À l’heure où revient le débat sur l’identité, avec des opinons opposées de plus en en plus violentes, Erik Orsenna a voulu, par la voie du conte commencée avec sa Grammaire est une chanson douce, raconter l’histoire de la langue française. Pour une telle ambition, le savoir lui manquait. Bernard Cerquiglini, l’un de nos plus grands linguistes et son ami de longue date, a bien voulu lui apporter ses lumières aussi incontestées que malicieuses.
Et nous voilà partis, deux millénaires en arrière, chez nos ancêtres les Gaulois dont les mots sont bientôt mêlés de latin, puis de germain. Avant l’arrivée de mots arabes, italiens, anglais... Un métissage permanent où chaque langue s’enrichit d’apports mutuels.
Jusqu’à ce que déferle une vague de vocables dominateurs nés de la mondialisation économique et inventés pour son service. Ce globish aura-t-il raison de la diversité linguistique, aussi nécessaire à nos vies que cette biodiversité dont nous avons appris à reconnaître l’importance capitale, et la fragilité ?
Et si les mots immigrés, c’est à dire la quasi-totalité des mots de notre langue, s’ils décidaient de se mettre un beau jour en grève ? Ce jour-là, les apôtres de cette illusoire pureté nationale deviendraient muets. Il n’est pas interdit d’en rêver…
Illustrations de François Maumont.
On s'en fout ! Ce n'est pas LE SUJET DE L'ARTICLE. Lire la suite
Sauf que Judas vend Jésus et que c'est Pierre qui prétend ne pas le connaître.....
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...la castration, nous dit Yeg-Yug-Troyag. EVIDEMMENT IL S'AGIT D'UNE ENIEME ANERIE ! Lire la suite
Qu'est ce que c'est que cette histoire à la con de "civilisation ARABE(notons -le) conquérante"?< Lire la suite
Les bougres er bougresses de PEYI-A sont de fieffés hypocrites. Tout le monde sait ça ! Lire la suite
C'est dramatique, mais cette vidéo fait bien rire.
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C'est toi qui ne sait pas compter, mon gars. Lire la suite
Les Sahéliens devraient "pardonner" aux Algériens ?
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Tu chipotes sur le nombre d'années pendant lesquels TES ANCETRES ont été mis en esclavage ? Lire la suite
Les Européens n'ont JAMAIS esclavagisé les Africains "pendant 3 siècles aux Antilles" .
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Commentaires
Créoles.
Oeil
30/01/2022 - 16:50
Alain Rey (père du Robert) expliquait que le français est une langue créole.
Aux Antilles, la confrontation de Français et d’Africains a produit des créoles antillais. En Europe, la confrontation de Romains et de Gaulois puis de Francs et de Gallo-Romains a produit des créoles français.
Il faut parler au pluriel car les idiomes qui se sont mélangés se différenciaient selon les régions. Il n’y avait pas qu’une seule langue africaine, un seul celte gaulois, un seul latin, un seul parler franc… ce qui a donné plusieurs créoles, aux Antilles comme en France.
Chacun parlait son créole, antillais ou français, en tant que langue maternelle. Ce qui n’empêchait pas d’apprendre un autre langage, plus ou moins complètement, pour communiquer avec l’extérieur, mais en conservant son créole parmi les siens.
Les choses changent quand on veut unifier les créoles.
Il peut s’agir d’une volonté politique. Le pouvoir royal français, hostile à la féodalité, a réduit la noblesse à une cour contrainte de parler le créole du roi. Puis la IIIe République a unifié l’expression de tous, par l’enseignement obligatoire d’un créole français unique, appelé significativement "langue de Molière".
Un deuxième facteur d’unification est la littérature. Pour se développer, elle a besoin d’une langue un minimum codifiée, directement accessible par un minimum de lecteurs. Ainsi, le créole haïtien est-il de plus en plus normalisé. En Martinique, se multiplient dictionnaires et grammaires d'un créole martiniquais.
Ces démarches visent à remplacer des créoles maternels différenciés par un créole unique, antillais ou français, celui des dictionnaires et des grammaires, voire des académies. Ceux qui ne s’y plient pas sont moqués, accusés d’agresser le créole élu, dès lors sacralisé.
Les mots immigrés n’ont pas immédiatement la bénédiction des gardiens du temple. Quels qu’ils soient, ils sont a priori perçus comme problématiques. On leur reproche un génocide par substitution ou un grand remplacement, au choix.
L’invasion (bien réelle) de l’audiovisuel et du numérique transforme la donne. Ce qu’on doit dire (jusqu’à la manière de le prononcer) nous tombe dessus par écrans interposés. Avec la force de la simplification : quelques expressions suffisent, qui nivellent tout le monde par le bas.