Le ministère de l'Éducation nationale veut créer un "cursus bilingue" au baccalauréat général et technologique afin de valoriser les élèves ayant suivi une partie de leur scolarité en langue régionale. Mais l'arrêté et le décret publiés le 28 juillet dernier n’ont recueilli aucun vote favorable lors du Conseil supérieur de l'éducation du 9 juillet. En cause, un calendrier trop serré qui empêcherait les lycées publics de proposer ce nouveau parcours dès la rentrée 2026.
Le ministère de l'Éducation nationale souhaite mieux reconnaître les parcours des lycéens suivant un enseignement en langue régionale. Pour cela, un décret et un arrêté, publiés le 28 juillet dernier, prévoient la création d'une mention "cursus bilingue", sur le diplôme du baccalauréat général et technologique à partir de la session 2028.
Lors de leur examen en CSE, les deux textes ont été rejetés par 61 voix contre et deux abstentions. La principale raison : l’impossibilité matérielle pour l’enseignement public de mettre en œuvre ce nouveau cursus dès la rentrée 2026.
Les textes prévoient l’inscription d’une mention "cursus bilingue" pouvant figurer sur le diplôme du baccalauréat, à l'instar des sections européennes, du baccalauréat français international ou encore de la mobilité européenne et internationale. Car jusque-là, les élèves qui suivaient des cours de langue régionale au lycée (en LVB ou LVC) - près de 8.000 élèves concernés à la rentrée 2024 - ne passaient aucune épreuve du bac dans cette langue.
Selon les deux textes publiés cet été, pour obtenir cette mention, les élèves devront avoir suivi, pendant les deux années du cycle terminal, une langue régionale en langue vivante B ou C, mais aussi un enseignement de spécialité entièrement dispensé dans cette même langue.
Ils devront ensuite présenter l'épreuve terminale de cette spécialité en langue régionale et obtenir au moins 10/20 à l’épreuve terminale ainsi qu'une moyenne d'au moins 10/20 en langue régionale au contrôle continu.
Avec la création de ce cursus, l’objectif affiché du ministère est de donner plus de place à l’enseignement des langues régionales. Pour autant, les projets de textes ont été rejetés par les organisations syndicales.
Un rejet qui ne traduit pourtant pas une opposition au développement des langues régionales, au contraire. Toutes disent partager l'objectif de mieux reconnaître ces parcours.
En revanche, elles dénoncent une absence de concertation avec un calendrier qui tend à favoriser l’enseignement privé au détriment du public. Selon le SE-Unsa, le ministère a refusé de repousser l'entrée en vigueur du dispositif, malgré une demande formulée en amont par un vœu intersyndical adopté en CSE.
Sur le papier, le nouveau cursus est accessible aux élèves des lycées publics ou privés sous contrat. Mais dans les faits, "pas un seul lycée public ne pourra le mettre en œuvre à la rentrée, c’est trop tard", affirme Jérôme Fournier, secrétaire national au SE-Unsa.
La principale difficulté réside dans la deuxième condition d'accès : dispenser un enseignement de spécialité entièrement en langue régionale. Car "dans l’enseignement public, les dotations horaires sont déjà réparties, les inscriptions des élèves déjà effectuées et les enseignants capables d'assurer une spécialité en langue régionale sont extrêmement rares", poursuit le secrétaire national.
Le syndicat précise qu'il faudrait disposer, selon les choix des élèves, de professeurs dans chacune des spécialités dispensées en terminale, capables d'enseigner intégralement leur discipline en langue régionale, parfois pour seulement deux ou trois élèves.
À l'inverse, les réseaux d’établissements privés sous contrat en langue immersive ("Diwan" en Bretagne, "Seaska" au Pays basque, "Calandreta" en Occitanie, "La Bressola" en Catalogne ou encore "ABCM-Zweisprachigkeit" en Alsace-Moselle), soutenus par les offices en langues régionales, disposent déjà de ces ressources humaines. Les enseignants y exercent quotidiennement dans les langues régionales, ce qui leur permettrait de mettre en œuvre rapidement le nouveau cursus.
Pour le SE-Unsa, le risque est donc de créer un dispositif qui profitera, au moins dans un premier temps, presque exclusivement à ces établissements privés. "C'est comme si on donnait aux familles un argument supplémentaire pour aller vers l’enseignement privé", estime Jérôme Fournier. Selon lui, "il n’est pas acceptable de mettre en place un dispositif dont on sait qu’il ne pourra pas être mis en place dans l’enseignement public".
De son côté, le ministère rassure en indiquant que davantage d'enseignants pourront, à terme, obtenir la certification DNL, qui autorise à enseigner une matière dans une autre langue. Mais là encore, le calendrier est pointé du doigt : les prochaines sessions de certification n'aboutiront pas avant mai 2027, bien après l'entrée en vigueur du dispositif.
Au-delà des questions de moyens, Jérôme Fournier s’interroge : "Si je fais des mathématiques en basque, finalement, que va évaluer le correcteur ? La capacité à raisonner en mathématiques ou à raisonner en basque ?"
Le syndicat remet aussi en question la pertinence de limiter le cursus à un enseignement de spécialité alors qu’il aurait été plus facile à organiser avec les matières du tronc commun ; matières permettant de regrouper davantage d'élèves.
Le SE-Unsa s’étonne enfin de l’exclusion des bacheliers professionnels de ce dispositif, alors qu'ils sont près de 900 à suivre une langue régionale au lycée, ainsi que de l’absence de poids du cursus bilingue dans les dossiers Parcoursup, puisqu’il intervient "une fois que tout est joué", déplore Jérôme Fournier.
Selon le syndicat, une meilleure reconnaissance des langues régionales devrait d’abord passer par la construction de parcours continus. "On réclame des parcours en langue régionale de l’école au lycée, sans interruption", explique Jérôme Fournier. Pour cela, il propose de trouver des modalités d’accueil des élèves hors secteur, puisqu'"on ne peut pas avoir des enseignements en langue régionale dans tous les établissements, la demande n’est pas suffisante".
Autant de pistes et questions "qui auraient pu être abordées si on avait été associés à la réflexion dès le départ", déplore le secrétaire national.
Mais malgré ce rejet quasi unanime, le ministère n'a modifié ni ses textes, ni le calendrier de mise en œuvre du cursus bilingue.
Marine Ilario | Publié le 19.08.2026 à 15H40
Moi, le jour où je tombe sur un article écrit par l'IA sur Fondas Kréyol, je n'y reviendrai plus Lire la suite
et un peu déroutant , surtout à l'idée du contrôle de l'humanité par les robots.
Lire la suiteFrédéric C. Lire la suite
Vos propos sont tout simplement formaté, vous critiquez l'occident mais vous montrez vos limites Lire la suite
...pour qui il faut un "titre" pour avoir le droit de s’exprimer. Pfft! C’est nul! Lire la suite
...négriste à la Farrakhan viendrait de qqn d’autre. Lire la suite
Arrêtez un peu de jouer à la fois à la Grande Ame et au martyr que l'on accable de tous les noms Lire la suite
Pourquoi seuls les blancs ont génocides 3 continents?
Si vous avez une idée , je prends
Les juifs ont attendu des nègres antisémites pour participer et organiser la traite nègriére?(Rot Lire la suite
Pour connaitre la zone SPierre-Mne Rouge , j'ai été qq peu étonné du ramdam médiatique à propos d Lire la suite