Chlordécone : pour une "Journée île morte" en Martinique

     Allons-nous recommencer d'énièmes manifestations dans les rues de Fort-de-France après la scandaleuse décision de non-lieu prise par le Tribunal de Paris dans l'affaire de l'empoisonnement de notre pays par le chlordécone ? 

     Car s'agissant du combat sur le plan juridique, rien n'est perdu. Les avocats des parties civiles (associations écologiques) feront appel de ce non-lieu et si jamais cet appel n'aboutit pas, ils iront devant la Cour Européenne de Justice. Sauf que tout cela prendra du temps. Beaucoup de temps ! Déjà la décision de justice qui vient de tomber n'a été prise que...16 ans après le dépôt des plaintes (en 2006) par les associations écologiques (ASSAUPAMAR, POUR UNE ECOLOGIE URBAINE etc...). 

    16 ans de dilatoire, de faux-semblant. 

    Tant que l'ensemble des Martiniquais ne se mobilisera pas, on aura droit aux mêmes manifestations de quelques centaines, rarement de milliers, de militants qui cherchent chacun à faire prospérer leur propre petite boutique trotskyste, marxiste-léniniste, rastafari ou noiriste etc. sans que cela aboutisse à quoi que ce soit. Jusqu'à la prochaine manifestation. Puis la suivante. Le pire étant que les partis politiques installés et disposant d'élus (es) ont, de temps à autre, le culot de défiler eux aussi alors même qu'ils n'ont jamais bougé le petit doigt contre le chlordécone ! 

   Ne vaudrait-il pas mieux appeler à une "JOURNEE ILE MORTE" en Martinique ? Que les commerces, les écoles, les administrations, les petites et moyennes entreprises, les médias, les transports etc... demeurent porte close ce jour-là ? Est-ce trop demander à une population qui détient le triste record du monde du cancer de la prostate ? Pouvons-nous continuer à faire semblant de ne pas savoir que les quelques 8.000 travailleurs du secteur bananier meurent les uns après les autres non seulement du cancer mais aussi des maladies d'Alzheimer et de Parkinson ? Les survivants devant se contenter d'indécetes retraites de 300 ou 400 euros par mois. Sans parler des travailleuses victimes d'endométriose. Ou encore des nouveau-nés affectés de malformations congénitales.  

   Préférons-nous oublier que 90% des Martiniquais ont des traces de chlordécone dans le sang pour avoir bu pendant plus de 30 ans une eau du robinet gorgée de ce dangereux pesticide ?

   MARTINIQUE ILE MORTE ! 

   Voici la première riposte populaire et non partisane. En attendant d'autres mobilisations et en espérant qu'elles ne se résumeront pas à des manifestations de toute évidence inutiles et dont l'Etat français et sa justice se fichent royalement. 

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