En 2017, l'archéologue François Desset parvient à déchiffrer l’élamite linéaire, un système d’écriture millénaire. Quelles sont les conséquences de ce déchiffrement pour la recherche historique et linguistique ? En quoi cette découverte éclaire-t-elle d’un jour nouveau la naissance de l’écriture ?
C’est en 1901 que l’archéologue français Jacques de Morgan fouille le site de Suse, dans l’actuel Iran. Il y découvre le célèbre Code d’Hammurabi, aujourd’hui exposé au département des Antiquités orientales, au musée du Louvre. À force de creuser, en toute logique, il découvre des vestiges plus anciens encore, certains avec une écriture jusqu’alors inconnue : l’élamite linéaire. Ne reste plus qu’à déchiffrer cette écriture. C’est la prouesse que vient de réaliser l’archéologue François Desset. Une histoire pleine d’aventures, et donc loin d’être linéaire, qui débute dans le royaume d’Élam.
Déchiffrer et comprendre les origines de l'élamite linéaire
L’élamite linéaire est un système d’écriture qui permet de noter une langue, l’élamite, parlée dans le sud de l’Iran il y a plus de quatre mille ans. Cette langue reste encore aujourd'hui assez mal connue, et apparaît comme un isolat linguistique. Elle était néanmoins déjà connue des archéologues et des philologues avant la découverte de l'élamite linéaire, grâce à un autre système d’écriture, le cunéiforme mésopotamien, qui a été déchiffré au XIXe siècle. La langue élamite se trouve en effet dans une situation de digraphie, c'est-à-dire que deux systèmes graphiques différents, l’élamite linéaire et le cunéiforme, permettent de la noter. C’est cette spécificité qui a permis le déchiffrement de l'élamite linéaire.
L'archéologue François Desset revient sur cette découverte : "On découvre l'écriture élamite linéaire à Suse, dans le sud-ouest de l'Iran au tout début du XXe siècle. Nous avons l'écriture proto-élamite en Iran, attestée entre 3 300 et 3 000 avant Jésus-Christ, et l’élamite linéaire, attestée entre 2 300 et 1 900 avant Jésus-Christ. Pendant longtemps, il fut question de les envisager comme deux systèmes d’écriture distincts. Je propose de revenir à une idée ancienne, qui est de considérer le proto-élamite comme la version ancienne de l’élamite linéaire." Il est important pour comprendre ce qu'est l'élamite linéaire de bien distinguer langue et écriture : "Pour faire simple, nous parlons la langue française, et nous écrivons avec une écriture qui est un alphabet latin modifié. Moi, en l'occurrence, j'ai déchiffré une écriture qui s'appelle élamite linéaire, laquelle note une langue qui s'appelle elle-même élamite.", poursuit François Desset.
Mon royaume pour une écriture
L’écriture élamite linéaire était connue depuis 1903 grâce à des fouilles archéologiques menées sur le site de Suse. Elle tire son nom du royaume d’Élam, sur le territoire de l’actuel Iran, attesté au moins dès le IIIe millénaire avant J.-C. Pour François Desset, "il est assez simple de savoir pourquoi ils ont commencé à écrire en Mésopotamie et en Iran à la fin du quatrième millénaire avant Jésus-Christ : il s'agit de comptabilité. On compte les choses - le blé, l'orge, les animaux, les esclaves et les surfaces agricoles. Il ne s'agit pas du tout de poésie, de faits politiques ou militaires. De ce point de vue-là, l'apparition de l'écriture consiste en un outil de contrôle."
Un corpus d’une quarantaine d’inscriptions en élamite linéaire a été réuni au fil des découvertes archéologiques : des tablettes en argiles, des pierres (statues, vestiges architecturaux), mais aussi des vases métalliques, notamment des vases en argent. Ce sont ces vases en argent qui ont joué un rôle déterminant dans le déchiffrement auquel est parvenu l'archéologue François Desset. "La découverte de cette écriture élamite linéaire est une révolution pour l’histoire iranienne, car s’il faut rester modeste face à un corpus de textes relativement restreint, on a grâce à elle des aperçus historiques sur deux époques très intéressantes. Il est par ailleurs possible de voir dix-neuf des quarante-trois textes en élamite linéaire au musée du Louvre."
Les héritiers de Champollion
En 2017 à Téhéran, en étudiant un ensemble de textes gravés sur des vases votifs en argent, François Desset repère trois noms propres, le nom de deux rois et le nom d’une divinité. Pour l’un de ces noms propres, noté par quatre signes, il remarque que le troisième et le quatrième signes sont identiques, et reconnaît par déduction le nom d’un roi qui se termine effectivement par la répétition du même son : Shilhaha. François Desset peut en effet s’appuyer sur la connaissance de la langue, de l’onomastique et de la culture élamite, permise par la maîtrise du cunéiforme. À partir de là, il déchiffre les deux autres noms propres, puis neuf nouveaux signes en élamite linéaire. Il lui faudra encore trois années de travail pour parvenir à un déchiffrement quasi complet de l’écriture élamite linéaire, en s’appuyant toujours sur la comparaison avec le cunéiforme.
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