L'ultimatum lancé par des groupes xénonophobes sud-africains aux immigrés d'autres pays d'Afrique de quitter le pays avant le 30 juin, s'il est tout à fait scandaleux, doit être mis en perspective avec des actes xénophobes plus anciens dans divers pays africains.
Le texte ci-après de Nicole Mballa, publié sur Facebook, nous rafraichit la mémoire...
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Rentrez chez vous!
Les nouvelles et les images qui nous parviennent de la République Sud-africaine ces dernières semaines font mal. Des magasins et salons de coiffures pillés, des familles traquées, des rapatriements en urgence...
Mais regardons-nous en face. Ce rejet du frère africain par un autre frère africain... ce n'est pas nouveau.
1. 1983 : « Ghana Must Go » (Nigeria)
Le Nigéria subit de plein fouet la crise du pétrole. Le coupable est l'immigré. En janvier 1983, plus d'un million de Ghanéens ont 14 jours pour quitter le territoire. C'est dans ce chaos que naissent ces fameux sacs en plastique tressés bicolores, appelés depuis « Ghana Must Go ».
L'ironie de l'histoire ? En 1969, c'était le Ghana qui chassait les Nigérians de ses terres...
2. 1981 : Gabon / Cameroun
Au début des années 80, le Gabon vit son premier boom pétrolier. La communauté camerounaise y est dynamique et très présente dans le commerce. Le mécontentement social couve. En mai 1981, un simple match de football très tendu à Libreville entre les Panthères et les Lions Indomptables met le feu aux poudres. Les commerces camerounais sont pillés, des familles sont chassés. Yaoundé doit organiser en urgence une évacuation de plus de 10 000 de ses ressortissants.
3. 1989 : Sénégal /Mauritanie
Une altercation entre éleveurs mauritaniens et agriculteurs sénégalais pour des questions de terres vire au conflit d'État. À Dakar, les boutiques des commerçants maures sont saccagées. À Nouakchott, les populations noires sont violentées. Le régime mauritanien en profite pour mener une épuration identitaire et déporte de force vers le Sénégal entre 14 000 et 20 000 de ses propres citoyens : des Mauritaniens noirs, dépouillés de leurs terres et de leurs papiers.
4. 2014 : Mbata ya ba nkolo » (Congo-Brazzaville / RDC)
Comment oublier le drame des deux rives du fleuve Congo ? Avril 2014, l’opération « Mbata ya ba nkolo » (La gifle des aînés) est lancée à Brazzaville pour lutter contre la criminalité. Sur le terrain, cela se transforme en une chasse à l'accent. Plus de 200 000 ressortissants de la RDC traversent le fleuve en catastrophe, abandonnant tout. Ni le lingala partagé, ni la rumba, ni le sang mêlé n’ont suffi à retenir la main qui administrait la gifle.
5. 1976 : Guinée Équatoriale / Nigeria
Pendant la colonisation, des dizaines de milliers de Nigérians s'installent en Guinée Équatoriale pour travailler dans les plantations de cacao. Après l'indépendance, sous le régime de Macías Nguema, le climat devient invivable : violences policières, meurtres et travail forcé non payé. Le Nigeria doit affréter d'urgence des navires et des avions militaires pour évacuer plus de 45 000 de ses citoyens en détresse.
6. 2000 : Les pogroms anti-africains (Libye)
Alors que Mouammar Kadhafi prône les discours panafricains, la réalité du terrain vire au cauchemar en septembre 2000. À la suite de simples rumeurs à Tripoli, des émeutes populaires d'une violence inouïe éclatent contre les migrants subsahariens. Des dizaines de Nigérians, Tchadiens et Nigériens sont lynchés. La Libye expulse ensuite brutalement des dizaines de milliers de personnes par camions à travers le désert.
7. 1978: Gabon / Bénin
Trois ans avant la crise avec le Cameroun, le Gabon s'en prend à une autre communauté. En plein sommet de l'OUA, le président béninois Mathieu Kérékou accuse le Gabon d'avoir abrité des mercenaires venus déstabiliser son régime. À Libreville, la vengeance populaire est immédiate : les Béninois, très présents dans l'enseignement et le commerce, sont traqués. Environ 10 000 d'entre eux sont chassés et rapatriés de force.
La leçon à retenir:
Le scénario à travers les décennies et les régions est désespérément le même : misère sociale + crise économique + discours populistes = L'étranger devient le coupable idéal.
L'Histoire bégaye lorsque les peuples oublient. N'oublions pas. Portons ce message de lucidité.
Nicole Mbala
...éléments essentiels des camps de la morts nazis. Lire la suite
Moi, je ne suis pas dedans ! Lire la suite
Dans ces commentaires, on est 4 à prendre tout cela au sérieux. Lire la suite
dont le message est structuré : de la colère dans le cœur ( le félin sur le tee shirt) et ce sac Lire la suite
LOOOOOOOOOOOOOOOL !
Lire la suite...sais pas. Lire la suite
Les internautes ne lisent malheureusement que les articles ayant un titre-choc comme celui que no Lire la suite
...entre nb d’ouvertures et nb de lectures effectives. Lire la suite
Frédéric C., il ne faut pas confondre le nombre de vues et le nombre d'articles REELLEMENT lus. Lire la suite
...1038 fois depuis sa mise en ligne. Lire la suite