Jean-Louis Robert traduit Kafka en créole et enrichit la langue de 300 mots

Source / Julien Georget ("Le Quotidien")

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Jean-Louis Robert vient de publier une traduction en créole réunionnais du chef-d’œuvre de Kafka, Le Procès. Un travail qui a permis au passage d’enrichir la langue de quelque 300 nouveaux mots. Explications.

On ne pourra pas le soupçonner d’avoir recours à l’IA, ou de faire des emprunts chez les collègues. « La traduction d’une œuvre en créole réunionnais est un pur travail de réécriture. Il n’y a pas de modèle, et on ne peut pas se servir d’une machine », glisse Jean-Louis Robert, écrivain, professeur de lettres à la retraite, et aujourd’hui traducteur de chefs-d’œuvre de la littérature mondiale.

Le créole à la conquête de l’écrit

Ce qui ne l’a pas empêché pourtant de glisser quelques passages du texte original, écrit en allemand, dans le traducteur DeepL. Mais pour passer de la langue d’origine au français uniquement, seul le créole haïtien ayant semble-t-il droit de cité dans la bulle IA. L’un des intérêts justement de permettre au créole d’investir toujours plus le champ de l’écrit, alors que les traductions de classiques se comptent actuellement sur les doigts des deux mains.

Le Procès de Kafka vient s'ajouter aux traductions déjà disponibles chez Orphie de L'étranger de Camus et Candide de Voltaire.

« Le texte original est resté ouvert des mois sur mon bureau, en compagnie de deux traductions françaises de référence. J’avais besoin de confronter souvent les trois pour voir où ça pouvait coincer, et trouver un chemin pour déployer le créole ».

Un travail qui se compte en heures, en mois… « Houlà, je n’ai pas compté », répond seulement Jean-Louis Robert quand on l’interroge. L’auteur n’en est cependant pas à son coup d’essai. Dès 2009, il s’était confronté à l’auteur romain de langue grecque, Babrius. Suivront quelques années plus tard La Fontaine, Voltaire ou encore Camus.

« On voit toute la puissance du créole pour dire des choses dans des domaines qui n’ont pas encore été explorés comme l’existentialisme, l’absurde, l’intimité psychologique ou encore l’angoisse ».

Une façon de confronter le créole à des registres ou des lexiques singuliers, et d’assurer un travail d’adaptation difficilement réalisable à l’oral. « Quand on parle et qu’on cherche une correspondance, le chemin le plus simple et le plus immédiat est l’emprunt au français. Un chemin qui ne se fait pas dans l’autre sens, et entraîne un appauvrissement progressif, alors que le créole est déjà très riche ».

Face au texte de Kafka, Jean-Louis Robert a fait appel à près de 300 néologismes qui sont venus enrichir son « karné nouvomo » déjà riche de nombreuses occurrences. Une manière de bousculer « la situation de diglossie » qui caractérise l’île.

« Il s’agit d’une cohabitation asymétrique de deux langues, avec ici la prépondérance du français sur le créole. Le danger avec la multiplication des emprunts est d’assister à une décréolisation de la langue. Pour résilience par exemple, on peut choisir d’écrire et dire rézilians. Mais l’expression ''vanzé ek in zafèr'' évoque précisément cette notion de résistance à quelque chose dans le sens de ne pas se laisser sombrer. Je préfère donc faire appel à des notions préexistantes et leur permettre de se déployer dans un nouveau registre, pour éviter un emprunt de facilité que l’on retrouve à l’oral ».

Pour éviter la simplicité de piocher dans le français, Jean-Louis Robert s’est fixé plusieurs procédés permettant de travailler, à partir des préfixes et suffixes créoles, des troncations liées à l’accentuation, du recours au synapsie…

La fabrique des néologismes

« Ce sont en quelque sorte des moules naturellement présents dans la langue, qui permettent de travailler le lexique pour l’enrichir. C’est ce travail qui permet à mon sens d’anlérizé (valoriser) et zarlorizé (enrichir) le créole réunionnais ».

Une manière de procéder qui fait aussi directement écho aux questionnements qui agitaient Kafka lui-même dans l’utilisation de la langue. « Il s’exprimait dans un dialecte germanique de Prague, mais a adopté la langue allemande pour son œuvre écrite. Il y déploie un style clinique, chirurgical, débarrassé de toute fioriture ou ornementation. Assez loin de ce qu’on imagine du créole, et pourtant sa plasticité permet d’y répondre parce que le créole est très loin d’être aussi simple qu’on l’imagine ».

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Commentaires récents

  • L'incendiaire "présumé" de la mairie de Limoges n'est ni un Mohamed ni un Mamadou

    "................"

    yeg

    22/10/2026 - 15:56

    Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    ..."led adan konpowtasion-nou" ?

    Daniel

    22/10/2026 - 14:35

    Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
    Lire la suite

  • Bracages à Fort-de-France : "...s'exprimant en créole saint-lucien"

    C'EST TOI LE PREMIER DELINQUANT !

    Albè

    21/10/2026 - 11:10

    Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite

  • Bracages à Fort-de-France : "...s'exprimant en créole saint-lucien"

    Et si on avait dit "des braqueurs ste-luciens" ,votre réaction ?

    yeg

    21/10/2026 - 11:02

    Exactement le même phénomène que je décrivais il ya qq commentaires de celà: par peur dêtre trait Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    ET DONC...

    Albè

    21/10/2026 - 07:42

    ...ce général noir saoudien a fait COMMENT pour naitre puisque ses parents étaient tous castrés ? Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    LES PETITS-ENFANTS DE BILAL-LE-CASTRÉ

    yeg

    20/10/2026 - 21:27

    Bilal ,le premier muezzin de l'histoire était un Nègre ESCLAVE ,notons-le ,au 7ème siècle donc pr Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    DIGNE DESCENDANT DE...

    Albè

    19/10/2026 - 19:38

    ...Bilal ?

    Lire la suite
  • "Importer le Tiers-monde", selon J. D. Vance

    CARTHAGO...

    Albè

    19/10/2026 - 08:18

    Heu...Au collège, on m'avait appris "Carthago delenda est" lors de cours d'histoire chiants au po Lire la suite

  • Le lycéen dézingueur d'Aubagne ne s'appelle ni Mohamed ni Mamadou ni Mano !

    yeg; pourquoi ce larbinisme?

    @Lidé

    17/10/2026 - 07:39

    votre larbinisme vous empêche de comprendre que: judaïsme, christianisme et islam c'est la même m Lire la suite

  • Le lycéen dézingueur d'Aubagne ne s'appelle ni Mohamed ni Mamadou ni Mano !

    PFF !

    Albè

    16/10/2026 - 20:59

    Les chrétiens ont génocidé les Amérindiens, esclavagisé les Nègres, chambre-à-gazé les Juifs, liq Lire la suite