On est d'abord surpris en le voyant si jeune. Lorenzo Sanford est pourtant bel et bien le chef de la réserve caraïbe de Salibya à l'île de la Dominique où continuent à vivre, 5 siècles après Christophe Colomb, les ultimes descendants des Kalinagos dits "Caraïbes".
Partout dans notre archipel, de Trinidad à Cuba, les conquérants européens massacrèrent les populations autochtones arawak (taïno) et kalinago. Sauf à Waitoukoubouli, le nom kalinago que portait la Dominique avant d'être occupée par les Français, puis les Anglais. Les Kalinagos de battirent jamais en retraite face à ces derniers et l'histoire de l'île est ponctuée de guerres anglo-caraïbes jusqu'à que, de guerre lasse si l'on peut dire, l'Angleterre se voit contrainte de signer en 1904 un traité de paix avec les Kalinagos, traité qui leur céda un territoire autonome qui existe jusqu'à la date d'aujourd'hui. A l'indépendance de la Dominique en 1979, le nouveau pouvoir noir et mulâtre confirma cette autonomie.
La fonction de chef du territoire caraïbe n'a donc rien de folklorique comme d'aucuns pourraient le croire. Lorenzo Sanford, invité au colloque qui a ouvert le "MAI DE SAINT-PIERRE" 2023 par son premier édile Christian Rapha et son équipe municipale, a été élu et dispose d'un budget et de prérogatives un peu plus étendus que nos maires martiniquais. Lors de la clôture du colloque qui s'est tenu le vendredi 5 mai au marché de Saint-Pierre, Lorenzo Sanford, a stupéfié l'assistance par son discours rempli d'humanité et d'humilité tout à la fois. Alors même que son peuple a subi les pires avanies au cours des quatre derniers siècles, il n'a pas appelé à la vengeance et au ressassement d'une quelconque rancune. Du reste, son peuple, venu du Plateau des Guyanes des siècles avant Colomb, avait conquis l'archipel en effaçant le peuple qui l'occupait depuis un bon millénaire, les Arawaks, conservant seulement les femmes. Chose qui explique l'étonnement du Père Labat lorsqu'à la fin du 17è siècle, il entreprit d'évangéliser les habitants des Petites Antilles : ce peuple avait, en effet, deux langues. Une pour les hommes et une pour les femmes ! En fait, il n'y avait là aucun mystère, simplement l'histoire de l'humanité nous enseigne que les conquérants emmènent très peu de femmes avec eux et prennent celles qu'ils trouvent dans le pays conquis. Cela est vrai jusqu'à aujourd'hui puisque ce sont les hommes qui font les guerres, notamment les guerres de conquêtes.
Lorenzo Sanford n'appelle donc pas à la haine ou à la vengeance mais à la construction, certes difficultueuse, d'une universalité partagée, à l'opposé de la fausse universalité de l'Occident conquérant. C'est ce que les auteurs de l'Eloge de la Créolité (1989) ont appelé la Diversalité.
Honneur et respect à ce jeune chef kalinago !
Mèsi, man pa te okouran le dènye pawòl. Sa te pou rive jik la.
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Quoique.
Menm si yo pa li Fondas Kreyol, yo pa kouyon. Ki mannyè yo ka di:
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Man pa kwè ni anlo moun ka li FONDAS KREYOL. Arété rakonté KOUYONNAD ! Lire la suite
Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite
Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
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Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite
Exactement le même phénomène que je décrivais il ya qq commentaires de celà: par peur dêtre trait Lire la suite
...ce général noir saoudien a fait COMMENT pour naitre puisque ses parents étaient tous castrés ? Lire la suite
Bilal ,le premier muezzin de l'histoire était un Nègre ESCLAVE ,notons-le ,au 7ème siècle donc pr Lire la suite
...Bilal ?
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