle chez les plus humbles. Venus d'Europe, ils ont été d'abord des congréganistes, Soeurs de la Congrégation de Saint-Joseph de Cluny, Frères de l'Instruction Chrétienne dits Frères de Ploërmel, puis laïcs déclarés Hussards de la République.Comment s'est constitué le corps enseignant public et laïc, formé en quasi-totalité d'instituteurs, résidents locaux, qui a oeuvré en Martinique tout au long du XXe siècle ? Quelles opportunités ont permis la promotion spectaculaire de la femme martiniquaise par l'instruction ? Devenir institutrice, c'était abandonner une situation de précarité dans un contexte de domination masculine pour accéder à un statut socialement reconnu, valorisant pour elle et pour ses enfants. La profession de maîtresse c'école, en Martinique, est la première profession féminine, chronologiquement,

. 2021 : Le répertoire du conteur Félix Modock, petit planteur antillais (1885-1942), Véronique Corinus, Karthala : Félix Modock (1885-1942), petit planteur de canne à sucre antillais, est un rescapé de l’éruption de la Montagne Pelée (1902), puis des tranchées de la Grande Guerre (1914-1918). De retour au pays, à la suite d’une morsure de
trigonocéphale, il dut être amputé d’une jambe en 1923.

. 2022 : Espace et identité à la Martinique. Paysannerie des mornes et reconquête collective (1840-1960), Christine Chivallon, CRNS Editions : Consacré à l’étude du groupe social formé par les milliers d’anciens esclaves qui peuplèrent les « mornes » (terres intérieures des hauteurs) à la Martinique, cet ouvrage propose de revoir, pour la période allant de 1840 à 1960, les interprétations fournies jusqu’à présent. Il s’agit de renverser la perspective sur cette population rurale et de ne plus la considérer comme restée sous la domination de la grande plantation héritée de la période esclavagiste et subissant son histoire, mais comme pleinement active dans la prise en charge de ses orientations collectives. L’auteur s’appuie sur des sources écrites (registres d’hypothèques et d’état civil) et orales (témoignages des habitants actuels des quartiers ruraux) qui font apparaître un processus d’accession aux terres paysannes de grande ampleur et établi de manière légale. La reconstitution sur le long terme de l’évolution foncière et démographique des hameaux paysans permet de mettre à jour les régularités sociales et le souci de préserver une existence en marge du dispositif répressif des planteurs.
En présentant également une description de l’organisation sociale et économique paysanne, l’ouvrage parvient à dégager l’essentiel des rouages qui ont permis au groupe des anciens esclaves d’accéder à une forme d’autonomie sociale et de reconquérir la maîtrise de leur destin.
Sur le plan plus théorique, l’auteur explore le lien entre espace et identité pour montrer en quoi il fut primordial à la Martinique et discute ses diverses représentations, y compris les plus récentes liées à une perspective post-moderne, produites sur le collectif des mornes.

. 2025 : Milans de soignants, Collectif, LEM Editions : rassemble les récits de 50 professionnels de santé du CHUM, qui ont accepté de mettre des mots sur ce qu’ils ont traversé durant la pandémie de Covid-19. À l’intérieur de l’ouvrage, 60 anecdotes, parfois douloureuses, parfois lumineuses, racontent l’hôpital en tension, les équipes épuisées, mais aussi les élans de solidarité et d’humanité.

Il n'y a rien d'absurde à évoquer un indépendantisme de droite: si on regarde les iles voisines i Lire la suite
...de ce Christian URSULET, pendant ou peu après la crise sanitaire. Article assez "modéré".
Lire la suite...ce directeur de l'ARS-Machin !
Lire la suite...pour la Mque, l’ancien directeur de l’ARS visé par un autre commentateur est Christian URSULET Lire la suite
Parce qu'une conasse écrit ce qui lui passe par la tête, il faut le prendre comme parole d'Evangi Lire la suite